L'acteur principal de l'underground new-yorkais des années No wave, James Chance revient. Hargneux, torturé, cinglé, le sax maniac délivre un funk d'obédience James Brown aux stridences punk et où le chant se fait désinvolte.
Midi Festival : Hifiklub featuring Robert Aaron + Why ? + James Chance & the Contorsions - 25 Juillet 2008 - Villa Noailles - Hyères Direction la Villa Noailles à Hyères pour la soirée d'ouverture de la quatrième édition du Midi Festival. Ce festival que j'ai repéré déjà depuis quelques étés a une programmation très pointue et je suis assez excité pour cette première fois...
De forts embouteillages estivaux me font tirer un trait sur une éventuelle baignade dans les .../...
Direction la Villa Noailles à Hyères pour la soirée d’ouverture de la quatrième édition du Midi Festival. Ce festival que j’ai repéré déjà depuis quelques étés a une programmation très pointue et je suis assez excité pour cette première fois…
De forts embouteillages estivaux me font tirer un trait sur une éventuelle baignade dans les eaux varoises et aussi sur le groupe américain programmé en ouverture (à 19h30) : Girls.
Enfin, heureusement les organisateurs du festival ont pensé à réaliser un fléchage très précis dès qu’on arrive dans Hyères. Car la Villa Noailles se trouve sur les hauteurs de Hyères… Un cadre assez idéal, même si vu mon arrivage en retard je n’ai pas vraiment le temps d’apprécier le paysage comme je l’aurais souhaité.
La Villa Noailles est un immeuble de style art moderne qui a été construit en 1924 ( conçue par l’architecte Robert Mallet-Stevens) et qui a reçu dans ses murs beaucoup d’artistes célèbres notamment Man Ray.
Une bien belle bâtisse, entourée de nombreux jardins, et qui propose une vue assez exceptionnelle sur Hyères. Evidemment, le revers de tout ceci (lieu arty, programmation pointue) : l’audience est un peu branchi-brancha.
Mais bon pas tant que ça. Et surtout, je n’ai pas trouvé l’ambiance pesante comme dans certaine soirées où certain gens de « bons goûts » trouvent « vulgaire de se déhancher tel un animal » alors que « la musique est un plaisir cérébral », n’est-ce pas.
Non ça va, on trouve un peu de tout dans le public, même 1 ou 2 baba/grunge. Et puis, certain ont eu la bonne idée de venir en famille. Et la présence de mignons petits enfants dans les premiers rangs apporte une touche rafraîchissante.
Hifiklub, groupe varois dont j’avais déjà entendu parler, démarre son set alors que le public n’est pas encore massé devant la scène.
Ils ont beau être varois et pas forcément très connus par ici, ils ont déjà un beau « palmarès » et de nombreuses collaborations prestigieuses à leur actif notamment avec un des guitaristes de Bowie : Earl Slick.
Ce soir, ils ont invité Robert Aaron, qui est un multi instrumentiste (saxo, claviers, flûte traversière…) new-yorkais de renom, et qui a notamment joué avec Richard Hell, Blondie, Bowie,…Pour ma part, il me fait surtout penser à Vincent Schiavelli, ce comédien au physique étrange notamment vu dans « Vol au-dessus d’un nid de coucous »…
Au départ, je ne savais pas si j’avais vraiment envie de les voir, mais finalement Hifiklub est une très bonne surprise. Du pop/rock tendance actuelle , c’est-à-dire fortement influencé 80s, avec une touche électro, due notamment à quelques samples envoyés par Aaron. Le chanteur/bassiste fait un peu jeune et tendre je trouve, mais c’est certainement moi qui suis vieux et dur. En revanche son regard pétillant passe plutôt bien.
