"Bien" ou "pas top", "bien" ou "pas top" ?
Cette hésitation, cet enthousisame mêlé de reproche traverse énormément de mélomanes venu entendre Keziah Jones. Après deux lives (l'autre à l'Elysée Montmarte)et quelques passages télé (traffic music...), on en revient toujours à la même chose ; c'est énorme, ça groove de manière assez incroyable, mais Mister Jones semble être ailleurs : il donne physiquement, mais son regard dans le vague et le sourire terne donnent l'impression qu'il est déjà au live suivant, ou qu'il part dans un délire psychédélique. Je ne veux pas ici faire offence à qui que ce soit, mais lors de ce concert, son irrascibilité, ses fréquents désacordages, et ses erreurs mélodiques peuvent nous amener à nous interroger sur un certain type de consommation. Sincèrement, j'espère me tromper.
Le show reste en tout cas d'exellente qualité, en partie sauvé par ses deux musiciens, retombant toujours sur leur pattes à un rythme d'enfer, délivrant un groove tels qu'on en entend rarement, avec un son de basse monsstrueux, tout en rondeur et percussion, qui vous donnent cet irrésistible envie de vous secouer ! Keziah reste un maître de la guitare, enmmenant frénétiquement ses acolytes dans les profondeur funk/soul, avec cette simple union de trois instruments/percussion, le power trio version Black Orpheus. Keziah Jones représente finalement une certaine idée de la grâce physique et artistique,et il reste un des artistes majeurs à voir sur scène depuis plusieurs années maintenant. Il lui manque peut-être en ce moment ce sourire simple du type qui vit sa chance de toute ses forces, telle que l'a M vu quelques heures auparavant.