Entre chanson grinçante, guignolades pas si innocentes et rock hormonal électrisant, le répertoire de Karma Cramé vous ballade de la fraîcheur acoustique de la contrebassine au côté obscur des distorsions sur fond de boîte à rythme, en passant par les sonorités caressantes de duos guitare-basse. Ils sont les rejetons improbables de Brel, de Tom Waits, des VRP et des Béru.
Karma Cramé - 06 juin 2008 - Réservoir
Je me faisais une joie de redécouvrir Karma Cramé ce soir car la dernière j'avais du partir de la Machine avant qu'ils ne virent à l'électrique ... ce qui n'avait apparemment pas fait l'unanimité. Sauf que je n'avais pas réfléchi au fait que au Réservoir il y avait peut de chance que ce soit terriblement électrique. Pas grave j'ai quand même .../...
Je me faisais une joie de redécouvrir Karma Cramé ce soir car la dernière j’avais du partir de la Machine avant qu’ils ne virent à l’électrique … ce qui n’avait apparemment pas fait l’unanimité. Sauf que je n’avais pas réfléchi au fait que au Réservoir il y avait peut de chance que ce soit terriblement électrique. Pas grave j’ai quand même passé un bon début de soirée …
Rejoignant des gens que je ne connaissais pas bien et ne voulant pas faire l’asocial j’ai donc raté le set d’Alex qui ouvrait … et ne pourrait pas en dire grand-chose en dehors du fait que c’était assez engagé (et que le Alex officie aussi dans la Krorale)
Lorsque Karma Cramé a attaqué nous avions fini l’assiette charcuterie / formage donc nous nous sommes approché. Contrairement à Leute, ils jouaient cette fois dans la cour, qui bien qu’à ciel ouvert était particulièrement enfumée (disons plutôt que les deux personnes à côté de moi fumaient donc que j’en prenais plein la tête et donc les poumons).
Karma Cramé c’est donc Blah Blah de On Vend la Caravane (donc Hervé sans Julien) à la contre-bassine, et Vlad (ex Professeur Sombre, David de son prénom) à la guitare …. Ça lorsque c’est Vlad qui chante son répertoire. Et lorsque c’est Hervé qui chante le sien, alors ils échangent et c’est lui qui prend la guitare et David qui prend la basse (électrique).
Etant fan de leurs répertoires respectif j’ai passé un très bon moment comme je le disais et suis parti pendant La Piscine Municipale (comme la dernière fois à la Machine sauf que cette fois ils l’ont jouée beaucoup plus tard) pour aller faire un tour au Poste à Galène avant de revenir à la Fête du Soleil. En fait cette chronique n’a pour seul but que de vous encourager à venir découvrir ce groupe fort sympathique si vous aimez la chanson type VRPs c'est-à-dire humoristique mais souvent noire ; ainsi que ce lieu non moins agréable à deux pas de la Canebière !
KarmaCramé - 10 Mai 2008 - Little Pub Marseille Ce soir là
la lune était à l'Ouest
à coté de la planète Mars
Oui
Lune montante
planète rouge
Sainte Cécile
plane sur la ville
GRAND MOMENT au little pub
deux guitares
une basse
une contrebassine
des mélodies fruitées comme un cubi bien frais
fruit rouge sur fruit rouge
fruit noir sur fruit noir
des textes assortis
loin du .../...
Ce soir là
la lune était à l'Ouest
à coté de la planète Mars
Oui
Lune montante
planète rouge
Sainte Cécile
plane sur la ville
GRAND MOMENT au little pub
deux guitares
une basse
une contrebassine
des mélodies fruitées comme un cubi bien frais
fruit rouge sur fruit rouge
fruit noir sur fruit noir
des textes assortis
loin du simplisme lénifiant & de leurs dérivés
réchauffés
bien-pensants
& avenants
dont on nous rebat les oreilles
loin du simplisme navrant
& bien ancré
de ceux qui ne veulent pas se prendre la tête
avec une énergie pêchue
les univers des Karmacramé nous en ont fait voir de toutes les couleurs
et surtout
des vertes
et des pas mûres
et des facettes
d'émeraudes
Oui
Cultivant un maximalisme distendu aussi véner que jouissif, Karma Cramé en formation power acoustique a tout déchiré.
