La musique de Jehro se nourrit des styles populaires caraïbéens (Calypso, Parangue, Reggae...) de folk et d'histoires de vies de gens simples. Chant en anglais et espagnol.
Ayo + Jehro - 17 août 2007 - Plages du Prado - Marseille
Quelques jours après la très bonne surprise Fantazio au Paradox, me voila partie en direction de plages du Prado pour le concert offert par Orange qui regroupe Ayo , Jehro et Rose. Je n'ai jamais .../...
Quelques jours après la très bonne surprise Fantazio au Paradox, me voila partie en direction de plages du Prado pour le concert offert par Orange qui regroupe Ayo , Jehro et Rose. Je n’ai jamais entendu parler de la première aussi nous avions l’intention de ne pas arriver trop tard. Pas de bol m’étant fait volé mon vélo il y a moins d’une semaine nous sommes obligés d’y aller en voiture (en fait c’est idiot on aurait du prendre le bus). Lorsqu’on arrive là-bas on galère pour se garer (c’est donc la que sont tous les marseillais qui ont déserté le centre ville !) et c’est d’ailleurs lors d’un de nos passage à proximité de la scène qu’on entend Rose remercier le public.
Entre temps, on se gare, on retrouve péniblement Mick et Mac en se frayant un chemin dans la foule dense. Et c’est le début du concert de Jehro. Avant d’aller plus loin je vous renvoie a la chronique (pleine de fautes) que j’avais fait a la Fiesta des Suds ou Ayo et Jehro avaient déjà partagee l’affiche. Tout ca pour dire qu’en venant je ne suis ni fan de l’un ni de l’autre, et que j’ai meme un petit a priori.
Même impression que la première fois à propos de Jehro. Des chansons en anglais ou en espagnol, qui s’écoutent facilement, qui donnent parfois envie de danser mais qui ne me touchent pas un brin. J’ai l’impression d’assister a un concert de reprises de standards internationaux, a l’image de la sympathique reprise de Stevie Wonder.
Ca joue bien, c’est carré, il y a des couleurs et des choristes mais ca ne me captive pas du tout. Et quand il se met à nous parler en espagnol pour introduire c’est morceaux (alors qu’il est marseillais lui-même) ca confirme l’impression que j’ai que Jérôme Cotta nous récite son set mécaniquement sans y mettre ni son âme ni ses tripes.
Son guitariste solo l’accompagne toujours … il le présentera a deux reprise mais n’articulant tellement pas que je mets au défis quelqu’un de retenir son nom. Je ne suis pas sensible à sa musique mais forcement quand il joue son tube, je le reconnais et je l’apprécie quand même. La partie ou les choristes jouent des tambours était une bonne idée, mais j'ai trouvé que ca ne prenait pas trop finalement
Principal point positif j’ai profité de son set pour m’approcher de la scène (ayant oublié mon zoom). J’attendrai donc comme tout le monde assez longtemps que le matériel de Ayo soit installé. Quand elle arrive, je constate qu’elle n’a pas changée … je fais un effort, je me force, mais je ne peux pas résister, ca y est, elle m’énerve déjà.
Et maintenant je vais essayer d’expliquer pourquoi, tout en décrivant sa musique, ou en tout cas ce que je ressens a son écoute. Plusieurs petites choses m’agacent. Tout d’abord je trouve qu’elle en fait trop. Elle sourit trop tout d’abord ; je sais ca parait absurde comme critique, mais de la voir (faire la) timide comme ca a sourire, glousser, se pencher comme si elle voulait se cacher ca m’énerve.
Qu’au dock elle nous dise que c’est sa première scène et qu’elle n’a pas l’habitude je veux bien, mais la depuis le temps elle devrait être habituée. Bon tant mieux me dirait vous elle a gardé cette fraicheur des premières fois, cette joie à être sur scène. Mais alors pourquoi je n’y suis pas sensible et même au contraire ? En gros pourquoi je n’y crois pas.
