Brigitte Fontaine, c’est du pipeau, c’est bon pour les gogos…
Brigitte Fontaine sur scène à la Coopérative de mai, c’est du pipeau, c’est bon pour les gogos, voilà ce qu’on a pensé à la fin du concert de la désormais ex reine des Kékés… Contrairement à son dernier passage dans le même lieu en 2001 - réjouissant malgré un son un peu « variétés » -, cette fois-ci
Brigitte Fontaine fait son âge : pas en forme, mal lunée, sans inspiration dans ses discours, massacrant nombre de ses chansons sans vergogne… Certes, chef d’orchestre -
Areski Belkacem - essaie bien de prendre les rennes pour faire oublier les absences de sa compagne, mais il n’est pas très inspiré lui non plus : il joue du tambour sans avoir pris la précaution de se brancher ou il exécute des percussions numériques d’une fadeur sans nom… De surcroît, c’est lui qui est responsable de la mise en son uniforme des chansons sur scène, c'est d'autant plus dommage que les deux derniers disques sont plutôt bien produits. Monsieur Belkacem s’étonne de la froideur du public et ne cesse de haranguer les gens pour qu’ils applaudissent ; si le spectacle était de qualité, ils le feraient sans doute d’eux mêmes…
Quelques éclairs de génie, ici et là
Maintenant que les errements ont été évoqués, il faut signaler que quelques moments ont permis de sauver (un petit peu) la soirée. La chanson
Le vent d’Automne interprétée par Areski avec les commentaires hilarants de Brigitte derrière le rideau est vraiment une excellente entrée en matière. La dissonance des cordes sur
Demie clocharde rassure un peu sur les capacités du violoniste et du violoncelliste à proposer des sonorités différentes (ce qu’on ne pouvait pas imaginer jusque là… ).
La symphonie pastorale, interprétée avec pour seul accompagnement un clavier sobre et classe (pour une fois), ne fait que confirmer que le pouvoir de fascination de
Brigitte Fontaine est intact, quand elle y met un minimum du sien…
Folie, jouée avec le même écrin musical dépouillé, est une occasion d’entendre sur scène un texte audacieux et mordant de Brigitte sur les inepties écrites sur sa « folie » à longueur d’articles par des « scribouillards qui chient leur copie ». Enfin,
Riffifi et
Les zazous ont permis de voir partir la troupe sur une note gaie, tout en faisant regretter l’absence de
-M- à la guitare… Malheureusement, le rappel ne fera que confirmer le manque d’imagination général, celui-ci se terminant par une version longuette de
Pipeau, comme sur la précédente tournée…
Enfin un peu de folie avec Hyperclean…
Plutôt que de faire appel aux chanteurs de
Zebda pour une resucée assez navrante du
Nougat,
Brigitte Fontaine et
Areski Belkacem devraient demander des conseils pour rajeunir leur son à leur excellente première partie sur toute la tournée,
Hyperclean. Contrairement à ce que son nom pourrait faire croire, le groupe originaire de Toulouse est souvent hyper crade dans ses instrumentations, (n’hésitant pas à être bruitiste grâce à un guitariste aventureux) et dans ses textes, souvent très osés et gorgés d’un surréalisme teinté d’ironie. En naviguant à vue entre rock virulent, pop second degré, chanson folk extraterrestre et ovnis musicaux,
Hyperclean capte immédiatement l’attention de son auditoire, le chanteur déchaîné -
Frédéric Jean - n’étant pas le dernier à mouiller la chemise pour s’attirer les faveurs du public : mimes drolatiques, facéties ininterrompues, chant surprenant et discours sans queue ni tête. Les rumeurs étaient vraies : un vent de folie souffle sur scène quand
Hyperclean est sur les planches, on aurait aimé qu’il en soit de même lors de la prestation de
Brigitte Fontaine…
A consulter également : les comptes-rendus des concerts de
Brigitte Fontaine à la
Coopérative de Mai en 2001 et au
Théâtre de Troyes en 2003, ainsi que des chroniques de ses derniers
disques.
Sites Internet :
http://hyperclean.free.fr/,
www.brigitte-fontaine.com.