Bref, on tape du pied, on retient facilement certain refrains, comme ce « Ah aha aha ah ah » écrit au dos de sa basse. Et tout doucement, on finit par se dire « putaing, mais c’est bien ça ». Une belle entrée en matière. [ A la fin le James Chance est même venu pousser du saxo]
Direction la buvette, pendant le changement de plateau. Et là, j’ai quelques petites doléances : le choix est un peu maigre, deux types de sandwichs froids… bon ça pourrait être pire pas de choix du tout…et puis niveau boisson pour les « alcooliques » ça peut aller : rosé, vin blanc, bières… mais pour les soft : coca ou bien eau… alors que je rêvais d’un bon jus de fruit pour me donner du peps. Dommage, un petit picnic taboulé/rosé/pastèque ça aurait été carrément bien dans cette jolie pinède. Et puis, pas de trace de la moindre poubelle…
Ensuite, place au hip-folk (moi je dirai plutôt hip-pop) des californiens Why ?
Signés chez Anticon, les chansons que je connaissais d’eux étaient plus hiphop expérimental que ce qu’ils nous ont délivré ce soir.
Apparemment, avec leur nouvel album ils ont entamé un virage plus pop, et c’est une très très bonne surprise.
Je suis pour ainsi dire tomber amoureux. Déjà ces petits gars, avec leur look d’étudiants un peu timides et presque trentenaire, donnent l’impression d’être gentils comme tout (bon les impressions, je sais…) et leur musique est souvent d’une douceur qui fait carrément du bien.
Le batteur a une sacrée bonne bouille et je me dis que je le verrai bien dans les Beastie boys. Quand j’ai appris qu’il s’appelait Josiah et son frère, le chanteur, Yoni j’ai mieux compris la parenté avec les BBs…
Tous les quatre sont des multi-instrumentistes, avec même un passage basse+grosse caisse pour Josiah.
Le xylophone accentue le côté poétique et propice à la rêverie de certaine de leurs chansons.
Dans le public, un japonais (?) à casquette bleue et à grandes lunettes écoute ça religieusement avec les mains croisées… Parfois, Why ? se fait un peu plus énergique, tout en gardant sa personnalité.
Au final, un moment vraiment tendre et magique là où je m’attendais à de l’expérimentation cérébrale…
Deuxième changement de plateau, et j’en profite pour faire un petit tour et pour contempler le panorama nocturne sur Hyères…tripant.
Ensuite, c’est au tour du sauvage James Chance (aussi connu sous le nom de James White) et ses Contorsions [+ Robert Aaron] d’investir la scène. James Chance est un artiste mythique, précurseur de la no-wave à la fin des 70s. La no-wave est un style qui brasse jazz-punk et rythmes afro hypnotiques. Un improbable mélange de musiques cérébrales et de rythmiques très organiques, avec un chant assez barré…
James dans sa veste 50s trop grande et avec sa banane, fait d’emblée penser à une sorte de cousin de Jerry Lee Lewis. Mais quand la musique démarre et qu’il braille ou entonne des parties de saxo dissonantes là on pense plus au jazzman détraqué de Lost Highway.
Bon je n’ai pas trop accroché au personnage et certains titres un peu plus blues étaient limite chiants mais en revanche dans les moments les plus épileptiques c’est carrément la transe des grands soirs !
Celui qui m’a en fait le plus rendu dingue est cet incroyable batteur, au regard magnétique (un peu maquillé, non ???) et qui semble faire corps avec son instrument. Il envoie des rythmiques charley limite techno couplées avec des roulements primitifs qui me font bien décollé du sol. En plus, c’est le beau gosse absolu, je trouve. Bon, allez ce soir je fais mon coming out…
Finalement, après être aller uriner pendant un blues un peu chiant et après que le James ait invité sur scène une danseuse frénétique du public, avec qui j’avais un début de ticket… RaaaahhhhannnhHaaa…… Ils terminent par une reprise complètement détraquée de James Brown. Il me semble bien avoir reconnu Mashed Potatoes.
Puis, ils reviennent pour un petit rappel malgré le timing limité des sets.
Et à nouveau ils partent dans une reprise foutraque de James Brown et cette fois-ci je crois bien qu’il s’agit de Hot Pants…
Un final orgiaque qui rattrape les quelques moments légèrement moins passionnants.
