«La mélancolie c’est le plaisir de la tristesse». C’est un peu ma philosophie, c’est aussi celle de Keren Ann. Elle fait partie de ces artistes que l’on prend plaisir a écouter sans cesse en se remémorant les moments les plus sentimentaux et romantiques de notre vie : seul en train de faire des ronds dans l’eau, se complaisant dans ce tendre spleen loin du stress de la vie réelle. Le problème c’est qu’on s’y enferme petit à petit, se cachant un peu plus du monde chaque jour derrière une fumée de cigarette ou une mèche de cheveux trop longue. Lorsqu’on se rend compte que sa reprise de «Suicide is Painless» devient notre chanson préférée, il est temps de réagir.
Heureusement des êtres tels Anaïs nous le permettent, son spectacle est un long sketch fait de parodies et d’imitations se rapprochant de Camille période « le sac de fille ». Souhaitons à la marseillaise autant de succès. Pour revenir au concert de Keren Ann il fut bien entendu parfait autant mélodiquement que techniquement, je regrette tout de même la nonchalance des musiciens ainsi que le choix de la set-list privilégiant les titres en anglais alors qu’à mon goût le français se prête mieux à ces hymnes doux amers.