Joli mélange des genres lors de la deuxième soirée du Printemps de Bourges 2007, avec le très émouvant concert d’Abd Al Malik et Juliette Gréco au Palais d’Auron…
Visiblement ravi d’assurer la première partie de la grande Juliette Gréco, le très acclamé auteur de l’album Gibraltar, Abd Al Malik a offert un excellent concert au public de Bourges. Son humour, sa voix, sa prestance et son talent ont irradié la salle, très rapidement sous le charme de ses arabesques vocaux et gestuels. Les textes d’Abd Al Malik - bien écrits, intelligents et honnêtes - sont superbement slamé/rappé, avec comme bande son un groupe de premier choix composé d’un organiste, d’un bassiste, d’un batteur et d’un homme aux platines. Entre jazz, rock et hip hop poétique, l’univers du rappeur issus d’un quartier dit sensible de Strasbourg se révèle captivant, souvent poignant, parfois belliqueux mais jamais cliché ou démagogue. Un exploit donc. Abd Al Malik a en outre le très grand mérite de ne pas opposer les genres, comme le font parfois quelques écervelés inconscients des trésors que recèle l’histoire de la chanson française. Un hommage est donc rendu à un très grand rapper du nom de Jacques Brel, avec l’interprétation de Ces gens là, suivie par une relecture du même titre avec un texte maison : le très beau Les Autres. La fin de la prestation d’Abd Al Malik – permettant à celui-ci de rendre hommage à Gérard Joannest, le pianiste de Brel et Gréco – est justement acclamée.
Un triomphe qui saluera également l’arrivée de la frêle Juliette Gréco sur scène… Accompagnée par son pianiste Gérard Jouannest (auteur de nombreuses musiques intemporelles pour l’immense Jacques Brel) et un accordéoniste, tous les deux parfaits pour mettre quelques notes très bien choisies sur les mots admirablement interprétés par l’ex égérie du Saint-Germain des Près d'autrefois. Si le temps a fait son œuvre sur le physique de Juliette Gréco, sa voix est quasiment intacte, et la ferveur qui l’anime quand elle chante des textes (qu’elle n’a pourtant pas écrits) est tout simplement remarquable. Cette très grande dame de la chanson française vit chaque couplet, chaque refrain, comme si tout lui était réellement arrivé quelques instants auparavant. Madame Gréco semble ravie de se produire sur scène en interprétant des morceaux signés Serge Gainsbourg (Accordéon, La javanaise, La chanson de Prévert), Jacques Brel (Les vieux amants, Quand on n’a que l’amour), Léo Ferré (Jolie môme, Avec le temps), Louis Aragon (La rose et le réséda), Boris Vian, Jacques Prévert, Etienne Roda Gil (Utile) ou Maxime Le Forestier (Né quelque part, un très joli duo avec Abd Al Malik)…
Le flambeau a été transmis a la jeune génération : la chanson, comme le slam ou le rap doivent véhiculer des valeurs immuables comme la tolérance et la rébellion contre la répression. La France est, a toujours été, et doit rester un lieu où les différentes cultures se rencontrent et partagent ensemble. Merci à Juliette Gréco de l’avoir rappelé brillamment, clairement - mais sans emphase - dans ses textes, et par l’intermédiaire de son invitation lancée à Abd Al Malik pour venir partager la scène avec elle. Rien d’étonnant donc à ce que ce très beau concert parsemé de quelques touches d’humour et de malice (Un petit poisson un petit oiseau, Déshabillez moi) prennent fin avec une chanson d’amour révolutionnaire, l’immortel Le temps des cerises. Comme l’a crié un spectateur énamouré au cours de la prestation de madame Gréco : « Bravo Juliette ! »
Juliette Greco - 13 mars 2004 - Dock des Suds - Marseille
Ca se passe au Dock des Suds le samedi 13 mars 2004. Il est à peu près 20h.45 et Elle est là "la liane noire de nos nuits blanches", Elle entre en scène, belle à se damner et pendant un peu plus d'une heure trente Elle nous fait pleurer, rire et puis penser. Oui, je dis bien "penser" car grâce à Gréco pendant plus d'une heure trente, nous, on .../...
