Après l’époustouflant concert de Dominique A. en solo en novembre, c’était au tour de Keren Ann et Sébastien Martel de fouler la scène de la salle Animatis d’Issoire.
La prestation de Sébastien Martel a interpellé le public, applaudissant généreusement et claquant des doigts quand l’artiste le suggérait…
Il faut dire que ce jeune homme humble, discret et souriant bénéficie de tous les atouts pour plaire ; il compose en effet avec Frank Monnet, Fred Poulet et la poétesse anglaise Francesca Beard des morceaux fins et originaux où le blues, le jazz, la pop et le ragtime se mélangent harmonieusement. Il fait l’effort de communiquer avec le public et de traduire les paroles écrites en anglais pour les petits bijoux que sont Silver ou Shave alone. Enfin, il a pris soin de s’entourer de musiciens sobres et talentueux qui enrichissent l’instrumentation avec une basse, une flûte traversière ou une multitude d’instruments bizarres. Le premier E.P. de Sébastien Martel, Mini Ragalet, est disponible depuis novembre 2002, il devrait être suivi prochainement par un album qu’on se fait déjà une joie d’écouter !
Malgré quelques signes de mauvaises humeur - l’annulation au dernier moment du show case prévu à 13h à Clermont-Ferrand (sympa !) et un problème de son persistant - ; Keren Ann et ses musiciens ont une fois de plus prouvé leur talent !
Si un sifflement rappelant le bruit d’une machine à laver en train d’essorer a un peu gâché certains moments intimistes, le public, très enthousiaste et chaleureux, n’a pas manqué d’apprécier la voix sensuelle et troublante de Keren Ann. Entouré par des musiciens classieux, la chanteuse française aux origines hollandaises et israéliennes a bien sûr interprété des titres extraits de La biographie de Luka Philippsen et La disparition mais aussi de nombreux morceaux en anglais qui prendront place sur le nouvel album – très attendu ! - à paraître avant l’été.
L’assistance, conquise, a pu assister à un spectacle varié, chaque chanson bénéficiant d’un traitement adéquat. Si la sobriété était de mise pour les chansons les plus intimistes, certains morceaux bénéficiaient d’un instrumentation luxuriante avec trompette, clarinette, claviers et guitare électrique plus présente…
Après une démonstration de mime assez drôle du pianiste sur Décrocher les étoiles, quelques pas de danses de Keren Ann sur La disparition et un duo très réussi avec Sébastien Martel, c’est à regret qu’on quitte le merveilleux monde Keren Ann !