Keden (**) : Desservi par des balances catastrophiques (Chant très en avant, guitares et clavier basse très en arrière) le groupe ne m’a pas convaincu : le chant en français manque de conviction et/ou de mélodies, les riffs me semblent inutilement compliqués ; Keden joue un rock pas tout à fait énervé, ou peut être une pop pas vraiment mélodique.
Pourtant le groupe joue très bien, il n’est pas une « copie de » comme tant d’autres et n’est pas désagréable. Bruno (Chant), avec ses airs « peace and love » 70 ‘s, s’adresse régulièrement au public (peu réactif) et ponctue le concert de courtes explications de texte. C’est plutôt sympa et sans prétention. Norbet (guitare), Fred (Basse electro) et Johan (batterie) sont plus en retrait, concentré sur leur instrument mais visiblement « dedans ».
Malgré tous ces efforts, Keden ne me passionne pas et me procure autant d’émotion qu’un Daran, ou qu’un Matmatah…. Question de goût probablement.
Arrivent les
Walter Mitty (***) qui s’ils naviguent en territoire (trop) connu (ah Muse quand tu nous tiens), ont le mérite de très bien composer leurs chansons et de les interpréter avec un bon goût certain.
Le chant, dont les mélodies rappellent
Jeff Bucley,
Muse ou
Radiohead (époque
The Bend) est très bon. La guitare, digne des références du genre, est simple et élégante (Une Rickenbecker, c’est toujours classe !).
Les lignes de basse sont suffisamment plombées pour tenir les chansons dans la bonne direction (pas question de dérive variétoch’) et les rythmes de batterie peuvent se montrer inventifs.
Reste que pour que le groupe soit vraiment intéressant il lui faudrait se démarquer plus franchement de ses influences : difficile de faire une chronique sans systématiquement mentionner
Muse. En outre, si Cédric (chant) s’en sort bien dans sa façon d’occuper la scène, Stéphane (basse) semble, lui, un peu perdu … un manque de conviction sans doute lié à un public trop clairsemé.
La soirée est bien avancée lorsque les
Layne (****) prennent possession de la scène. Si le groupe revendique ouvertement des influences de la scène Seattle des années 90 (
Nirvana,
Soundgarden,
Alice In Chains,
Mudhoney …), il s’en dégage une vraie personnalité.
Le chant d’ Hervé Hervé (oui c’est comme ça qu’il s’est présenté) très doux ou très éraillé dégage une émotion palpable ; ses mélodies d’écorché vif sont tout à la fois rock et pop, comme pouvaient l’être celles d’un certain
Kurt Cobain.
La batterie est particulièrement mal traitée par un David David (oui oui …) qui fait preuve d’une dextérité et d’une inventivité étonnante ! La basse de Stéphane Stéphane (dans le texte) martelée avec force de conviction, permet de faire le lien entre une guitare plus légère et une batterie de plomb.
Les trois
Layne, sont très à l’aise sur scène, l’espace est occupé naturellement et simplement. Hervé Hervé me fait penser à un gamin émerveillé qui n’en revient pas d’être sur scène. Quelques improvisations Noisy du plus bel effet finiront de nous flinguer les oreilles. On ira, une fois de plus, se coucher avec des cigales dans les oreilles, mais heureux d’avoir été des cinquante ou soixante personnes présentes ce soir là au Poste à Galène …
Photos Pirlouiiiit qui a raté Keden pour cause de ce maudit Cap'tain Carnasse