En plus elle fait l’effort de parler en français, mais c’est pour répéter un peu trop souvent que son français est mauvais (alors qu’il est plutôt pas mal). Fausse modestie ? Moyen de meubler facilement ? C’est pour s’extasier devant le large public … « o les enfants mais vous êtes nombreueueueuex ce soir ! » (bon ok elle n’a pas dit « les enfants »), c’est pour nous dire que comme c’est la dernière date elle va faire quelque chose de spécial …
Et la stupeur générale, elle s’assied sur le bord de la scène pour chanter !!!! Bon ok on dirait que je me moque, mais c’est ce que j’ai ressenti sur le coup. Plutôt que d’annoncer ce que tu vas faire, fais le et ca n’en sera que plus spontané. Je trouve donc qu’elle en fait trop entre les morceaux, et en fait j’ai aussi cette impression lorsqu’elle chante.
Elle a une belle voix c’est sur, mais parfois on dirait qu’elle cherche a l’utiliser, que les tremolos sont réfléchis, que les grimaces exagérées… Bref un peu comme pour Jehro j’aimerais sentir plus de spontanéité et de nécessité dans ses chansons. J’ai d’ailleurs encore tiqué sur sa chanson Africa (franchement bateau) ou sur les textes de sa chanson Girls qui sont super caricaturaux.
Par contre je ne peux pas lui enlever un certain nombre de qualités. Comme la variété des rythmes de ses chansons, comme le passage limite ragga de cette même chanson Girls. A la fin pendant le rappel elle fera monter sur scène un « brésilien de Marseille » pour un espèce de bœuf bien sympathique et spontanée.
A partir de ce moment je commencerai a la trouver rigolote (dans le bon sens du terme) et touchante, me disant que après tout elle est peut être juste un peu plus cucu que moi, et que certes elle n’as pas grand-chose a raconter et je ne retournerai surement pas la voir de si tôt, mais que si des gens sont plus touchés que moi par ce que sa musique dégage et bien tant mieux pour elle et pour eux.
En tout cas comme elle le rappellera, un grand merci a Orange d’avoir organisé ce grand concert gratuit cet été, meme si je n'ai pas vraiment changé d'avis sur ces deux groupes. N’hésitez pas a renouveler l’opération l’année prochaine, et pourquoi ne pas en plus inviter un ou deux groupes locaux a partager l’affiches avec des stars reconnues comme celle-ci la prochaine fois.
Bonus video :
(qualite telephone portable car mon Canon a rendu l'ame)
et une petite de Jehroici
Jehro - 16 février 2007 - L'Usine - Istres Adorant ce que fais Jehro sur son album et ailleurs, je suis partie quand même peu motivée à ce concert pour 2 raisons :
- j'avais vu que Jehro tournait pas mal en 1ère partie d'artistes surtout, .../...
Adorant ce que fais Jehro sur son album et ailleurs, je suis partie quand même peu motivée à ce concert pour 2 raisons :
- j'avais vu que Jehro tournait pas mal en 1ère partie d'artistes surtout, dans des festivals notamment, et je n'ai d'ailleurs trouvé presque aucune critique de concert propre à lui sur C&C. Donc je me suis dit qu'il n'avait peut-être pas son encore public et qu'il y aurait peu de monde ce soir-là.
- la musique "dépouillée" et très acoustique de Jehro me faisait dire (avec les quelques photos de concerts trouvées sur le net) qu'il serait seul avec un grateux, tranquilles.
Donc à priori, rien de transcendant.
Et en fait, la claque ! La salle bien remplie (ou en tout cas, très largement plus que je ne le pensais !), et un percu-batteur, un gratteux, et 2 choristes black : wahou ! Un super son, et quelle voix, Monsieur Jehro ! Bon, là où on nous ment à l'insu de notre plein gré (!), c'est qu'il y a des séquences de basse et bruitages musicaux divers (dommage, mais bon, la prochaine tournée, y'aura un bassiste, le budget sera plus gros !)
Bref, voilà, une super soirée, et je conseille vraiment à tous d'aller voir le zigue car c'est une soirée super quality ! Good vibe, bon esprit, super zic, autant en morceaux colorés qu'en belles ballades... Réagir à cette critique
Ayant raté (pour cause de thèse à Grenoble) l’ouverture de la Fiesta (avec Cesaria Evora et Gotan Project et parce qu’on m’avait dit beaucoup de bien de Ayo et Jehro je me suis d’abord rendu à la Fiesta (comptant ensuite aller à la Friche voir Poni Hoax et finir à l’Intermédiaire avec Shaggy Dog Story).