Un 10 mai qui m'a laissé sans voix. Réagir à cette critique
Karma Cramé - 17 Avril 2008 - Machine à Coudre - Marseille Franchement, c'est cette soirée qui était bien. Maison rouge en première partie : un groupe participatif, des arrangements chiadés sur des textes très bien écrit. Le public était au rendez-vous (21h c'est 21h!).
Karma Cramé c'est pareil dans un style plus....direct ! VRPesque en début de concert, puis de plus en plus électrique. Ils ont .../...
Franchement, c'est cette soirée qui était bien. Maison rouge en première partie : un groupe participatif, des arrangements chiadés sur des textes très bien écrit. Le public était au rendez-vous (21h c'est 21h!).
Karma Cramé c'est pareil dans un style plus....direct ! VRPesque en début de concert, puis de plus en plus électrique. Ils ont fini la soirée très "machine à coudre" : punk !
>> Réponse (le 25/04/2008 par Berju) C'était très bien : ambiance survitaminée, humour, présence, morceaux bien variés. Franchement, pour juste deux gars sur .../...La suite
Une fausse manoeuvre nous ayant fait effacer toutes nos photos de la Fête de la Musique, c'est tout dépité qu'on a bêtement pas pris d'appareil pour cette Fête du Panier ni pour la Fête Bleue. Et pourtant à la lecture du compte-rendu par la Provence de ces deux événements, on se sent bien obligé d'allumer un petit contre-feu. Y'a plus qu'a espérer qu'une bonne âme nous en fera parvenir, des photos !
Acte 1 : Fête de la musique - dans un grand brouillard de merguez et de décibels
Un certain masochisme récurrent nous conduit chaque année a faire une dizaine de fois le tour de la Plaine à la recherche du concert perdu, cette année comme les autres. A vrai dire c'était comme toujours, à la fois charmant et crispant. Crispante, la musique jouée à fond par des baffles surpuissants et dont tant de gens se contentent (mention spéciale au moulon au carrefour du Champ de Mars) : au delà d'un certain taux de rhum la plupart des gens n'ont plus besoin que d'un son de salsa, ils se dandinent en ricanant et se foutent pas mal d'avoir ou non des musiciens - c'est bien triste et, au nom de LiveinMarseille, je désapprouve fortement ! Voilà des gens qui méritent bien l'Univers Sale que leur prépare l'industrie du disque.
Charmant par contre, tous les petits groupes qui s'évertuent à perpétuer la tradition jacklanguienne et que j'ai la flemme de référencer tous : les fameux djembés relous du cours Julien, le groupe de jeunes punks reprenant du Nirvana au même endroit (et dont le micro du chanteur ne marchait absolument pas), ou encore devant le Pub Notre Dame, le fameux groupe de rock-à-la-con-qui-donne-des-envies-de-meurtre, en enchaînant le terrible diptyque Quelque Chose en Toi / Sunday Bloody Sunday (ce qui réveille immanquablement en nous des envies de casser quelque chose de beau). S'étant emparé des désormais fameux samossas de la Place Paul Cézanne (déjà repérés lors de la Fête de Noailles), on a donc prudemment fui avant Roxanne...
Sinon et pour notre grand plaisir, c'est aussi la fameuse soirée où la Maison Hantée rouvre ses portes de métal ajouré (voir en bonus infra, la chronique du restaurant). On y passe à plusieurs reprises entre deux concerts, croisant des punks aggravés et qui désespèrent de voir un bon concert (quand ça veut pas...), sauf à un moment où les Menpenti y jouent, aussi fort que d'habitude (mais avec un son bien pire). Ambiance sympa mais réellement dangereux pour les oreilles, on a pas tenu... Et c'est un adepte de cette musique qui vous le dit !
Et puis on a enfin vu les Dirteez, groupe qu'on ratait avec une belle régularité depuis une décennie : un groupe de rockabilly pétaradant et Crampsieux ,chantant dans un micro vintage de toute beauté devant le Cosmic'Up ! A signaler, l'attitude parfaite de crooner décalé du chanteur, impassible devant le passage de flots de gens qui bien souvent cédaient à la tentation de chanter avec lui, et les poses terriblement lascives de la guitariste Wild Cat Lou. Grande classe. Incontestablement notre coup de coeur de la soirée.
