Ilènes Barnes se présente comme une métisse afro-américaine, indi-américaine avec des origines irlandaises...et l’on ressent cette diversité dans sa musique.
Elle joue ce soir à l’Affranchi, petite salle proprette du 11° arrondissement, excentrée de la (ma ?) vie culturelle habituelle et pas bien remplie...
Je l’ai déjà vu au festival des
Vieilles Charrues en 2004 où je n’avais pas été emballée. Mais, depuis quelques mois, j’ai re-découvert son CD
Time que j’écoute en boucle...un premier concert à l’Affranchi avait été annulé donc là, bien qu’il fasse un froid « polaire », je suis présente !

Dès la première chanson
« fear of », le ton est donné sur sa volonté d’être une chanteuse engagée, elle nous parle de la manie de certaines personnes de vouloir nous faire peur...d’un côté à l’autre de l’Atlantique, le message passe...mais au fil du concert, je suis un peu saisie par la naïveté de ses propos. Elle évoque, en effet, une de ses lectures :
« les politiciens exercent dans leur propre intérêt et non celui du peuple et seule la culture permettrait le dialogue entre humains » ... bon euh, je ne sais pas, la traduction est peut-être en sa défaveur... quoiqu’elle parle très bien français...

Sinon, dès qu’elle se lève, c’est très impressionnant (surtout du premier rang), je ressens un mélange de sentiment entre oppressement et envoûtement. Sur
« Deep », que j’adooore, je suis fascinée par sa capacité de moduler sa voix puissante. Elle donne parfois l’impression d’être ventriloque. Mais, ensuite, elle nous entraîne (exhorte ?), dans une incantation indienne, à taper sur notre cœur en énonçant un
« ça va ? » ancestral sur lequel elle chante...
Je suis partagée durant le concert par le plaisir de l’entendre « pour de vrai », « en live » chanter certains morceaux...et cette autorité, ce charisme un peu étouffant...quand elle tape dans ses mains, on obéit sagement et on la rejoint !!

Toutefois, il faut lui reconnaître qu’elle entre vraiment en contact avec son public, réagissant aux interventions de certains, séduisant du regard 1 ou 2 hommes... Le grand moment du concert reste celui où elle nous plonge dans le monde de l’enfance (sur
« No screwtiny ») en nous demandant de nous remémorer progressivement nos 5 ans, nos 4 ans, nos 2 ans...jusqu’à retourner dans le ventre de notre mère (grand silence) pour re-naître, tout cela en chantant (hurlant ? je n’étais pas la seule ! lol !) un « gimmick » (je l’ai vu la même année que
M aux vieilles charrues ;-)

Enfin, elle n’est pas seule sur scène, on l’oublierait ! Elle est accompagnée d’un guitariste et d’un batteur qui manie plein d’instruments originaux telle qu’une sorte de chapelet qui a un son proche d’un « bâton du diable ».
Photos Guillaume B.