Après la parution de l'album solo du chanteur d'Interpol, Paul Banks, sous le nom de Julian Plenti, les rumeurs allaient bon train sur l'éventuelle fin du groupe post punk new yorkais... Ce ne sera pas pour cette fois (" Damned, encore raté ! ", s'insurgeront les contempteurs du .../...

Après la parution de l'album solo du chanteur d'
Interpol,
Paul Banks, sous le nom de
Julian Plenti, les rumeurs allaient bon train sur l'éventuelle fin du groupe post punk new yorkais... Ce ne sera pas pour cette fois (« Damned, encore raté ! », s'insurgeront les contempteurs du combo marqué au fer rouge par
Joy Division) puisque le groupe revient aujourd'hui avec un quatrième album éponyme, un disque pas surprenant pour un sou certes (comme sur ces précédents efforts, le son d'
Interpol est identifiable en quelques secondes), mais comportant assez de titres forts pour mériter qu'on s'y attarde. Son crépusculaire, voix lugubre annonçant quelque tragédie en cours ou à venir, arrangements très touffus, mid tempo invitant à se poignarder en pensant à des choses désespérées, titres plus rapides invitant, quant à eux, à enfourcher un puissant véhicule motorisé pour se projeter avec celui-ci contre un mur :
Interpol fait du Interpol, sans chercher à bouger d'un iota, sans essayer de modifier la tonalité sur laquelle il souhaite faire vibrer la corde sensible de l'auditeur pour lui donner envie de se pendre (pour de faux !) avec classe... Comme le titre du morceau
Always Malaise le suggère,
Paul Banks, Sam Fogarino, Daniel Kessler et
Carlos Dengler (qui a quitté le groupe après la fin de enregistrement) se complaisent toujours à évoluer dans le malaise adolescent et la spirale infernale de la dépression sans fin. Les fans seront donc ravis : ils pourront écouter le disque dans le noir en pratiquant l'auto flagellation, en ressassant leurs histoires d'amours défuntes et leurs problèmes existentiels... Les non fans pourront reprocher le relatif immobilisme d'Interpol (qui essaye néanmoins de rajouter avec à propos des cordes et des éléments électroniques ici ou là), mais ne pourront contester l'évidence : comme à chaque fois, le désormais trio a pris soin d'écrire des putains de bons morceaux. Des titres qui font se glacer le sang et s'accélérer le pouls, tout en rendant la vie plus intense quand on les écoute.
Success, Memory Serves, Barricade, Lights et
Always Malaise (The Man I Am) sont indéniablement des compositions qui retiennent l'attention et font passer le temps à la vitesse de l'éclair. Si la fin du disque se révèle moins marquante, voire poussive – alors que le groupe essaye pourtant de se renouveler à dose homéopathique, c'est sans doute pour cela qu'il préfère se cantonner en général à son registre d'origine : la pop song post punk en forme de cathédrale sonore admirablement suicidaire –, l'album
Interpol comporte assez de très bons passages pour mériter qu'on y prête attention. Malgré les péripéties, Interpol est donc bien loin d'être mort ! Prochain obstacle à surmonter : la tournée des stades en première partie de
U2...
Liens :
www.interpolnyc.com,
www.myspace.com/interpol,
www.facebook.com/people/Interpol-Nyc,
http://julianplenti.com,
www.matadorrecords.com/julian_plenti.
7 septembre 2010 (Matador – Soft Limit – Cooperative Music)