2ème soirée du jazz des 5 continents. La seule à laquelle j'assisterai - intérêt d être la bonne ;-)
faut dire qu un nom s était détaché de la programmation au moment où j avais consulté celle ci : Willy DeVille. Grosse surprise pour moi :
"tiens, c était pas ce chicos qui avait fait une reprise mariachi (avec fifres et trompettes et tout le .../...
2ème soirée du jazz des 5 continents. La seule à laquelle j'assisterai - intérêt d être la bonne ;-)
faut dire qu un nom s était détaché de la programmation au moment où j avais consulté celle ci :
Willy DeVille. Grosse surprise pour moi :
"tiens, c était pas ce chicos qui avait fait une reprise mariachi (avec fifres et trompettes et tout le tremblement ) de
Hey Joe d
Hendrix...il s est mis au jazz, lui, maintenant ?"
Sans avoir été emballé par sa mouture cantina et ranchera (savez ces chansons qui se jouent dans les mariages mexicains) du mythique morceau de Jimmy, j avais été piqué par la curiosité.
Et les étoiles scintillent ardemment dans le ciel noir et calme au dessus de Palais Longchamp quand le set de Willy DeVille, ex- Willy DeSade, commence.
Il réserve d ailleurs avec une forte galanterie la primeur d ouvrir le concert à ses 5 musiciens. Un instrumental. ça commence délicatement par une introduction très classsique au piano avant que les guitares et la section rythmique ne viennent prendre le relais façon pétaradante. C est bien ryhtmné et cela annnonce un concert aux sonorités très New Orleans et Louisianne...mais plus bluesy que jazzy (y a pas photo)
Ce 1er morceau passé, Willy arrive. Silhoutette à la Giaccometti, costume noir, bandana noir sur la tête soulignant son tein hâve, visage émacié...On est plus impressionné par le gus que par le décorum assez tristounet de la scène ( pensez donc simplement 2-3 panneaux qui changent de couleurs ) . Il me fait penser à Elrik le nécromancien (personnage d'héroic fantaisy qui était nanti d une charmante épée répondant au doux nom de Stormbringer et qui avait la particularité de se délecter d'âmes humaines...ah mes tendres années).
Outre un physique hors du commun et une présence magnétique, c est avant tout sa voix qui arrête notre attention : sa voix si caractéristique - éraillée façon
Springsteen mais en plus grave et en moins travaillée (je crois) exprimant quand même 30 ans de pérégrination à traver sun monde musical profond et émouvant si on en croit la présentation faite par le président du festival juste avant le concert.
Dès sont entrée, le public s est levé comme un seul homme et s'est rapproché de la scène.
DeVille lui réservera d ailleurs une performance très variée : compos originales (j'imagine), et pas mal de reprises (bcp), un spectacle alternant chansons pechues où il aime bien hurler et faire hurler son harmonica que des chansons qui prennent leur temps... Et je pense notamment à une étonnante reprise d Heathbreak Hotel d Elvis.
Il communique facilement avec le public. S'essaie même à maintes reprises à quelques mots en français. Willy est français dans l âme. C'est lui qui le dit : il a quand même une mère d origine basque si jai bien compris son esperanto fançais/anglais. Et pis façon j'ai souvenir, il y a quelques années de ça en arrière, justement au moment de son énorme succès médiatique avec
Hey Joe ( 1993-1995 ? ), d'avoir lu une interview du gus où il expliquait toute son admiration pour
Edith Piaf qu'il considérait comme étant une vraie punk ! Il avait même écrit "le chat bleu" en hommage à la nana de Marcel Cerdan (et d'Yves Montand).
plus tard, il invitera sur scène l harmoniciste ( est-ce bien comme cela que l on dit ? ) J-J Milteau et joueront du Muddy Waters en offrande aux marseillais conquis et venus massivement ( certains sont perchés sur les branches d arbres, c est dire le succès de cette soirée ).
Bien sûr, Hey Joe ne manquera pas. Bien sûr moins orchestrale que sa version qui le révéla au grand public.
Avec tout ce beau monde, j ai oublié de vous croquer les 2 choristes, 2 blacks corpulentes, qui sont arrivées en même temps que lui sur scène et qui resteront assises le temps du concert entier. J avais jamais vu ça moi perso. Mais bon elles feront correctement leur boulot, rien à dire sans être dotées de voix marquantes pour autant.
Au finish un set bien plus rock (de la grande ville enfumée), et blues (des travailleurs noirs américains) - le tout empreint d influence sudiste : de La Louisianne, DeVille a gardé certains instruments du blues tels le washboard ou le bottleneck - que jazz mais qui aura bien fait guincher le public. Rythmnes syncopés, musique chaloupée forçant au déhanchement. Et les guitares encadrant à merveille la voix de rogome de cet homme aux allures d"écorché vif. DeVille a bien fait de revenir à la musique, lui qui s'était éclipsé tant de temps dans un ranch après le succès rencontré au début des années 90. Dailleurs, à part sa fameuse reprise je ne connaissais pas grand chose de son univers musical. J'ai alors demandé autour de moi et on m'a prêté
CADILLAC WALK album qui rassemble le meilleur des débuts de l'artiste à l'époque où profondément influencé par
Ben E. King et autre
Phil Sector il sevissait dans les salles de la scène punk new yorkaise aux côtés des combos punk. C'est funky, rock'n'roll et folk et bien sûr déjà hispanisant. Avec son groupe le
Mink DeVille il se détache du lot tant les chansons de Willy puisent dans les profondeurs de l'histoire de la musique afro-américaine. On y retrouve notamment la chanson mentionnée plus haut
Le Chat Bleu mais également des chansons interprétées ce soir comme
Venus Of Avenue D ou
Spanish Troll. là aussi entre ballades romantiques et morceaux plus soutenus. Une excellente façon d'entrer dans l'univers varié de Willy pour ceux auxquels le concert aura donné envie d'en savoir plus.
Je ne concluerai toutefois pas sans vous parler de la 1ère partie,
plus qu'honorable, de
Joelle Genisson, l'enfant du pays comme elle ne sait pas fait faute de le rappeler 105 000 fois au public, un peu mou c'est vrai en début de soirée.
Joelle Genisson joue du jazz bien plus franc que Willy, là pas de doute et à la double casquette de pianiste, ce par quoi elle commencera son show et de bassiste, instruments qu elle alternera avec une aisance insolente tout au long de ce début de soirée (bien que je l'ai trouvé véhiculant plus d'émotions au piano qu'à la basse et ce malgré sa virtuosité dans ce 2ème instrument). Avec son combo
Latin project et ses nombreux invités, elle offrira un large spectre musical allant de la musique africaine en passant - bien sûr - par le jazz via la bossa nova et autre genre brésilien.
Parmi ses invités, et en dépit de la plastique vertigineuse de la chanteuse brésilienne
Luciana et de chute de reins à vous faire perdre la mémoire, la palme d'or des invités revient pour moi sans conteste à
Omar Kouyaté, ce jeune chanteur guinéen à la voix douce et chaleureuse, jouant également de la Kora.
Au cours de ses 3-4 interventions, j'ai vraiment décollé pour l'afrique, l'impression de survoler Konakri, les senteurs et les couleurs chaudes des façades des rues, le soufle du vent, les dunes, le brouhaha des marchés, une parfaite réussite que tous ses passages.
Photos
July pour www.liveinmarseille.com
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