Celle-ci s'est d'ailleurs finie en constatant tristement qu'il y avait au monde des filles qui, non seulement se faisaient taper dessus en public, mais en plus aimaient ça : même à plusieurs, il n'y a pas eu moyen de séparer la malheureuse demoiselle au nez déjà ensanglanté de son futur bourreau potentiel - l'amour rend décidément les gens bien stupides, il était temps de rentrer.
Acte 2 : Fête du Panier - la réconciliation
Après qu'elle ait été successivement annulée puis ratée (par nous), retour au quartier aux 2600 années et autant de ruelles. Comme l'a pronostiqué La Provence (qui a fait l'incroyable effort de passer voir un défilé de mode dans l'après-midi), la fête a duré jusqu'à très tard (même fatigué on y a quand même tenu jusqu'à minuit et demi, soit le minimum syndical pour une chronique !).
On y a notamment écouté avec plaisir rue Caisserie, un désinvolte et explosif duo (Karma Cramé) contenant de vrais morceaux d'On Vend la Caravane et la totalité de Vlad dedans : guitare et contre-bassine de bon aloi, chansons décalées et marrantes, et vas'y que j'te reprenne l'Homme à la Moto de Piaf comme si de rien n'était. Un vrai petit moment de bonheur qu'on a squatté bien plus longtemps que prévu, ratant magistralement The Jack place des 13 Cantons (qui avaient pourtant l'air de plaire à la foule) !
On a également croisé à plusieurs reprises une très bonne Batucada tout de rouge vêtu, qui a d'abord joué place du Refuge, avant de s'aventurer dans les rues et de déclencher des embouteillages dignes du chantier du tram. Ainsi que, au rayon embouteillages, deux énormes poissons rampants (à moins que ce ne fut des cafards ?) et une inquiétante et magistrale bestiole montée sur échasses.
Au rayon têtes d'affiches, un certain Akli D Place des pistoles, pratiquant une world music (gitan/zouk/jazz and co) de qualité avec des lumières soignées (mais les bières étaient vraiment trop chères pour envisager d'y rester longtemps), et puis les amusants Brassens En Afrique place de Lenche, qui font exactement ce que leur nom indique. On y a tapé dans les mains sur des rythmes chaloupés en chantant Pauvre Margot et autres classiques, tout en repoussant les assauts de l'affreuse patronne de resto qui voulait nous chasser sans cesse de sa terrasse.
A signaler aussi Place des Moulins, outre l'excellente projection de Tabasco Video qui parlait avec humour de tri sélectif, d'égalité des sexes, de vie du Panier et du clip de la Mamie Rap... On a écouté un petit bout d'un groupe formé d'un guitariste quadra reprenant du Hendrix et d'un jeune joueur de djembé, pour une fois incroyablement talentueux ! Le minot (allez, je vous le fais à 12 ans maxi) s'est ainsi lancé dans un solo de djembé qui était à la fois technique, varié et artistique : la classe totale. Il faut le signer tout de suite parce que s'il persiste, dans 10 ans ce sera le Guem blanc ! Quand on pense au nombre de gens qui nous les brisent avec le même instrument et avec 10 ans de plus ...
Ayant bouclé le tour du Quartier par une 2ème vodka tagada, et n'ayant plus la force de goûter à tout ce qui avait l'air bon (un habitant sur deux du Panier a fait la cuisine ce soir-là, c'était littéralement la foire aux accras et aux samossas !), il faut avouer que le courage nous a manqué pour remonter les Accoules et repartir pour un tour - mais si quelqu'un est resté plus tard, sa réaction est attendue pour décrire la suite de la soirée !
Acte 3 : La Fête Bleue - Peut-on pouffer ?
Décidément la couleur bleue a du souci à se faire. La vague bleue n'avait déjà pas eu lieu à Marseille il y a une semaine. La fête du même nom sur le Vieux-Port ? Une sono louée, un DJ au nom improbable, une pauvre guinguette La Cagole, des étudiants en commerce aux t-shirts sponsorisés, quelques animateurs tentant de retenir les gens (qui allaient ...au Panier) en leur mettant du bleu sur la figure...
