Les fans de Murat le savent : l’Auvergnat est lunatique. Sur scène ce peut être tout ou rien selon les soirs, un jour c’est tout électrique, les guitares devant, le lendemain plombé. Il en va de même pour son attitude avec le public, il peut être soit jovial, soit dépressif. Un concert de Murat est donc souvent une loterie pour les spectateurs. A Toulon il démarra sur les chapeaux de roue avec 4 morceaux dans la lignée d’un Neil Young. La formule trio où il était seul guitariste créa vite un épuisement, on ne peut être seul le Crazy Horse du galop, on passe vite au trot et on sombre dans une heure de chansons d’amour lentes et mélancoliques où l’ombre de la mort n’est jamais loin. Si les spectateurs avaient été assis, je pense que beaucoup d’entre eux se seraient endormis. Heureusement la fin et les rappels ont réveillé tout le monde. Jean- Louis redonna de la liberté à sa guitare et remporta la mise sur les derniers titres. A l’arrivée, un concert mitigé et frustrant car s’il avait voulu il avait tout en main pour procurer une heure trois quarts de bonheur au public qui se contenta de quarante cinq minutes.