Conclusion : le vrai grand concert de la soirée reste pour moi celui de Why ?, même si les deux autres groupes ont aussi bien assurés, donnant au final une soirée d’une qualité rare. Je reste vraiment emballé par ce Midi festival et je regrette un peu de ne pouvoir rester pour les deux soirées suivantes…A l’année prochaine. Réagir à cette critique
Le tourisme de festival est décidément une bien belle et enviable activité ! Pour changer des grosses Eurocks/Rock en Seine, on est passé récemment aux Artefacts, et nous voici à Art Rock, Saint-Brieuc, 22 ! Cadré au centre-ville, au milieu des rues pavées et des maisons centenaires, galette-saucisse jusqu'à 23 heures (rupture de stock après - un scandale), chapiteaux et installations presque modestes (mettons, pour 5000 spectateurs environ ?) mais de grosses ambitions : de bien jolies têtes d'affiche sont annoncées ce week-end dans la Bretagne armoricaine !
Après un tour rapide des installations de la place centrale, l'après-midi commence avec les The Noisettes. soit un vrai trio de poseurs cuir/lunettes/coiffure en pétard, dans un style power-pop ayant pour principal argument une chanteuse black coiffée comme Grace Jones, avec une jolie voix et un physique ... de Tentatrice des Enfers. Pour la musique par contre, on remarque avec dépit qu'ici les baffles sont encore "à l'ancienne" (c'est-à-dire le mur empilé où il faut tout mettre à fond). Du coup le son n'est pas formidable (et ne le deviendra jamais sur la place Poulain Corbion). Cela s'entend d'autant plus que les compositions du groupe ne sont pas formidables non plus, loin s'en faut - il semblerait même que la créature ne chante pas toujours très juste. Pour un peu, ça nous les casserait, les noi... (hum).
Bref, comparer cela avec insistance aux Bellrays comme le firent le programme et même la presse locale, relève du raccourci très discutable. Rien à voir avec de combo de garage soul enflammé et aux compos souvent dantesques... Si vraiment c'était pour la chanteuse black, ça ressemblait bien davantage au pop-rock standard de Skunk Anansie ... Une jolie balade et un supposé "tube" (autrement dit, leur seul air qu'on ait déjà entendu quelque part), et les voilà partis sans trop de regrets - au moins on a pris nos marques en trouvant les toilettes pour hommes (roots mais conviviales !), ainsi que la seule barmaid qui sert le vin blanc en verres de 33 cl - mademoiselle, si le festival est déficitaire, ce sera un peu votre faute !
Comme à l'accoutumée (on ne quitte plus les BB Brunes qu'on a vu à Strasbourg tout récemment), les jeunes filles à mèche-plastiscine-pantalon-slim sont déjà toutes en place devant - le roadie qui accorde les guitares au son de Téléphone et Louise Attaque se taille un petit succès ! Mais pas tant que la formidable clameur juvénile qui retentit pour l'entrée des 3 ""RR Rebelles, qui envoient toutes leurs compositions fraîches, pêchues et souvent horripilantes à l'énergie : comme en 68, Perdus cette nuit, le Gang (ah cette attitude de révoltés du 16ème arrondissement, inénarrable vraiment...)
Un peu courroucé comme toujours à les écouter, on remarque avec amusement une scène mignonne : une fillette à couettes (10 ans maximum) portée d'un côté par papa, de l'autre par maman, pour voir ce qu'on imagine être son premier vrai concert : les BéBiBruhuhuhunes ! Au moins elle ne sera pas couchée tard grâce à cet horaire bien pensé. Et le festival de tubes générationnels continue, devant les 3 grand B géants et pas du tout mégalo : Ma Brune BB, Blonde comme moi, une chanson pas reconnue, celle qui pompe (toujours) un riff des Queens of the Stone Age (ah si voyiez Josh Homme chanter, mesdemoiselles... ça c'est un mec, un putain de mec, même moi je me sens toute drôle devant lui)...
