Si les marseillais amateurs de rock indé déplorent régulièrement le peu de concerts de groupes internationaux, ils sont néanmoins chanceux comparés aux inconditionnels de hip-hop.
On a de temps en temps eu de beaux plateaux underground mais peu de pointures du rap US (qu’on dit ingérables, aux caprices coûteux, annulant une fois sur deux) dans le coin, même si depuis quelques mois la tendance est en train de s’inverser grâce notamment à des gens motivés comme
Ex Production qui avaient déjà eu les balls de faire venir
Mobb Deep dans ces mêmes lieux .
Après
Nas et avant
Snoop Dogg c’est donc le New Yorkais
Method Man qui crée l’évènement ce soir dans une salle très bien remplie (une bonne demi heure de queue avant de récupérer les précieuses invits) et pour le moins surchauffée.
Contrairement aux deux rappeurs précités, la star de ce soir n’a jamais eu de hit single en France mais est mondialement connue par les fans du collectif
Wu Tang Clan dont il est une des pièces maîtresses.
Lorsqu’on s’infiltre dans la foule,
Puissance Nord a juste le temps de dire au revoir et c’est l’impayable
Bouga qui se charge, très laborieusement de nous faire patienter à coup d’invectives particulièrement foireuses et bien logiquement sifflées voir conspuées, il faut dire que certains sont là depuis déjà 2 heures, et ce ne sont pas les sons bien putassiers (tubes FM et hymnes de pacotille marseillais) lancés par
Dj Daz qui vont atténuer l’impatience générale.
Mais vers 23 heures une silhouette capuchée au timbre rocailleux bien familier déboule tel un rouleau compresseur et la fête peut vraiment commencer.
On aurait pu craindre que ce grand amateur de blunts se présente mollement et n’assure que le minimum syndical, il n’en sera rien, la prestation est de qualité, à la fois rageuse et funky, il bouge dans tous les sens et n’hésite pas à descendre dans la fosse, un vrai showman ce
Method Man !
Les morceaux de bravoure ne manquent pas, que ce soient ceux de ses albums solo (
« Sub crazy », « Judgement day », le sensationnel
« Da rockwilder ») ou les grands classiques du
Wu :
« Wu Tang Clan ain’t nuthin to fuck with », « Do you really », « M.E.T.H.O.D.M.A.N. »…
Il se fendra même d’une reprise du
« Shimmy shimmy yo » du regretté
Ol Dirty Bastard disparu l’an dernier auquel un hommage est rendu avec un t-shirt
« Rip ODB » et ses initiales scandées par le public.
Public auquel il convient de saluer la ferveur impressionante : ça crie, ça chante, ça lève les bras, ça fait des W avec les doigts, les b-boys et b-girls (pas très nombreuses mais bon) étaient à la hauteur de la générosité scènique du bonhomme.
Dépendant des transports en commun (qui ferment décidément trop tôt) on quitte cette chaude ambiance avant la fin avec la banane (
«This shit is b.a.n.a.n.a.s. » comme dirait l’autre) et juste quelques bémols : un son pas toujours au top, titres pas joués en entier, et un peu trop de
call and response, mais bon en concert les Ricains nous ont habitués à ces méthodes, man.
Photos Pirlouiiiit qui arrivé presque a l'heure a beaucoup apprecié le set de Keny Arkana