Kid Francescoli + Cocoon - 17 Mai 2008 - Akwaba (Chateauneuf de Gadagne - 84) Enzo le Solo.
La première partie de cette soirée était assurée par le groupe marseillais Kid Francescoli. Enfin pas vraiment le groupe, puisque Mathieu Hoccine est venu en solo faire le tour .../...
La première partie de cette soirée était assurée par le groupe marseillais Kid Francescoli. Enfin pas vraiment le groupe, puisque Mathieu Hoccine est venu en solo faire le tour préliminaire de la ligue des champions de l'Akwaba. Enfin pas vraiment en solo, puisque le Kid était accompagné de sa guitare, d'un sampler, d'un mini synthé et d'un mélodica. Si la formule du solitaire auto-samplé fait ses preuves depuis quelques années (Joseph Arthur pour commencer, puis Dominique A, ou Troy von Balthazar entre autres), elle reste une épreuve du feu par évidente à réaliser, surtout pour une première partie, surtout quand le groupe de la deuxième partie est attendu comme l'était Cocoon, et qu'il faut réussir à capter l'attention de la salle seul avec son matos. Mais Mathieu a l'expérience de la scène, et ça se voit dés qu'il commence à jouer, ou qu'il prend la parole.
La plupart des morceaux qu'il a joués sont issus de l'album sorti il y a juste deux ans (Kid Francescoli), mêlant des instrumentaux comme le très beau Villa Borghese à des chansons qu'il chante habituellement avec Laetitia Abello (dont la "présence" est assurée ce soir là grâce à la magie de l'électronique) : le tubesque Vincent, un attore ou CFK, qui commence, c'est un comble pour un marseillais (fan de L'O.M.), par "you'll never walk alone") avec de faux air de Air. Sur I'm not John McEntire ou d'autres chanson plus rapides (comme la reprise du Velvet Underground), on pense inévitablement à Grandaddy.
Ça faisait un moment que j'avais envie de voir ce groupe en concert, et même si je suis un peu resté sur ma faim du fait de l'absence des autres membres du groupe (la voix de L. Abello et la basse d'Olivier Scalia présents sur le disque m'ont manqués), je dois dire que j'ai été séduit par la performance du Kid de Marseille. A revoir, en formation complète, incontestablement.
Comme dans un Cocoon.
Que dire à propos de Cocoon… Tout d'abord, ils sont auvergnats, de Clermont. Ils ont gagné le concours CQFD (en 2007) organisé par les Inrockuptibles, ont joué sur la plupart des scènes françaises (faisant de prestigieuses premières parties, comme celles de Echo and The Bunnymen ou Emilie Simon) et devraient jouer avant la fin de cette année 2008 sur celles où ils ne sont pas déjà passés (avec la tournée de quasiment tous les festivals de l'été). Ils passent sur toutes les radios, et ont même fait Taratata !
Que dire qui n'a déjà été dit à propos des concerts de Cocoon ? L'ambiance tout d'abord… Je n'avais pas entendu parler de cette ambiance "Bisounours" qui m'a relativement surpris. Je m'attendais à un concert cool, pas à un groupe qui saute sur scène, pas à des guitares saturées avec un son qui déchire les tympans, pas à un rythme endiablé qui vous empêche de tenir en place : OK, les deux de Cocoon ne font pas parties de ces petits jeunes qui se prennent pour les Rolling Stones (et c'est tant mieux). Mais entre les BB-Brunes et un étalage de peluche et de "polas" cuculs projetés au fond de la scène… Il y avait sans doute de la place pour faire quelque chose d'autre en concert… Le sommet est atteint lors du lancement de leur chanson Baby Seal, pour laquelle une jolie photo d'un très mignon bébé phoque est projetée sur l'écran. Un "ooohhhhh !" contemplatif et troublé monte alors de la salle en émoi… Et je m'éloigne de l'avant scène.