Ca se passe au Dock des Suds le samedi 13 mars 2004. Il est à peu près 20h.45 et Elle est là « la liane noire de nos nuits blanches », Elle entre en scène, belle à se damner et pendant un peu plus d’une heure trente Elle nous fait pleurer, rire et puis penser. Oui, je dis bien « penser » car grâce à Gréco pendant plus d’une heure trente, nous, on devient des spectateurs intelligents et pensants ; alors rien que pour ça je lui dis « merci » parce que putain ! vue la conjoncture actuelle ça fait du bien d’être enfin considéré.
On a déjà beaucoup dit et écrit sur Gréco : son talent, sa beauté, sa voix exceptionnelle, ses auteurs (les plus grands), son passé, Saint Germain des Prés, etc… Alors, juste un petit mot perso pour dire que :
Juliette ne chante pas, Elle est l’essence même du chant le plus parfait, épuré, sans fioriture ni effets inutiles tant prisés par une invasion de chanteuses dites à voix et à la mode qui n’ont d’ailleurs que leurs lamentables prouesses vocales pour hurler aux gens leur soit disante légitimité dans ce métier.
Juliette a dit dans une interview je cite : « il était temps que je sorte un album, ma prochaine étape c’est la pierre tombale ». Je suis désolé, chère Gréco, mais vous ne pouvez pas nous faire ça, je vous condamne à vivre et à chanter, et puis merde ! je sais que vous êtes libre et rebelle à jamais, alors, faites ce que vous voulez, mais moi je compte bien en profiter et vous boire jusqu’à la lie.
Enfin, pour faire enrager tous les fans de Jujube, j’ai eu la chance de la rencontrer après son concert et de passer vingt minutes avec Elle. Vingt minutes de gaieté et de complicité partagées dont je ne dirai absolument rien, ça m’appartient, je le garde à jamais.
Jako. DdD
P.S. et puis, petite leçon d’humilité, c’est Elle qui était fière et honorée que son concert soit associé à la soirée d’Amnésie Internationale.
Juliette Greco + Drôles de Drames - 13 Mars 2004 - Marseille, Docks des Suds : Amnésie Internationale
Il reste au moins une interprète de taille dans la chanson française. De sa seule prestance et présence Juliette nous a envoutés, reprenant Brel, Miossec, Ferré (et même Bourvil), mais à la Juliette. Forte , poignante, malgré un air malingre voire cadavérique, elle nous à rappeler que revendiquer c'est exister... Et par les temps qui courent... .../...
Il reste au moins une interprète de taille dans la chanson française. De sa seule prestance et présence Juliette nous a envoutés, reprenant Brel, Miossec, Ferré (et même Bourvil), mais à la Juliette. Forte , poignante, malgré un air malingre voire cadavérique, elle nous à rappeler que revendiquer c'est exister... Et par les temps qui courent... (regardez à droite !!)
Drôle de drame : la relève est assurée, et Juliette peut se reposer tranquille. Jean-Jacques, c'est son nom, ne manque pas de culot(te sous son kilt)... Une bassiste-choriste, une accordéoniste, deux guitares et une batterie rythme des textes intelligents, drôles, sarcastique, noirs aussi... A SUIVRE A TOUT PRIX
Juliette Gréco - 27.02.2004 - Olympia Juliette gréco vous offre sa voix, son âme, son amour... à vous, et à la poésie... la beauté, la légereté,la gravité des mots au pouvoir sans limites, qui peuvent vous rendre heureux,qui peuvent vous casser, vous angoisser, vous détruire, vous sauver, vous émerveiller, elle vous en fait don, à savourer infiniment...Et soudain vous êtes au coeur de .../...
Juliette gréco vous offre sa voix, son âme, son amour... à vous, et à la poésie... la beauté, la légereté,la gravité des mots au pouvoir sans limites, qui peuvent vous rendre heureux,qui peuvent vous casser, vous angoisser, vous détruire, vous sauver, vous émerveiller, elle vous en fait don, à savourer infiniment...Et soudain vous êtes au coeur de l'émotion, et vous voulez y rester pour toujours.
Pour Juliette, le texte n'est pas un prétexte à faire des vocalises, un support idéal pour mettre sa voix en valeur ( ce qu'il est pour la plupart des artistes aujourd'hui malheureusement), c'est elle qui en est la servante (comme elle le dit si bien d'elle-même...), et ce n'est pas un vain mot.
Et puis moi aussi ,Juliette je suis allée la voir après son récital. Un échange de regards, un sourire que je garde au plus profond de moi, et que la vie ne pourra jamais me reprendre... Réagir à cette critique