A se demander qui à la Mairie a payé pour cette triste animation sans caractère : même les grands assemblages de ballons bleus avaient du mal à tenir sous le vent et ressemblaient à de pauvres érections chancelantes. La Provence qui a tout de même dépêché deux personnes pour couvrir l'événement a écrit qu'il y avait un millier de personne (en effet, c'est environ ce qu'il y a sur le Vieux-Port un samedi soir ordinaire) et surtout, que la fête a duré "jusqu'à 2 heures du matin". Manque de bol nous sommes passés à 0 h 40 et c'était déjà plié/rangé. Rien que pour ça on se dit que certaine presse régionale mériterait de crever tant elle se fout du monde.
Conclusion : Jean-Claude, si tu savais, tes fêtes, tes fêtes ...
Pour conclure sur ces trois fêtes : le peuple de Marseille a encore démontré avec brio qu'il était tout à fait capable de produire du lien social et du divertissement, que ce soit de façon plus ou moins anarchique (Fête de la Musique), ou plus ou moins subventionnée (Fête du Panier). La seule façon dont ça ne marche pas par ici, c'est quand c'est juste une Fête ...achetée. Belle leçon non ?
Bonus : La Maison Hantée, le restaurant le plus effrayant de Marseille (chronique de resto postée sur LiveinMarseille en 2004)
Même si vous connaissez très peu les ruelles autour du Cours Julien, vous êtes probablement déjà passé (au moins pendant un Fête de la Musique ou du Plateau) devant la Maison Hantée, rue Vian. Sûrement l'une des plus belles ruelles du quartier concernant ses grafs splendides, en tout cas la plus intéressante pour ce qu'elle contient. Notamment le Vidéodrome, le Théatre Athanor (géniale troupe que je recommande chaudement en passant) et ... la Maison Hantée !
De dehors, les (trop rares) soirs de concert, l'entrée de la Maison Hantée ressemble un peu à celle du restaurant mexicain d'Une Nuit en Enfer : sous des sculptures de créatures grotesques, les lourdes portes de métal ouvragé vomissent sans cesse des hordes d'affreux monstres chevelus ou rasés, ainsi qu'un flot continu et atroce de décibels et de fumée.
Selon vos affinités vous vous êtes donc rué dans ce cadre joyeusement gothique, morbide et kitsch, à la recherche du headbang ultime, celui du Temple des concerts de metal, punk-rock et autre thrash... Ou bien vous avez fui pour sauver vos oreilles et votre vie. Bref vous devez forcément vous souvenir de votre dernière visite, que ce soit avec délectation ou avec horreur...
Mais saviez-vous qu'on y mange aussi ? Eh oui, ça peut surprendre comme ça, mais quand il n'y a pas de concerts la salle reprend une forme presque humaine, avec un billard et des tables. Il y a une carte de choses appétissantes, petite mais économe, et des grandes tables à l'étage pour y venir à plusieurs.
Evidemment personne ne sait selon quels rites païens les cuisiniers, sans doute des monstres féroces et cannibales, adorateurs de Marylin Manson (et donc de Satan), préparent la superbe daube provençale. Quels terribles sacrifices font-ils donc, et à quel sinistre dieu pré-colombien, pour préparer de si belles alouettes (sans têtes, les alouettes, comme par hasard) ? De quels malheureux ex-staracadémiciens a-t-on haché la viande pour préparer ces lasagnes diaboliques ?
Dans quel autre restaurant peut-on regarder une projection sur écran géant d'un DVD de Metallica ou de clips punk tout en mangeant ? Nulle part ailleurs, évidemment. Mais n'est-ce pas en fait pour couvrir les hurlements venant de la salle de torture ? L'apparemment innocente et aimable serveuse (patronne ?) n'est-elle pas en réalité, comme je le soupçonne, une grande et cruelle prêtresse vaudoue ?
Je crois qu'ici, il vaut mieux ne pas poser trop de questions, que la Maison soit Hantée, ca ne fait aucun doute... Quoi qu'il en soit, si l'on ne pose pas de question, on y mange une cuisine familiale et sans façons, pas chère, elle est servie avec une extrême sympathie, à toutes les heures où l'on peut avoir faim dans la nuit ! Elle s'accompagne de petits pichets de vins sympas et des bières habituelles du lieu.