
Affluence inhabituelle ce soir à la Friche : ayant pris la précaution d’arriver à 19h30 soit une heure avant le show, je constate qu’il y a déjà énormément de monde devant la grille d’entrée et à l’intérieur.
Contrairement à ce qu’annonçait le libellé ce concert gratuit était donc tout sauf un
secret show et il y a certainement eu pas mal de monde qui du faire une croix dessus, des potes arrivés après 20h n’ont pu rentrer alors qu’ils étaient sur une liste d’invités, dur dur.
Par un stratagème assez honteux (« euh je bosse à Radio Galère, par où je rentre ? j’vais rater le début de mon émission ! »« Allez y monsieur c’est par là») j’arrive à éviter la queue et parviens à me faufiler dans ce qui avait tout l’air d’être une forteresse mais qui était juste une salle de concert dix fois trop petite pour accueillir rien de moins que la sensation électro de l’année.
Depuis leur remix de
Simian en 2003 au le succès de leur album sorti au printemps qui les a fait passer de hype à carton populaire, à peu près tout réussit à
Gaspard Augé et
Xavier De Rosnay, les deux gars connus sous le nom de
Justice, ça s’est vérifié ici avec un plébiscite à faire pâlir jusqu’à Rachida Dati.
L’attente du duo fut longue mais pas nécessairement désagréable.
Pika le dj résident du
Studio 88 fait patienter les fans avec du lourd, comprenant des remixes percutants de
Gorillaz, Nirvana, The Gossip, Bloc Party… et tout plein de choses saturées pour faire monter la pression.
21H40, les voilà enfin sous une ovation aussi assourdissante que du premier titre, le
« Phantom » encore plus terrifiant que sur disque, avec ses infrabasse malmenant une B.O. d’un film d’Argento.
Suivi peu après d’une version inédite de leur single
D.A.N.C.E., on y entend d’abord la chorale de gamins seulement accompagnée d’un piano puis boum, le pilonnage continue.
Les titres se suivent et l’ambiance ne retombe que lors de brèves interludes, avec pas mal de moments forts comme cet accapella de
«Skitzo dancer» de leurs amis
Scenario Rock (titre qu’ils ont remixé, tandis que le chanteur prête sa voix à
« DVNO ») au sur le vrombissant
« Let there be light », les beats concassés de
« Stress » et bien sûr, le numéro 1 à l’applaudimètre et repris en cœur,
« We are your friends », la boucle est bouclée.
Dans le morceau au rappel avant leur version du
« NY excuse » de
Soulwax l y avait à un moment donné des guitares furibardes que ma maigre culture hard rock ne m’a pas permis de reconnaître (à moins que ce soit un nouveau titre), mais ç’en a défrisé plus d’un.
Alors oui on peut tiquer sur le tout marketing de l’ensemble (housses de téléphone offertes à l’entrée, affiches à la sortie), le buzz, les looks stéréotypés d’une grande partie du public (casquette pour les mecs, frange pour les filles, pas tellement vu de crêtes par contre), mais quelle joie franchement de passer une telle soirée qui plus est offerte en milieu de semaine, on en redemande.