Mo' et Marko (du coup, je me permet des familiarités !) ne sont sans doute pas dupes, et jouent vraisemblablement de ces effets (du moins je l'espère)… Autant quand ils se lancent des peluches que quand ils rappellent à ceux qui ne le sauraient pas qu'ils ne "sont pas ensemble", qu'il sont célibataires, et qu'ils veulent bien donner leurs numéros de portables aux "jeunes filles" (pour Mark) ou aux "jolis garçons" (pour Morgane) après le concert. Bref. Je suis peut-être un peu lourd au sujet de cette ambiance doucereuse, mais c'est principalement parce que d'un autre côté, je suis conquis (comme tout le monde apparemment) par la plupart de leurs chansons, qu'à mon avis, l'ambiance mielleuse a plutôt tendance à desservir (tout comme les blagues "carambar" entre les morceaux, sur lesquelles je ne m'étendrai pas).
Parce que OUI : Mark et Morgane écrivent de magnifiques chansons folk-pop, composent de très belles mélodies, et les interprètent parfaitement. OUI, ces chansons (que je suis, semble-t-il un des seuls à ne pas connaître par coeur) sont entêtantes (dans le bon sens du terme) et raffinées. Et OUI, ils ont tous les deux de très belles voix. Les remarquables Vulture et On my Way ou la dramatique et sublime Cliffhanger auraient certainement pu m'emporter très loin, très haut tant ces chansons sont impeccables. Hummingbird est un vrai bijou. Mais les petites blagues, et les "doudous" accrochés aux instruments de musique n'ont cessé de me ramener sur cette basse terre… Les reprises d'Amy Winehouse (Rehab) ou d'Outkast (Hey Ya) sont également exécutées parfaitement, et l'arrivée d'un ukulélé dans les mains de Mark sur Chupee est une réussite tant cet instrument colle à ce morceau. Bref, il y a chez ces deux beaux gosses célibataires, un bon, un très très bon fond technique et créatif.
Même si les références citées avant Tell Me (Nick Drake, Neil Young entre autres) ne sont si pas évidentes, j'ai par contre beaucoup pensé en les écoutant à Elliott Smith (sur On my Way, la ressemblance est troublante), au grand Sufjan Stevens (sur Hummingbird) ou à Simon et Garfunkel (je ne sais plus trop quand… peut-être quand la salle chantait). Je vous laisse deviner lequel est Paul, lequel est Arthur… Sachant que, comme nos deux Américains des 60's, nos deux petits français sont des gens sympas. Hyper sympas. En tout cas c'est ce qui se dégage d'eux, et c'est ce qui fait que je me sens un peu miteux de les traiter de Bisounours… Mais s'il vous plait, Morgane et Mark, quitte à paraître moins sympa la prochaine fois, faites nous PLANER, parce que vous avez la matière pour le faire : votre album dont le nom n'a rien de mielleux : My Friends All Died In A Plane Crash ("mes amis sont tous morts dans un accident d'avion" !!!) est une réussite.
Un petit mot au sujet de l'Akwaba (la salle où avait lieu ce concert). J'y étais allé pour des expos mais jamais pour un concert et j'avais quelques appréhensions concernant l'acoustique de cette salle. Ces inquiétudes n'avaient aucunement lieu d'être : le son y est très bon. L'a priori plutôt favorable que j'avais pour un endroit qui se définit comme une "coopérative culturelle" a, quand à lui, été confirmé par la bonne humeur et la qualité d'accueil de ses animateurs.
Ha, encore un soir de match ! ... Et bien, cette fois, même si on se dit toujours qu'il pourrait y avoir plus de monde, les marseillais ont assez honnêtement empli le Cabaret, eu égard, de surcroît, à une programmation toute "en émergence"... La gratuité de l'évènement y serait-elle pour quelque chose ? Convainquons-nous que non. Il y avait bien autre chose pour motiver les troupes, ce soir-là...
