D'entrée de jeu, laissez-moi vous dire que ce 22 mars 2005 restera une date importante de l'année 2005 des concerts parisiens, et ce à plusieurs titres. Tout d'abord, parce que Keane est sans doute le groupe révélation de la "saison 2004-2005" sur la scène pop-rock internationale. Ensuite, parce que ce concert tant attendu (sold out depuis 3 mois, j'ai d'ailleurs une pensée pour les pauvres Ebayeurs qui ont baillé plus de 50 euros de leur poche pour voir le phénomène!) a tenu toutes ses promesses et a même été au-delà de mes espérances pour ma part.
Enfin, parce Keane est le dernier exemple en date de l'amour fou entre la France et la brit-pop imparable enfantée par les énormes Coldplay, qui se produiront également dans cette salle mythique de l'Olympia en juin.
Mais qu'on soit clair, il faut arrêter cette comparaison incessante entre ces 2 groupes, qui ont chacun leur propre univers musical et artistique, même s'il est vrai qu'il est très proche sur certains points (notamment le fait de militer pour 1 cause pacifique ou encore le visuel des jaquettes).
Et bien sûr des influences comparables, mais la comparaison doit s'arrêter là. Laissons Keane profiter pleinement de sa reconnaissance tant méritée à l'heure actuelle qui ne doit rien à personne.
Pour revenir au concert lui-même, nous avons eu le droit à une agréable première partie, en la personne de Rufus Wainwright et de sa bande de musiciens bobdylaniens.
Il accompagne Keane sur toute sa tournée européenne et s'est fait un nom en Angleterre depuis 1998, où il est considéré comme une valeur sûre de la pop anglaise, mais dans un registre différent de celui de Keane, plus dans celui de la "pop-opéra" piafienne aux accents folklo rappelant parfois Dylan.
En effet, Rufus a démontré tout au long du concert son amour pour la France et le sérail du cabaret parisien, avec notamment une reprise d'Arletty, "Coeur de Parisienne".
Pour le reste, une large part du set était consacrée à son dernier album, "Want Two", qui avait l'air de faire l'unanimité auprès du public. Bref, un bon moment pour nous mettre en appétit avant le plat de résistance.
Et puis vient le changement de matériel qui vient marquer l'entracte d'environ 20 minutes, ce qui suscite l'éternelle impatience du public après les premières parties en général.
Et d'un coup, la magie prend le pouvoir dans l'Olympia: les lumières s'éteignent, Tom Chaplin, Tim Rice-Oxley et Richard Hughes (le sosie de Johan Micoud pour les footeux qui le connaissent!) qui arrivent en héros sur la scène en saluant le public chaleureusement pour s'être déplacé ce soir.
Et là, tout s'enchaîne très vite et on ne voit pas le temps passer (comme d'habitude...).
Entonnant les premières notes de "Can't Stop" après les salutations, le public pousse déjà les premiers cris d'hystérie qui seront légion tout le concert!!
Toute la rafale de tubes de leur premier album "Hopes & Fears" y passe : (pendant laquelle l'Olympia se transforme en remake des Choristes chantant du Keane à pleine voix!), "Your Eyes Open", "Bend and Break" (un pur moment de bonheur), "She Has No Time" (tout simplement magnifique), l'hymne du groupe "Somewhere Only We Know" (déclenchant l'hystérie des groupies et de tout le public en fait) qui viendra à point nommé dans le set, "This Is The Last Time" et "Bedshaped", les 2 derniers singles en rappel qui ont scotché l'Olympia.
Et cerise sur le gâteau, Keane, après avoir demandé son avis au public, nous a joué 2 titres inédits, qui figureront probablement sur le nouvel album et sur lesquels Tom accompagne Tim au clavier, en début de set.
Sans oublier la face B "Allemande" en rappel, apparemment inconnue de la majorité du public, chanson au refrain frénétique.
Pour résumer, un Keane au top de sa forme, très proche de son public (combien de fois Tom a t-il remercié le public de l'Olympia!) et une harmonie parfaite entre les 3 complices, complètement investis chacun dans leur rôle.
Un moment inoubliable pour un groupe à l'avenir international flamboyant (ils font déjà salle comble aux Etats-Unis!) et qui a redonné ses lettres de noblesse à la pop anglaise du 21ème siècle.
Are you keen on Keane? Yes, I am.