Sachant que la veille les invitations ont été refusées à partir de 20h (complet !) on ne part pas trop tard mais d’un autre côté les têtes d’affiches de ce soir sont quand même moins prestigieuses. Pourtant en arrivant nous avons bien du mal à nous trouver une place (même interdite) à proximité du Dock. En arrivant enfin devant l’entrée on constate que c’est au même endroit que l’année dernière avec la grande scène sous la passerelle et le reste restau, bar et la deuxième scène (dite « cabaret ») dans un nouveau entrepôt en dur.
Sur la grande scène Estrella Morente est en train de chanter. Je serais bien allé jeter un œil à son flamenco habité et donc un peu théâtral, mais impossible de s’approcher suffisamment ne serait ce que pour apercevoir un bout de la scène. Les gens sont très serrés et il n’y a pourtant pas la moitié des gens présents ce soir devant la scène. Je commence à comprendre la réaction de certainscertains spectateurs qui ont payé leur place et ne peuvent rien voir du spectacle.
Je me contenterai de suivre une partie de son set via les quelques écrans géants sur le site, dont celui sur situé tout prêt de la scène « cabaret ». La bas aussi trop de monde pour essayer de m’approcher de Corinne Sauvage qui a l’air de chanter des reprises.
La foule commence à m’énerver, impossible d’aller où l’on veut, ni même de s’arrêter quand on en a envie. Bref il y a trop de monde et musicalement ça ne me plait pas assez pour que j’ai envie de faire un effort. Je me dirige alors à nouveau de la grande scène en me disant que je profiterai de la fin du set de l’étoile.
Lorsque son set prend fin, les gens commencent lentement à sortit mais je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Si bien que je réalise vite que si j’attends que les gens sortent du cul de sac constitué par les barrières qui encadrent la scène je vais rester au fond ; donc à contre cœur je me lance … on s’écrase, on se bouscule un peu, certains râlent. Et la je me rends compte que tout le devant est couvert de chaises !?!? Tu m’étonnes qu’il n’y ait pas assez de place pour tout le monde. S'en suit une absurde séance ou les gens essaient de se presser devant pendant que les autres sortent et au milieu de tout ça le staff technique débordé qui essaie d'extraire les chaises du public (je m'en prendrai une dans le genou). Lorsque tout s’équilibre on commence à attendre, serrés. J’ai réussi à m’approcher à une grosse vingtaine de mètres de la scène, sur la gauche de celle-ci. Cela a beau être en plein air beaucoup (trop) de gens fument, n’ayant d’autre possibilité que de vous cracher leur fumée dessus et j’en prends plein les poumons (je ne vais pas tarder à devenir intolérant je le crains).
Les gens sont clairement là pour Ayo. Ils sont venus voir la nouvelle sensation télévisuelle en live. La télé a vraiment sur les carrières un effet magique. Ayo, comme Grand Corps Malade et bien d'autres est sortie de l’anonymat du jour au lendemain grâce à quelques passages clés dans des émissions comme Taratata (sans parler du matraquage actuel sur France Inter et Nova selon des sources sures). C’est semble-t-il au cours de cette émission que tout le monde l’a vu et est tombé sous le charme de cette grande nigérienne au sourire (gêné mais touchant). Du coup elle se retrouve propulsée au rang de superstar devant un public d’ors et déjà conquis. Elle sera d’ailleurs visiblement impressionnée par le public, avouant à qui voulait bien la croire qu’elle n’avait jamais joué devant autant de monde jusqu’ici.
Ce genre de situation a aussi son revers de la médaille. Car du coup les gens qui ne l’ont jamais entendu/vu (et c’est mon cas) s’attendent à un truc fabuleux et ont de grande chance d’être déçus, voire carrément énervés de s’être fait une nouvelle fois bernés par une campagne de promotion réussie. Dans certains cas c'est même pire car l’artiste (prenons à nouveau le cas de GCM) se retrouve érigé en porte drapeau d'un style entier, s’attirant du coup les foudres des puristes, voire la rancœur des gens qui se battent depuis longtemps pour faire connaître des groupes tout aussi talentueux évoluant dans la même discipline.