Dis-moi (arrgh) où le chanteur, réalisant soudain pour qui il chante, demande avec raison "Ca va toujours les enfants ?!", Bang bang Revolver (sympa) et encore une ou deux nouveautés, l'horrible Houna (arrêtez, ça tourne dans ma tête, je vais être malade), J'écoute les Cramps (pas encore assez on dirait) - au fait l'une de vous a-t-elle écouté à quel point c'est une chanson minable et macho, comme la plupart de leurs textes ? Non vraiment, ils jouent à peu près juste et très enthousiastes mais on aime pas, au fond c'est juste ... bof. Bien content de les avoir vus pour, espérons, la dernière fois.
Bref, ce n'est qu'avec plus de bonheur qu'on va réécouter l'un de nos héros, qui nous a mis K.O. debout il y a deux semaines à peine dans une petite salle, le grand (par la stature, pas par la taille), le mythologique Daniel Darc dont le dernier disque nous a aussi enchantés. La pluie menace un peu, la queue aux galettes-saucisse est atroce, alors tant pis : Nuit et brouillard peuvent tomber, nous sommes en place pour Les remords et Daniel aussi, qui a l'air relativement en forme ce soir. Puis La pluie qui tombe, belle et très appropriée, donc.
J'irai au Paradis, nous aussi l'espérons mais pas tout de suite, le son est réglé très fort et très rock ; L.U.V. en duo stylé décadent avec le bel Alice Botté (Alain est excusé, hélas) ; Un peu, c'est tout classe et retenue ; Nijinsky qui arrache et fascine ; une chanson d'amour Rouge Rose où il fait ralentir ses musiciens (et, dirent les mauvaises langues, son prompteur... pfff) ; un rock à l'harmonica (oublié le titre) ; une digression chez les autres comme il les aime (pour changer, un passage de L.A. Woman), la sublimissime et magique Jamais, jamais (note pour plus tard, idéale pour chialer dans sa bière, si un jour elle partait pour toujours...).
Et pour faire bonne mesure (et avec plus d'entrain que la dernière fois), Cherchez le Garçon en version grunge où même l'orgue est rugueux - il présente les musiciens au fur et à mesure qu'il les retrouve (eux et leur nom à la noix), sur la scène dévastée... Et puis, bien sûr, il finit avec le Psaume 23 qui nous fait irrémédiablement penser aux prêches de fin de concert de Johnny Cash. Seul, assis, avec un piano, lu avec le public pendu à ses lèvres et ravagé de bonheur... et qui se finit on ne sait comment en extrait de la Sad Song de Lou Reed... Au final, un tout petit peu moins de communion et de punching ball textuel avec le public - forcément sur une grande scène, mais une dimension sonique supplémentaire et pas déplaisante du tout. Un très beau concert, complément idéal à la version intimiste - manque juste Je me souviens, je me rappelle et, promis, nous aurions vraiment pleuré !
Alors bon, les très périmés Nada Surf après ça ? Très peu pour nous, d'ailleurs on est trop occupés à commenter le concert et à se diriger vers la suite de la soirée... Gagnons donc le forum de la Passerelle après un verre place de la République, voulez-vous ? James Chance & the Contorsions, avec son jazz groovy, est l'exemple même de l'artiste condamné à la confidentialité : trop punk, trop jazz et trop rock pour plaire aux jazzmen, aux rockers et aux punks ! Et pourtant ce petit bonhomme un peu mal fichu et gominé à mort incarne à la fois une certaine idée de Charlie Bird Parker, d'Elvis et de Lux Interior... Il suinte littéralement le rock'n'roll par tous ses pores, son groupe est excellent et il assure comme une bête, même avec ses petites danses rigolotes (comme s'il écrasait des bête sur la scène). Bref c'est une vraie révélation.
