LA FRIDA KAHLO DU HIP HOP
Pour ceux qui n'ont jamais vu
Keny sur scène, sachez que ce n'est pas pour rien qu'elle a trouvé son premier public à la Friche à 15 ans en micro ouvert.
Samedi 28 octobre à l'Affranchi, une salle comble a pu assister, entre deux prestations, bonnes mais plus courtes, de
Mino et
Berretta, à une heure de folie souriante et bondissante, selon la recette imparable de la nouvelle égérie du rap marseillais.
Avec son bandeau blanc sur les cheveux, dans un excellent duo huilé avec son complice et backer
MC Ray,
Keny a gratifié un public très réactif d'une série de titres de sa mixtape
L'Esquisse et de l'album
Entre ciment et belle étoile (parution mars 2006).
Debout poing levé, ou assise à côté de
DJ Trunk ayant troqué un instant ses platines pour une guitare accoustique,
Keny fait preuve d'une présence unique : l'énergie de cette voix, le sentiment saisissant qu'il y va de quelque chose de vital vous colle la chair de poule du début à la fin du concert.
On reproche parfois à
Keny Arkana ses revendications politiques un rien naïves : mais toute l'intensité de son rap provient justement de cette rage désespérée de changer le monde--en commençant, comme elle aime le rappeller entre deux titres,
"par se changer soi-même". Pas si naïf finalement, comme programme. Et plutôt noble comme aspiration, après tout.
Nul doute que
"le missile est lancé", reste à savoir jusqu'où il va aller. On voit mal en tout cas ce qui pourrait freiner la belle détermination de ce tempérament hors du commun.