Bref, je m’étais déjà fait avoir comme ça, lorsque après avoir vu Bloc Party dans l’émission l’album de la semaine je m’étais ennuyé comme rarement lors de leur passage au Moulin. Ce soir la hype portait sur Ayo (et aussi sur Jehro sur lequel je reviendrai plus bas). Après que ses trois musiciens aient pris place sur la grande scène (guitare, basse et batterie), elle est rentrée toute timide (faisant mine de se cacher derrière un baffle) et s’est assise sur la grande chaise en bois qui l’attendait au centre, à côté des deux guitares électroacoustiques. Elle a commencé à jouer sous les acclamations du public des morceaux sympathiques mais un peu sans relief. Elle a une belle voix (parfois proche de celle de Sade ou Susheela Raman), les musiciens qui l’accompagnent jouent bien mais je trouve que ça ne décolle jamais vraiment.
Elle a joué quelques nouveaux morceaux comme celui où elle fait participer le public demandant aux filles de crier « gilrs ! » a son signal et aux garçons « boys ! » (sympa) ou celui intitulé Africa qui se voulait profonde et engagée mais dont je trouverai les textes affreusement bateaux. Au bout d’un moment j’ai commencé à trouver cela carrément long et j’ai eu énormément de mal à m’extirper de la foule toujours aussi dense et admirative (« devine où je suis ? à la fiesta devant Ayo, c’est trop méchant ! Vraiment trop bon .. ; tu sais pas ce que tu rates ! »). Moi je suis serré, j'en ai plein les pattes et je trouve ça sympa mais vraiment sans plus. En plus elle est assise sur scène (comme Ben Harper et ça m’énerve). Cela dit je suis content d’être venu, sinon j’aurais pu croire que j’avais raté quelque chose de vraiment bien. A revoir éventuellement mais dans un cadre plus intimiste et en espérant qu’elle aura des choses plus prenantes/touchantes à faire passer.
Du coup je me redirige vers le cabaret en me demandant ce que je vais pouvoir faire pour attendre jusqu’au passage de Jehro et là je tombe (après avoir bataillé pour rejoindre Cédric qui lui a craqué bien avant moi) devant un orchestre de pas moins de 40 musiciens qui joue de la salsa !
Assez impressionnant (même de loin), la Banda Santiago de Cuba se dégage quelque chose de fort. Dirigé par un chef d’orchestre et animé par un chanteur ils mettent une sacrée ambiance. Le côté intemporel de cette musique me rend légèrement mélancolique mais je ne peux qu’apprécier ces standards jouer avec autant de cœur.
Le chanteur animateur parle pas mal entre les morceaux, bouge beaucoup pendant, invitant le public à participer plus en chantant ou tapant des mains, à coup de « Marseille plus fort, je n’écoute rien ! ».
Alors que Ayo est encore en train de sourire sur l’écran géant devant le ballet de camera télécommandées qui volent des le ciel autour de la grande scène, dans l’ambiance surchauffée du cabaret, ceux qui arrivent à trouver quelques mètres carrés dansent en couple, les autre gigotent en rythme.
Quand arrive l’heure de Jehro je me redirige vers la grande scène. Entre temps j’ai compris qu’en tant que photographe j’avais accès aux places sur les côtés sur les estrades de part et d’autre du public (ça fait un peu arène). Du coup je peux aller prendre tranquillement des photos de Jehro au pied de la très haute scène (je mettrai un moment à réaliser qu’il est accompagné de choristes).
Jérôme Cotta est un marseillais qui avait sorti un disque en français il y a quelques années. Je me souviens que je n’avais pas accroché (trop variété et un peu cucul a mon goût). Depuis qu’il a changé de nom et de style par contre il cartonne.
Première parties remarquées aux Voix du Gaou notamment, tous les gens qui ont écouté son disque (qui s’est vendu à 40000 ex déjà) semblent aimer. Comme il n’a jamais joué à Marseille sous ce nom, je n’ai pas encore eu l’occasion de l’écouter.
Il arrive donc accompagné de ses musiciens dont un autre guitariste (le seul que je verrai vraiment bien de la ou je suis) qui joue aussi du clavier. Il se présentera rapidement avouant que c’est la première fois qu’il joue à Marseille bien qu’étant marseillais.
Sa musique n’est pas désagréable, il chante en anglais et en espagnol, mais franchement je trouve cela assez quelconque. De la variété internationale qui s’écoute facilement mais qui manque de titres accrocheurs.