L'ambiance s'avère délicieusement cosy dans cette petite salle, au public pas trop serré, dissipé juste ce qu'il faut et divaguant dans les escaliers. Le performer miniature, légende vivante du post-punk 80's et qui fait également penser physiquement à Terry Gilliam, envoie toute la sauce au saxo (appuyé par un compère pas essoufflé non plus), à l'orgue comme au micro... Il croone comme un Elvis détraqué, jamme tel Jerry Lee Lewis sur son Farfisa, danse comme un Travolta sous acide, chante comme un James Brown sous influence... Que les chansons soient lentes ou rapides, c'est énorme, grâce aussi aux 4 musiciens tout à son service. James Chance et son air vaguement terrorisé ? Une certaine vision du groove ! Le concert se finit sur une sorte de techno-jazz infernal, où le petit homme s'en va comme un prince, dans une ovation bien méritée ! Grosse claque.
On le recroisera peu après, tout penaud et trébuchant, cherchant les toilettes ou le bar, pas fier... En attendant le dernier concert de la soirée, une excellente idée que cette carte blanche à la styliste Agnès B., en tant qu'égérie du mouvement post-punk français (certes anecdotique 25 ans après, mais du coup cultissime) : celui qu'on a appelé mouvement Növö avec entre autres, Taxi Girl, Marquis de Sade, Kas Product, Daho, Elli & Jacno, voire les Bérurier Noir et leurs costumes arty... C'est actuellement le sujet d'une expo à Paris dont on a bien voulu nous exposer une parallèle ici. On la découvre avec surprise et joie (la presse nationale l'ayant vantée par ailleurs) !
C'est avec un peu d'amusement, voire d'émotion, qu'on retrouve tous ces gens qu'on a pas réellement connus à l'époque (pour cause, il faut bien l'avouer, de fanatisme avéré d'Albator et de Candy au début des années 80). Les photos sont belles, les pochettes de vinyle font rêver (la moitié pompe en effet celle de Man/Machine de Kraftwerk comme on l'a lu quelque part...), les jeunes gens mödernes "aiment leur maman", Daniel Darc et Mirwais sont beaux comme des dieux, même Lio est encore gracieuse... Et puis, au fond, quand on y pense, les survivants de l'époque ont en effet su rester des Jeunes Gens Mödernes puisqu'ils enflamment pour la plupart toujours les scènes de concert !
C'est encore avec un immense plaisir qu'on retrouve les formidables Poni Hoax, meilleur album pop-rock 2006, devant un public à peine plus dense qu'à Marseille il y a un an et demi, qui commencent par un nouveau titre (on apprend le soir-même qu'ils viennent de faire paraître un deuxième disque, Images of Sigrid). On retrouve nos repères disco-punk avec Involutive Star (la voix du chanteur est toujours reverbée à mort), plaisir qu'ils font durer de longues minutes, puis probablement la terrifique Pretty Tall Girls (que j'ai un peu filmée) - ces musiciens modestes et géniaux sont absolument parfaits. D'ailleurs le beat obsédant de Budapest nous emporte tous dans son tourbillon obsessionnel ; la voix hypnotique du chanteur/playboy remplace la sensualissime voix de femme et donne une autre couleur à la chanson.
On se rend ensuite compte qu'Antibodies écouté trop distraitement sur leur myspace il y a quelque temps, est une pure tuerie, fulgurance électro-pop, tel du New Order revisité 21e siècle... On agite furieusement le bassin, tout comme sur la très méchante L.A. Murder Motel (yeah), elle aussi étirée à l'infini sans qu'on s'ennuie une seconde. Le rappel sera composé d'un nouveau titre calme, pas reconnu après coup (Faces in the water ?), et de la formidable Carrie Ann - si cette chanson ne vous fait pas un peu vibrer, ne lisez plus jamais une chronique de moi par pitié... Toujours dans le "Never Explain / Never complain" (peu de discussion avec le public hormis quelques bêtises du batteur), Poni Hoax est français et chante en anglais, dans des petites salles remplies de français, et ils sont juste d'une classe éblouissante - certainement ce que l'underground peut produire de mieux. Ayons confiance, un jour le Monde saura... En tout cas nous aurons tout fait pour.