Tout a démarré avec une série de "live" acoustiques aux Grandes Tables, juste à l'étage au-dessus, avec un plateau radio en direct (88.8 fm, bien sûr...). Et on a beau dire, le direct radio, ça met tout de suite un petit truc en plus, une sorte de petite pression que l'on ressent du côté des artistes, comme si jouer devant des gens était moins exigeant que satisfaire d'invisibles auditeurs qui n'ont que le son pour se faire une idée de la chose... Du coup, tous les artistes présents sont concentrés et minutieux, et le public se range à cette atmosphère son verre à la main, courtois, calme et respectueux. Il faut dire que la thématique de cette soirée ne prête pas forcément non plus à l'exubérance : il s'agit ici de dénoncer les silences du monde sur les peuples dont on a tenté de rayer la culture de la carte tout au long du siècle dernier, et hélas, encore à nouveau dès le début de celui-ci...
Pourtant, même la partie "interview" en direct, où des interlocuteurs se succèdent pour tenter d'apporter une parole sur la plaie qu'est cette forme "d'Amnésie Internationale" face aux génocides et aux négationnismes de l'histoire, reste agréablement intelligente : aucun pathos lénifiant à l'horizon, pas de succession interminable de lieux communs, l'animatrice gère son émission avec tempo, une fraîcheur appréciable et ce, tout en gardant le sérieux nécessaire à l'évocation d'un tel sujet.
Et puis, entre toutes ces paroles qui alternent sagesse, émotion, courage et invitations à la conscience il y a ces mini sessions acoustiques : les deux leaders de (feu ?) Nacimiento qui mélangent leurs voix subtiles sur des vagues de violon, la langueur méditarranéo-anglaise de la formule réduite de Kid Francescoli, le dandy blues du guitariste et du chanteur d'Heidi, le folk limpide et envoûtant du chanteur de Nation All Dust (quelle superbe reprise des Kinks !...), sans parler de la performance saisissante de Fred Nevchéhirlian !
Il plane finalement sur les Grandes Tables une atmosphère reposante, empreinte de notes et de vibrations qui se diluent entre gens ouverts, disponibles et partageant un sentiment fugace d'humanité.
C'est disparates que nous gagnerons sagement le Cabaret, dans lequel Markovo, seul derrière une barrière de claviers et machines, façonne (tout en esquissant quelques pas de danse timorés) une électro-noise un peu plus offensive que ce que son habituelle formule trio délivre : et ma foi ça, lui réussit plutôt bien. On est bien loin d'un alignement de kicks putassiers à faire trémousser les filles, ça c'est sûr, mais quelques patterns bien velus viennent quand même galvaniser son voyage intersideral à travers des sons tour à tour meta-vintages ou infra-modernes... A son habitude, Markovo, sorte de Prince d'Euphor égaré au sourire charmeur déroute donc la foule, et si ce n'était ce reste de timidité stagnante qui l'empêche de laisser libre cours à son imaginaire, il pourrait nous embarquer sans plus d'effort dans un unnivers robotique et bigarré, martelé de coups et maquillé au lavis; il s'avère qu'il s'agissait là de sa première apparition en solo : le "Markovo Live Machine" a certainement de beaux jours devant lui...
Quand les Kid Francescoli investissent la scène la foule se rapproche, et les 5 comparses installent leur pop retro-planante au moyen d'un son exceptionnel (mention spéciale à leur ingé son qui fait là une véritable performance...) qui ne tarde pas à hypnotiser la plupart d'entre les spectateurs : quelques minutes plus tard un sittin' improvisé s'est organisé à même le sol : les belles choses nécessitent parfois du confort pour en saisir vraiment l'intimité. Le no-look du chanteur et sa voix dont il faut se porter à l'écoute, ce son de rythmique si particulier, entre basse ovoïde et caisse claire élégamment étouffée, la voix douce et cristalline de la chanteuse, le mood désuet des claviers, tout opére comme un charme subtil chez Kid Francescoli : du grand art fait avec une apparente simplicité. La classe.