C’est d’ailleurs assez paradoxal de voir qu’il aura percé en chantant en anglais alors qu’en français (là où les quotas etc aident) ça n’avait pas marché. Je ne resterai pas très longtemps, pressé d’aller à la Friche où j’espérais voir un bout de Poni Hoax dont le disque a l’air vraiment très bon.
Pour conclure sur cette soirée. Artistiquement en dehors du groupe de salsa j’ai été déçu, mais cela reflète assez l’impression que j’ai les rares fois où j’écoute la radio. Au niveau affluence la Fiesta semble battre de nouveaux records, aussi si vous venez pour voir un artiste (et non pas uniquement pour profiter de l’ambiance) vous avez intérêt à venir très tôt. Sinon vous serez contraint de suivre le concert sur un écran.
Je ne suis pas un parano niveau sécurité mais franchement par endroits il y a beaucoup beaucoup de monde, il doit y avoir les sorties de secours prévues mais je ne peux m’empêcher de penser qu’en cas de bousculade ça risque de mal se passer (devant les scène on est forcement coincés entre 2 murs sur les côtés, la scène et le reste du public qui presse derrière. Sinon sans aller imaginer le pire on a quand même beaucoup de mal à se déplacer confortablement.
Le soleil est déjà à la quasi fin de sa course et pourtant la chaleur est bien présente. Au milieu de la foule venue en masse, elle se transforme en touffeur. Dans de telles conditions, on se demande comment Jamiroquai va pouvoir honorer son proverbial groove.
Mais pour l’heure c’est Jehro qui entre en scène. J’ai mis du temps à le reconnaître mais en fait Jehro n’est autre que Jerome Cotta, un jeune marseillais originaire du panier que j’avais vu au forum de la FNAC où il avait donné un mini concert car avait sorti il y a 6-7 ans de ça un superbe titre l’arbre et le fruit d’un album - bon - éponyme ( plus entendu parler depuis mais j’imagine qu’il a du faire d’autres choses bp moins médiatisées).
Il avait eu alors tout loisir d’expliquer au public présent ce jour là son parcours influencé musicalement par les rêves d’une maman corse d’origine gréco-italienne et les compositions d’un père très influencé par Georges Brassens si ma mémoire ne me trahit pas. A cette époque, son album était entièrement en français et dans un style très éloigné de son nouvel opus ( je regrette mas je n’en connais pas le titre ). Sur scène, je découvre qu’il a délaissé sa langue natale pour une succession de titres en anglais et de rythmes ensoleillés, avec des influences très variées ( latino, un peu reggae, soul, beaucoup musiques populaires des caraïbes telles calypso ou parangue, etc. ) une musique du monde matinée de gimmicks pop !
Le mariage de sa voix - très douce, caressant les oreilles et les sens - et la musique est très apaisant voire très sensuel, et dans le même temps, je le vois autour de moi, donne des fourmis dans les orteils. C’est dans cette sensualité ambiante que le ciel entier en profite pour se cuivrer de nuages, pour ne rien gâcher au tableau.
c’est calme, doux, déstressant, relaxant, apaisant, chaloupé…mais à mon goût légèrement redondant, pas réellement de surprise d’un morceau à l’autre, faut dire que dans ce mélange des genres, on est complètement pris ou pas. J’ai bien aimé rock me tender qui a ouvert la soirée.
Jehro est de ces artistes encore discret limite timide qui échange gentiment avec son public sur scène, pas de réelle connivence ( c’est normal il est à peine connu ) mais sans être autiste pour autant (1 semaine + tard, je verrai Placebo et Brian Molko aura été des plus économes dans les dialogues avec son public venu en masse). J’imagine sans peine que c’est une musique qui en ravira plus d’un(e), se laissant apprécier en fin d’après midi, sur sa terrasse, un ti’ punch à la main, ou couché sur une plage au bord d’une eau limpide et translucide aux reflets émeraude, bleu profond tant c’est frais et a un air de vacances. Pour ma part si ça intéresse qqu’un cela ne m’a pas réellement conquis. Au bout de ¾ d’heure-1heure c’est une reprise de Stevie Wonder (master blaster) qui vient clôturer cette 1ère partie de soirée. Une mise en bouche tranquille quoi renforcée par le soleil qui se couche dans une apothéose de sang et d’or !
arrive le moment tant attendu : la référence anglaise de la soul vient nous visiter. l’univers funky, discoïsés ( qui me rappelle trop la musique de la série « Starsky et Hutch » - mais pas le générique bien sûr ) du groupe Jamiroquaï ( car il faut le rappeler il s’agit bel et bien un groupe et non uniquement de son chanteur Jay Kay ).
