Ayant raté son récent passage a l'
Espace Julien qui avait noirci tellement de pixels dans la section chroniques de concert de Concertandco, je m'y suis pris a l'avance pour choper un pass photo pour le voir a NY. Précaution utile car très vite le concert a affiché complet. Je me hâte donc et me voila un peu avant 21h non loin de la scène.
A 21 pétante (aaah que cette ponctualité américaine est agréable) les
Wood Brothers arrivent sur scène. J'entends le premier rang murmurer, mais moi ils ne me disent rien. Renseignements pris auprès de Mr Google, il s'agit de
Chris Wood a la basse (ex
Medeski, Martin & Wood fame) et de son frère au chant et a la guitare
Oliver Wood (ex
King Johnson)
Un peu décalés sur la droite de la scène le
"power duo" commencera par se présenter
"je sais que la plupart de vous êtes venus voir John Butler Trio cela dit il vous faudra d'abord nous supporter" avant de démarrer pour 45 minutes de chansons empruntant autant au blues, au gospel, au rock, au jazz ou a la country.
Lorsqu’ils (
Oliver surtout) se mettent à beugler, on a toujours l'impression que le prochain morceau sera
Kansas City (
Beatles),
Hit the Road Jack (
Ray Charles) ou
Hard to handle (
Ottis Redding). Ils n'ont beau être que deux (et sans batterie) ils captent l'attention de la salle entière.
Ils ont repris quelques standards mais la plupart des morceaux étaient de eux, écrits et chantés par l'un ou l'autre. Et c'est sous de très chaleureux applaudissements qu'ils quitteront la scène pour laisser place à
John Butler Trio.
Celui ci arrivera en effet a 22h05 (aaah que cette ponctualité ...) accompagne d’un géant en caleçon du nom de
Mickael Barker à la batterie et de
Shannon Birchall à la (contre)basse noire.
John Butler est habille d’un pull sans manches a carreau sur un t-shirt vert du meilleur effet, de grosses chaussures et d’un jean use dont une chaîne dépasse.
Je suis immédiatement frappe par la ressemblance physique avec
Sean Penn (si si je vous assure, mettez des dreads et une petite barbe pointue a
Sean et vous verrez). Apres avoir saluer le public on lui amène un banjo et c’est en douceur qu’il nous fera rentrer dans son univers par
Bound que je découvre donc (comme les 14 autres morceaux qui suivront d’ailleurs).
Le concert ira ensuite crescendo, sur chaque morceau il changera d’instrument : 3 guitares électroacoustiques dont 2 à 12 cordes, un banjo, une slide guitare, et même pendant un morceau un djumbe. Ses morceaux sont longs, avec de grands passages instrumentaux, comme
Ocean morceau qu’il jouait à l’époque sur les marches (
« dont il a fini par se faire virer par des commerçants qui en avaient marre de le voir gagner 100$ par heure grace a des clients qui du coup tournaient leurs dos a leurs échoppes »)
La comparaison avec
Ben Harper est en effet la première qui vient a l’esprit notamment sur
Treat your mma with repsect qui rappelle le
Mama’s got a girlfriend now en beaucoup plus electrique. En effet impressionnant de voir tout ce qu’il fait avec ses guitares acoustiques (et ses pedales).
Le fait qu’il soit assis pendant tout le concert est un autre point commun avec
Ben Harper (c’est peut être aussi ce qui explique qu’il soit capable de faire des concerts aussi long ?). Quoiqu’il en soit dans une « petite » salle ça passe très bien mais quand il en sera a jouer dans des stades (ce qui est déjà le cas chez lui si j’ai bien compris) ce qui ne serait tarder ici (il est déjà programmé au Webster Hall à la rentrée) ce sera peut être un peu moins agréable visuellement (voir chronique du concert de
Ben Harper au
Dome).
Là les conditions étaient idéales. Le son était bon (le son du pirate du mec un peu derrière sur ma droite devrait donc être très bon), le trio était en forme,
John Butler plaisantait pas mal avec le public (pas compris pourquoi certains l’appelaient
Emilio en rigolant), se moquant parfois de sa façon de se mettre a applaudir des qu’il ouvrait la bouche (
« Yeah 96 ! une bien bonne année n’est ce pas ? »).
Il introduira la plupart de ses chansons en racontant le contexte dans lequel elles ont été écrites : que ce soit en pensant à sa bien aimée a l’autre bout de la terre, que ce soit pour remercier Dieu de la naissance de sa fille (
« après 38h de labeur c’est un miracle de voir qu’elles sont toutes les deux encore vivantes »), ou encore sur les atrocités commises par les (dirigeants) américains dans le monde et notamment en Irak …
Il jouera un morceau et demi tout seul, avant d’être rejoint par ses compères. Ces derniers nous gratifieront de solos impressionnants aussi. C’est la première fois qu’un solo de contrebasse me fera autant d’effet. Les trois vivent leur musique a fond ; très amusant de voir le visage de
John Butler se tordre comme s’il chantait lorsqu’il joue de la guitare.
Au niveau du chant alors que sur le live qui j’ai acheté a la fin du concert il me fera surtout penser a des trucs genre
Pearl Jam la c’est surtout a
Jude qui a joue avec lui lors de son dernier passage a
Marseille, qu’il m’a fait penser. Cette espèce de chant speed, mi crooner, mi rapé.
Il y aura aussi un peu de
Jospeh Arthur dans les morceaux les plus calmes. Le retour du banjo, peu après le long intermède percussif, replongera le concert dans une ambiance country folk au coin du feu (impression globale qui se dégagera du concert).
Avant de repartir avec des rythmes funky reggae avec gros effets sur la guitare dignes des plus belles explosions finales des concerts de rock. Apres etre parti au bout de 2 heures de concerts il reviendra pour un bon quart d’heure avec un rappel de trois chansons avant de nous dire au revoir pour de vrai en ayant pris soin de remercier chaleureusement les
Wood Borthers pour leur prestation et de signaler (comme cela était marqué sur sa set list la présence de CD a vnedre au sous sol)
Je ressortirai de la conquis (suffisament pour aller acheter le live), mais peut être pas autant que si je l'avais découvert sans a priori. En tout cas vous l'aurez compris je pense c'est le genre d'artiste à aller voir dans la plus petite salle possible ; ce qui risque d'être de plus en plus difficile a la vue des ravages qu'il fait sur son auditoire ...
Set list :
Bound / Mama / Company / Oldman / What you want / Ocean / Peaches / Better / Gotta give / Pickapart / Hello / Take
Damned / Zebra / Funky
Site des
Wood Brothers :
?
Site de
John Butler Trio :
http://www.johnbutlertrio.com/
Site du
Bowery Ballroom :
http://www.boweryballroom.com/