C'est déjà la fin de cette décidément magnifique soirée (trois concerts formidables sur 5, excellente moyenne !) et l'on repart tous enchantés. On reviendra en journée compléter notre vision de ce festival pluri-disciplinaire : une paraît-il formidable création produite par Royal de Luxe (pas pu entrer hélas), une très belle et ludique exposition numérique, encore des concerts en plein air et gratuits - c'est à souligner, en plus d'entrées au tarif très raisonnable, le système de ce festival art & rock fait que même le plus paumé des clochards briochains a droit à l'ambiance, au tapis rose et à des concerts : un vrai concept de solidarité culturelle... Alors pour finir, faut-il vraiment souhaiter longue vie à un festival qui a (nous avons vu un ticket d'entrée d'origine à l'expo d'Agnès) ... plus de 25 ans ?! En tout cas si l'on peut, on y reviendra !
Illustrations par Philippe !
Des petites Vidéos (qualité appareil photo) par ici ! Réagir à cette critique
James Chance & the Contortions - 09 mai 2007 - Le Montévidéo, Marseille
James Chance passe sous mon nez, ventrou engoncé dans son costard orange, banane Eddymitchellienne posé sur gros crane vieilli. Il porte le poids du rock sur ses épaules. Quel fardeau pour un type qui insultait les gens aux Bains Douches en leur reprochant d'être idiots d'écouter toujours la même merde. Faut le comprendre. James Chance est comme .../...
James Chance passe sous mon nez, ventrou engoncé dans son costard orange, banane Eddymitchellienne posé sur gros crane vieilli. Il porte le poids du rock sur ses épaules. Quel fardeau pour un type qui insultait les gens aux Bains Douches en leur reprochant d'être idiots d'écouter toujours la même merde. Faut le comprendre. James Chance est comme un anti pape.
Prophète de la no-wave, non musique, fatigué par la selle et le licol des genres codifiés, rejeté par les parrains du jazz, je me demande une bière à la main si cette carcasse en veut toujours autant aux poncifs et au mainstream. J'espère que sa personalité de James Brown blanc n'a pas déteint au profit d'un funk jazz propet et bobozifiant. On se pose souvent des questions connes avec un verre a la main. Comment ça ça change rien ?
Dans le montevideo la plupart des gens sont assis, vautré sur le tatami de la salle propette. Mal barré pour le gonze qui exhorte à la contortion. Pourtant des leur entrée sur scène, les musiciens invitent gentiment l'audience à se lever, ce qu'elle fait de bon coeur.
Voilà ça commence, James bastonne calmement son piano avec une étrange violence contenue. La zicmu essentiellement rythmique cataclope sur des riffs repetitivo-disco-funky. Ici point de pont, point de refrain accrocheurs, juste un tagadum poum tshi qui groove comme une bande de chats de gouttière épiléptiques spécialisés dans l'hypnotisme de masse.
C'est ça qui a de chouettos avec les rengaines de James Chance, ça tourne en rond et en rond et en rond, ça hoquete, ça titube, ça cafouille, ça vrille. La musique se régénére dans le dégénéré. Se saisissant de son sax à tortures, James se mets à égrainer ce qui sera sa signature tout le long du concert, de longs soli écorchés vifs qui mitraillent les morceaux pseudo happy funk de l'intérieur. Le malsain s'installe sur l'apparent moelleux sofa de notes.
Entre deux débouchages d'evier en cuivre le bougre s'enrage sur le micro et excecute quelques pas d'une danse décatie qui n'est pas s'en rappeller les dehanchements d'un elvis precieux et grabataire ou autres vieux rois du rythm & blues. Parodie ou hommage ? On sent une colère retenue.
Parfois une femme étrange monte sur scene et esquisse quelques pas de danses, miaule des cochoncetés. Sa muse ? James la fuit, l'enlace, l'embrasse, puis s'enfuit encore pendant un solo fanatique sur une des dernières chansons, contort yourself justement. Il vient le brailler dans l'oreille du public son mantra no wave: reduisez vous en zéro, contortionnez vous, bande de %$# ! Puis il s'en va bien vite après un rapide rappel.
Sauvé. James Chance est toujours aussi hargneux sous son flegme de vieux bonze tibétain. Ouf.