ET c’est parti, tambour battant, avec l’un de leurs meilleurs titres Dance et son superbe chorus. Jay kay fait très fluet et a des jambes bien minces mais en revanche il est nanti d’un superbe couvre chef, entre la coiffe indienne et le stroboscope de boîte de nuit. Ses meilleurs titres passeront tout au long de cette heure et demi ( sauf l’amère et vindicatif King of a day ) : Too Young to die, Emergency on planet earth, Virtual insanity, Cosmic Girl plus les nouveaux de Dynamite mais que je ne connais malheureusement pas.
Pendant 3-4 chansons ça va bouger, planer et scotcher…je dis les 4 premières parce qu’ un incident va se produire à la 4ème ( inconnue à mes oreilles donc tout droit sortie j’imagine de son dernier album ). En effet, pendant ce morceau alors que ça vibrait à donf, subitement plus un son, ni micro, ni guitare, pas même la mouche qui vole dans ces moments là. La dèche quoi ! Je crains le pire : la sono aurait elle rendue l’âme ? Jay Kay semble vraiment perplexe se tournant vers le staff technique. Il ne témoigne d’aucun geste d’énervement mais semble halluciné par l’incident. Ce qui tranche néanmoins avec le reste du groupe complètement hilare…d’ailleurs le percussionniste et le batteur ( derrière son bouclier de plexiglas ) finissent le morceau ( sans que personne n’entende leur prouesse ) s’offrant mutuellement un sourire large comme 2 écrans LCD. Fatigué d’attendre, Jay kay va s’asseoir pour finalement s’allonger.
Un membre du staff vient le rassurer faisant des gestes suffisamment grands pour que du public on devine qu’il lui annonce que cela ne saurait trop tarder. Il n’empêche que Jay kay s’excuse en geste devant son public qui lui hurle et lui siffle son soutien indéfectible au chanteur à la coiffe intersidéral ( qqle part il me ferait presque penser à Galactus…pour les fans des 4 fantastiques et du Surfer d’Argent ). Jay kay semble sincèrement touché par cette marque d’affection. A ce moment du concert, je peux commencer à réfléchir avec quelque tranquillité à mes 1ères impressions à défaut de tirer un bilan : d’abord la puissance dégagée ! pas étonnant que tout est lâché ! durant ce début de soirée j’avais le souffle du son qui faisait trembler mes narines. Ensuite, même si c’est un régal de voir le fer de lance du groupe se lançait dans ses pas de danse si perso, ceux-ci n’en restent pas moins distribués avec parcimonie. Ça fait quand même hurler la foule quand il les réalise avançant par saccades +/- courtes et moi-même je me régale à le voir faire, croyez-moi ça guinche dans le public.
Pourtant je le trouve bp moins trublion et zébulon ( sauf à un passage plus tardif du concert où il se lancera l’air de rien avec ses jambes dans un mouvement de rotor d’hélicoptère... ou comment revisité la capoeira : aussi fugace qu’impressionnant et intense) que ce que certains potes m’avaient décrit durant sa précédente tournée il y a une poignée d’années à peine 2-3 ans je crois celle là même où une pyramide inca ( voire aztèque…faudrait demander à un historien de l’art ! ) dominait la scène. Mais je me dis que ça va aller crescendo. Je ne suis pas non plus impressionné par sa voix qui certes ressemble plus que jamais au timbre de celle de Stevie Wonder mais en revanche je le suis beaucoup plus par la diversité, la finesse et l'énergie de leur musique, rendues aussi bien sur scène qu’en studio, flirtant entre l'acid-jazz, le funk/disco et la soul. L’occasion pour moi de saluer la qualité des musicos qui en 4 morceaux auront donné un aperçu de leur talent et démontré, s’il le fallait, qu’il s’agit d’un groupe de tout premier ordre ( avec un bémol néanmoins concernant les 3 choristes…qui à mon humble avis dont les voix ne sont pas bien mises en valeur ).
