Concert : ARKOL’, ZORNIK, LTno, KAOLIN
Date : 18 mars 2004
Lieu : Le Splendid (Lille)
Simplicité, authenticité, complicité : voilà ce que je retiendrai de cette formidable soirée (désolé pour les rimes en « -é »). Pour cette deuxième et dernière soirée de la toute 1ère édition du festival POP-ACCESS, qui aura vu défiler la veille les lillois de GuMMa, les belges de Girls In Hawaï et le canadien Hawksley Workman, c’est à des shows assurés par des artistes aussi jeunes que prometteurs, auxquels j’ai eu le privilège d’assister avec une centaine d’autres personnes.
Les cinq membres du groupe français ARKOL’ ouvrirent le bal à 19h, nous faisant découvrir leur 1er album « Vue imprenable ». Leur musique pop-rock est à la fois tranquille et entraînante, et certaines mélodies au piano rappellent la fougue des bretons du groupe Merzhin. Leurs riffs accrocheurs accompagnés de paroles simples et directes font que leurs compositions s’enchaînent en autant de tubes imparables dont on ne se lasse pas, à l’image de « J’ai changé d’avis » et de « Vingt ans », promettant à cette jeune formation un avenir certain sur les ondes FM.
Puis à 20h, c’est au tour des trois belges de ZORNIK de venir occuper la scène du Splendid ; les français d’ARKOL’ nous ayant rejoint dans le public. Pour leur tout premier concert en France, ils peuvent être satisfaits : leur musique légèrement plus nerveuse, mais tout aussi efficace, et enrichie par de beaux arrangements samplés, fait l’unanimité dans la salle. Et après 50 minutes de concert, ils quittent les planches devant un public conquis.
La suite de la soirée est assurée par le groupe français (installé aux Etats-Unis) LTno : 4 musiciens complètement frappés, dont l’attitude laisse le public plutôt dubitatif. Il n’y a qu’à juger de leur mise en scène : une batterie intégralement recouverte de poils de mammouth, la bandoulière de basse couverte de plumes blanches, un batteur vêtu d’un unique string et un chanteur au look androgyne, jouant l’équilibriste sur la grosse caisse de batterie. Côté son, les LTno jouent une espèce de rock industriel à la Marilyne Manson, reprenant même le tube « Boys, boys, boys » dans une version metal indus. Mais, le décalage par rapport aux deux groupes précédents est trop grand, et l’on se demande si les applaudissements du public sont vraiment sincères. A propos, le chanteur interpellera à plusieurs reprises le public, critiquant sa passivité et finira même son show dans la fosse, gesticulant de manière bien pathétique au milieu de personnes pour la plupart (il faut l’admettre !) non conquises par cette musique, qui pour ma part n’avait absolument pas sa place dans un festival pop-rock à l’esprit simple et naturel.
Mais dès la fin de la prestation de LTno vers 22h15, tout le monde ne pense et n’attend qu’une seule chose : l’arrivée du quatrième et dernier groupe de la soirée, la tête d’affiche, le groupe français le plus prometteur et le plus doué du moment, j’ai nommé…KAOLIN. Et durant le quart d’heure de pause, les 4 membres du groupe préparent leur matos dans la bonne humeur : Olivier Valty monte sa batterie et installe son xylophone (« Caraïbes » n’est pas loin…), Julien Cantillon et Ludwig Martins branchent chacun à l’une des extrémités de la scène leurs guitares et pédales à effets, et Guillaume Cantillon accorde sa basse et teste son micro. 22h33 précises, les lumières s’éteignent…le voyage dans leurs « criques » peut commencer. Je ne pourrai pas vous dire par quel titre ils ont débuté leur prestation, tellement j’ai été absorbé par leur son (comme tout le public d’ailleurs !). Néanmoins, je peux vous assurer que pendant 1h20, les 4 originaires de Montluçon ont interprété quelques titres de leur premier opus « Allez » et pratiquement l’intégralité de leur nouvel album « De retour dans nos criques ». Leurs compositions, toutes chantées en français, mêlant la nervosité électrique digne de dEUS et les ambiances intimistes venues d’ailleurs chères à Mogwaï, assurent à KAOLIN une place unique et nouvelle dans le paysage musical français. Alors si vous ne les connaissez pas encore, je ne peux que vous pousser à vous intéresser au plus vite à ces quatre jeunes gens, avant qu’ils ne deviennent mondialement connus et, de fait, de moins en moins accessible (je vous assure, ce groupe a un putain d’avenir devant lui !).