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Keren Ann

Espace Julien Marseille   26 janvier 2003

Concert à ne pas manquer

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    Un concert un dimanche à 18h, dans un Espace Julien rempli de chaises, voilà qui est peu banal. Je suis arrivé accompagné de ma moitié avec 3 quarts d’heure de retard pour un concert intimiste, splendide de Keren Ann. Malheureusement, il fallait arriver à l’heure pour pouvoir assister à la première partie assurée par Sébastien Martel. Du coup, on a rien vu du tout.
    Le temps de s’installer dans un p’tit coin encore libre, de prendre une petite binouse et le concert débute déjà. Keren Ann entre sur scène accompagnée de ses 5 musiciens « hors-pair » (David Maurin, un batteur véritablement excellent, tout en finesse et en touché ; Nicolas, un très très bon trompettiste ; Pascal, guitariste au jeu impressionnant, plein de petits soli, jamais trop extravagants ni trop longs ; David, celui-ci au clavier, ajoutant les nappes envoûtantes terriblement efficaces et pour finir Laurent Vernerey qui passe de la basse à la contrebasse avec une facilité déconcertante). La prestation démarre très fort avec 2 morceaux issus du 1er opus de la belle, La biographie de Luka Philipsen , à savoir Les mercenaires et Reste-là, interprété exactement comme en studio. Ensuite les morceaux s’enchaînent sans se ressembler car soit ils sont interprétés presque à l’identique de l’album soit au contraire ils sont totalement remaniés. Ainsi des morceaux qui n’avaient pas réellement retenu mon attention jusqu’alors comme Seule, Le sable mouvant ou Sur le fil, m’ont littéralement séduit en live.
    Ailleurs m’emmène loin et j’ai subitement envie de me rendre « là où vivent les sirènes […] aux portes de l’Eden ». La belle semble être sortie tout droit d’un de mes rêves et son attitude sur scène, sa façon de bouger et de remercier le public vraiment très chaleureux avec ses petits « Merci…merci beaucoup » tout timides ; surtout sa voix douce comme un murmure, juste du début à la fin… tout cela est véritablement déroutant et fascinant. Vers le milieu du concert les musiciens s’éclipsent le temps d’un inoubliable Peut-être interprété en solo à la lumière d’une bougie « parfumé au thé vert ».
    Ensuite c’est Décrocher les étoiles mis en image par une petite chorégraphie aussi poétique qu’amusante, réalisée par David, le clavier. Tout au long de son set, Keren Ann jongle entre les titres extraits de ses deux albums en français ainsi qu’avec ceux dans la langue de Shakespeare qui se retrouveront prochainement dans son troisième album (« qui en fait n’est pas le troisième album à proprement parlé mais tout simplement un autre album… »). Ces chansons en anglais très « folk » que je découvre pour la première fois, me bouleversent autant que les autres et me rappelle Suzanne Vega, une des références majeures de la chanteuse et auteur du mythique My name is Lucas. Juste avant la première disparition, Au coin du monde est un véritable ravissement .
    Elle nous accorde quelque chose comme 5 rappels car personne n’a envie de la laisser partir et au final, elle nous aura offert une bonne trentaine de morceaux : Remarquable ! Lors du troisième rappel, elle revient même uniquement accompagnée de Sébastien Martel pour une reprise en espagnole également mémorable. Le concert se termine enfin malheureusement à 21h (plutôt sympa pour les couche-tôt et les autres) sur La disparition. Ce concert était donc vraiment exceptionnel et à vrai dire, je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi beau et émouvant.
    Puisqu’il faut tout de même critiquer un peu, je dirais juste que malgré son talent de chanteuse et de clarinettiste, à la guitare, Keren Ann c’est pas Satriani et il y a eut quelques petits koaks. L’autre chose que je lui reprocherai, c’est de ne pas avoir pris le temps de m’accorder une interview et de n’avoir permis à personne de prendre de photos. Mais comme vous le constater, je ne suis pas rancunier et le talent de cette artiste ainsi que sa très grande humilité pourrait pardonner bien d’autres choses encore.
    Heureux, l’homme qui partage ses jours avec cet ange venu de nulle part et d’ailleurs.

    Signature : Ed Dazuntski
    le 03/02/2003
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