Allez, cette fois-ci c’est la bonne ! C’est reparti ! Donc si ça ne peut être liée qu’à la sono apparemment au moins celle-ci n’avait pas disjoncté. Je ne sais pas quel aura été le pb précisément mais tout le monde est ravi de la reprise des festivités. Faut dire que l’interruption aura quand même duré 5 bonnes minutes. Le morceau ne sera jamais terminé puisqu’ils enchaînent sur un autre titre.... ce qui frappe d’entrée de jeu c’est de voir l’inertie du chanteur. Apparemment bien plus perturbé que le reste de la bande, il lui faudra 2 chansons pour retrouver de l’entrain et son déhanché. Les morceaux innovant et inspirés du cru du groupe s’égrènent et je reste interdit devant le son de + en + agressif de la guitare, très saturé conférant un son très lourd au tempo funky originellement de ses chansons. Quelle puissance déployée ! le sol vibre devant l’assaut de tant de watts ! je sens les notes venir percuter le moindre cm² de mon corps et rebondir sur ma poitrine comme des billes d’acier ! je prends de plus en plus mon pied et suis agréablement surpris par cette mouture rock.
Après avoir fédéré bandes FM et milieux alternatifs, clubbers et fans de soul, fan des sonorités du didjeridoo des aborigènes et du disco, les Jamiroquaï vont-ils se rallier les hard-rockeurs ( ah ça va quoi je rigole ! ) ? Enfin, que les inconditionnels du groupe se rassurent, volutes de jazz, ellipse funky et envolées soul ensoleillent toujours autant ses compos. Même avec des morceaux revisités où la guitare tient plus du marteau piqueur que du son funk ! une corde de plus à leur arc !
Dans la fureur du show, les instrumentistes de Jay Kay s’expriment sans réserve et tout cela transpire d’énergie et de talent ! le chanteur a recouvré tout son peps et recommence à bien se dandiner ( mais je persiste et signe un peu trop par intermittence à mon goût, j’aurais aimé le voir faire son Travolta sans désemparer comme on me l’a tant de fois décrit faire ).
Et arrive déjà le moment des rappels…rien vu passé, si ce n’est que du plaisir !
Enfin quand je dis des rappels, c’est sans doute ce qui était prévu mais l’imprévu étant le sel de la vie il n’y en eu qu’un ! et encore même pas complet ! Qu’est-ce à dire ? une attaque de profanateurs de tombe ? Une attaque de je ne sais quel terroriste ? Le groupe était–il pressé pour terminer ses morceaux ? Foin de blagues désopilantes et de ce suspens insoutenable de ma part, vous l’avez sans doute compris amis internautes, c’est le retour de la sono et elle est pas contente ! alors qu’il nous faisait jumper avec une cadence infernale et un son de guitare à nouveau très hard sur Deeper underground la BO du film Godzilla, à qqles secondes de la fin du titre, au moment du bouquet final, ça pète à nouveau !
alors là Jay Kay est carrément dépité, tjs pas énervé mais semble réellement triste ! le reste du groupe réagit comme la 1ère fois, ils se marrent ! mais on en restera là, ils partent et ne reviendront pas cette fois-ci ! ça finit en queue de poisson, certes, mais je reste carrément sur mon élan, je danse encore, suis encore bien excité et aux anges d’avoir pu assister à ce concert. Un peu comme la finale de la coupe du monde, on l’a perdue certes mais quel spectacle des bleus ! ben là c’est pareil avec Jami, c’est pas allé jusqu’au bout mais, alors que je devine que certains soirs il doit se donner encore plus, toujours d’après les échos que j’en avais eu , quelle performance ! Entre puissance et légèreté ( et quand ces deux choses si opposées sont si bien réunies c’est le gage d’un concert abouti ) ! d’ailleurs c'est pas l'autre suicidé de Nietzsche qui avait écrit " tout ce qui est bon est léger" à propos de Bizet et contre Wagner ? non non c’est rien c’est juste pour me la péter grave
Plus sérieusement, c’est vrai qu’il y a beaucoup de légèreté dans la musique de Jamiroquaï, c’est pas une attaque bien au contraire, car c'est comme une grâce, comme une élégance mais qui ne serait que de l'âme, comme une insouciance mais sans petitesse. La légèreté n'exclut pas le tragique elle l'ignore mieux encore elle le surmonte ( preuve en est l’incident avec la sono qui n’a rien grevé la qualité du show ou le plaisir jubilatoire du public )