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Carl Cox + Jack de Marseille + Carlo Mora + Fafa Monteco + Christian Sims

Zenith - Toulon   03 mai 2003

Bon concert

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    D’abord on arrive à minuit (apéro oblige…), pas de foule, pas de queue, petite fouille sommaire (note pour plus tard : penser à vider mon sac, c dingue toutes les merdes que je peux accumuler…), on s’introduit. J’accroche le bracelet Vip à mon poignet, biz à Franky & Pascale, on entre direct dans le carré histoire de se pipoter une coupette de champagne ( minuit passé, c’est mon anniversaire, et je veux mon champagne !!!) Dedans c’est un peu comme à la maison, Alain d’illegalparty, Eric de 140, Fa du Classic, Med in Mars & Linda, Patrick des Dolly… on se bise et je fonce au comptoir, HELAS, plus de champagne. Je commence à faire mes grands yeux super tristes histoire de mobiliser les foules et on entame la chasse, nom de code : opération Champagne. Entre temps, si y a quelqu’un que ça intéresse, on fait un tour dans la grande salle, Jack de Marseille en grande forme, enchaîne les galettes avec brio, jeux de light très bleutés, ambiance moderne et efficace, salle quasi comble mais pas oppressée, décor épuré et public enjoué, seul bémol (et de taille…) le son, à mon avis pas assez fort, pas assez saisissant. Et cette disposition concert est un peu inadaptée à la musique électronique, à mon avis trop froide ; pas facile de créer un échange entre le Dj et le dancefloor avec une si grande séparation et de si grosses dimensions ; c’est donc plus long à partir, et on se met pas si facilement à danser. Ambiance différente du Club, ce soir il faudra d’avantage faire « taper », et Jack l’a évidemment compris. On prend la tangente vers la petite salle voir un peu ce qui s’y fait. Humeur et température nettement plus chaudes, Carlo Mora livre un set coloré, pêchu et entraînant, ça danse et ça rigole, tutti va bene… Sandra qui tient son godet,
    « c’est quoi ? »
    « Champagne »
    « Sandra, tu vas me changer la soirée »
    Je prend le verre et je m’enfile une gorgée.
    « C’est de la vodka pomme, fadade »
    « Ah oui, y avais plus de champagne… »
    Je lui restitue l’objet. Mission échouée.
    Aller-retour ici, là-bas, arrêt pipi et carré vip, deux trois flash pour internet, et Fafa Monteco attaque dans la p’tite salle. Franchement, mon avis : en dessous de ses possibilités. On doit quand même souligner les conditions assez difficiles, mais Fafa manque d’entrain, le dancefloor s’éclaircit, voir ailleurs s’il y est. Pendant ce temps monte une rumeur qui me plaît, il y aurait une pleine bouteille « dans la loge à Fafa »… Ni une ni deux, Jeff prend ma main, et on attrape Christian Sims : direction les backstages. Le monsieur qui filtre les bracelets n’est pas rigide, il nous laisse passer. On ouvre la porte, et elle est là, rien que pour moi. On reste un peu pour boire un verre avec le maître des lieux revenu, et on file dans la grande salle version l’autre côté. D’ici les lumières sont terribles, tout un tas de lasers entoure et synthétise Jack, donnant un côté futuriste et mécanique au Zénith, la foule en face s’est calée au rythme des bpm, et je sens l’ondulation qui monte en moi. C’est une ambiance particulière, cette musique, quelque chose d’envoûtant, assurément dangereux pour qui veut nous rendre conciliants… Action immédiate sur mon p’tit corps, je sens mon bassin qui frémit, mes petons qui sursautent. Art suprême et technologique, épuré à l’extrême, les musiques électroniques sont l’inévitable évolution de l’art comme distraction, créations humaines agissant directement sur notre nature, générant un état de plaisir et de communion, une autre façon de faire l’amour, une autre sorte de pénétration… Je me laisse faire. L’art du nouveau millénaire n’est plus beau mais bon.
    Un wagon de p’tites poulettes grimpe sur le plateau, l’heure Carl Cox approche, champagne frais en bas de la scène pour l’anniversaire du maître (ça devient une manie…) et Jack de Marseille termine en beauté un set efficace et énergique. Passage de relais photogénique et d’ailleurs largement photographié, c’est parti pour trois heures de mix, la foule est absolument déchaînée. A partir de là que dire ? Ben quand même un peu décevant. D’ailleurs face à l’exceptionnel attendu qui vient pas, on s’éclipse vers Omega, la petite salle. Là, c’est Christian Sims qui a, sans sourciller, accepté de faire face au monstre, et qui attaque (selon les dires) devant un dancefloor en semi régime. Mais tout le monde connaît Christian (enfin, je veux dire moi au moins), il met moins d’une heure pour remplir, et les trois heures à retourner. Jouant constamment dans le risque, Christian construit un mix essentiellement dynamique qui transmet au dancefloor une énergie radicalement entraînante.
    A 5 heures, Thierry B le rejoint sur la scène. Les deux « machinistes » présentent un live pas catholique (…) mais assurément visionnaire et novateur, énorme mix à 14 platines, c’est une sorte de « happening live », qui se prépare et se produit vite, un nouveau concept électronique avec deux PC et un séquenceur. Et qui fonctionne de manière redoutablement efficace sur le dancefloor. Après pas mal de tentatives, on laisse définitivement tomber la grande salle. Pour l’anecdote : Carl Cox « se met le front grave ». Mon petit doigt ( qui souffre des fois de myopie, alors rien n’est jamais certain…) dit qu’on a même évacué la presse pour pouvoir glisser un CD, et, (au conditionnel) le mythe brisé, aurait fait semblant de mixer !
    Toute façon, y a sûrement quelque part une incompatibilité, entre esprit électronique et starisation…
    Retour en pilote automatique sur Marseille (vous avez remarqué que c’est toujours plus rapide au retour qu’à l’aller ?) J’ai des tonnes d’idées dans la tête ; je pense à mon quart de siècle, je vais entrer dans ma phase scorpion, je pense que c’était une taille de bonne soirée quand même, tant pis pour Carl Cox, mais je trouve ça très positif, les nouveaux Dj’s qui arrivent, savent que le seul maître à bord, c’est la rencontre réussie entre le Dj et son dancefloor, pas de star sans un bon mix, et je le dis tête haute : Je préfère Christian Sims à Carl Cox (et jusqu’à preuve du contraire…) Arrivée à la maison, petit café avec Jimmy. Et à 7h du mat : blackout, je vais fêter mon anniversaire, vachement plus intérieurement…

    Signature : Fanny M
    le 17/05/2003
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