Les Fatches d’eux assurent la première partie du concert de
Jamait.

Les deux arlésiens, Jean François à l’accordéon et Alain à la guitare, chauffent la salle.

Ca chante avec l’accent, c’est sympathique et efficace. C’est de la chanson française avec des textes bourrés d’humour.

Ils ont beaucoup d’énergie et parviennent à faire la ola à une salle assise !

Il a à la fois la dégaine du titi parisien et l’allure du gangster italien fraîchement débarqué aux States.
Jamait plante d’emblée le décor celui du Bar de l’Univers, son rade de quartier à Dijon tenu par son patron Jean Louis auxquels il rend hommage à travers plusieurs chansons, ainsi qu’à ses piliers de comptoirs sur lesquels il porte un regard rempli de tendresse.

Sur scène ça fume, ça boit du demi à volonté servis avec le sourire par le régisseur du groupe. Dans le QG de
Jamait ça sent le vomi, ça sent le muscle et Jean louis tel un psy, une assistante sociale, un confident partage la solitude des clients.
Nous voici entraînés par
Jamait et ses quatre musiciens pour de longues nuits blanches baignées d’alcool car il faut boire pour oublier, boire pour supporter « cette vie qu’est mortelle » et « l’alcool ça réchauffe le cœur même si ça nique le foie ».
Jamait chante l’amour mais celui qui se termine mal, celui qui fait souffrir, celui qui s’use avec le temps. Le thème de la séparation revient de manière récurrente, entre cynisme et humour
Jamait évoque la difficulté à vivre sans l’autre.
Le temps, le temps qui passe qui annonce déjà la fin de la fête, la fin d’un amour heureux, la fin de la vie revient dans de nombreuses chansons comme une obsession, comme une angoisse que les textes permettent d’exorciser.
Jamait se dévoile et nous livre son enfance celle d’un petit garçon dépourvu de père.
Jamait c’est, comme le dit si joliment Céline, de la chanson de comptoir, de la chanson à boire, de la chanson à gouaille qui se décline sur des airs de musette, de guinguette parfois un peu jazz, parfois un peu tzigane accompagné par le violoniste des
Poum Chack comme invité surprise.
Jamait est émouvant et laisse entrevoir une sensibilité à fleur de peau. Il rassemble un public composé de gens très différents peut être parce qu’il parle de choses tellement humaines.