Nevchéhirlian. ah, Fred Nevchéhirlian, le slammeur iconoclaste qui détruit tous les poncifs du genre en trois strophes, lorsqu'il s'accompagne d'une guitare aux accents rudoyants et râpeux, ouvre tout un pan fascinant de sa palette : la puissance de ses textes vient se battre avec une succession d'accords aux dents serrés, et nous voilà face à un phénomène dans le phénomène. Il y a des gens, comme ça, qui font vraiment croire que des fées se penchent parfois sur certains berceaux... en tout cas si elles le font, le sien aura été de ceux-là.
Puis les Nacimiento viennent clôturer le bal. Reformés pour l'occasion après un long silence, il se murmure qu'il s'agirait de leur ultime live : que cette info soit vérifiée ou pas, ils se lancent dans un baroud ravageur sur une reprise de "Can't get you out of my head" de Kylie Minogue boostée aux hormmones anglosaxonnes, à savoir baveuse, sonique et méprisante : bêtement régalant. Le son est énorme, poussé d'un bon cran (nouvelle dédicace à cet autre ingé son, ça fera deux fois dans une même critique !...) et jouissif, et les quatre beaux gosses marseillais restent campés dans un rock enfoncé : pourtant, sautillants, joyeux, on les sent ultra-motivés. Le dernier quart d'heure de ce set, cependant, n'aurait pas, à mon sens, mérité d'être joué : un peu de fatigue et une absence prolongée sur scène ces derniers mois ont eu probablement raison de cette belle énergie de départ, qui finit hélas par s'essoufler.
Qu'à cela ne tienne, la foule s'est tenue debout pour ovationner tout à la fois Nacimiento et l'ensemble de cette initiative portée à bout de bras par la J.A.F et le collectif Co3, et le froid mordant nous ramène vers nos voiture alors qu'on se donne déjà rendez-vous au Dock des Suds le 22 mars, pour de la bonne musique (Arrrg, Mônsieur CharlElie Couture !) mais aussi "pour que l'Histoire ne se répète plus." Réagir à cette critique
Kid Francescoli + Lisa Li Lund - 13 septembre 2007 - Intermediaire - Marseille
Ce soir nous arrivons à l'Intermédiaire un peu tard car on sait que ici (comme dans beaucoup d'autres salles) si le concert est annonce a 22h, inutile de venir avant 22h30. Du coup on arrive un peu .../...
Ce soir nous arrivons à l’Intermédiaire un peu tard car on sait que ici (comme dans beaucoup d’autres salles) si le concert est annonce a 22h, inutile de venir avant 22h30. Du coup on arrive un peu avant 23 et on ne voit que la fin du set de Kid Francescoli. Dommage car bien que tout seul sur scène c’était carrément riche.
C’est amusant de se dire que ce groupe qui a commencer a 8, avant de se réduire a 4 (sans que le son ne perdre en amplitude) sonne finalement toujours aussi bien lorsqu’il est seul. Attention cela dit, je n’ai vu que deux morceaux (dont le long instrumental) plein de samples, donc je pense que le groupe gagne a être un peu plus nombreux (que 1) ; mais en tout cas toutes les configurations sont possibles.
Set aérien, public nombreux (plein d’ex Kid), attentif, envouté et/ou fan. Bref un groupe qu’on n’a pas fini d’entendre et c’est tant mieux !
Puis après un changement de set relativement court c’est Lisa Li Lund qui est arrivée ; toute aussi seule. Comme a Doun lorsqu’elle avait ouvert pour les French Cowboy elle a défendu ses petites chansons avec sa guitare, son clavier et son sourire.
Morceaux très calmes (peut être d’ailleurs qu’elle aurait gagné à passer avant Kid Francescoli du coup), avec des mélodies épurées, des paroles très denses presque sans reprises de souffle … parfois hypnotiquement répétitives comme ce « my eyeyeyeyeyeyeyeyeyeyeyes are full of tears » qui me touche toujours autant. Antifolk, si l’on veut (par contre je ne sais pas qui avait mis « post rock » sur le tableau de l’Intermédiaire à propos de KF, mais il devrait revoir son étiquetage).
Si certains morceaux de Lisa Li Lund sont délicieusement minimalistes, ou juste tres beaux, d’autres ne me touchent pas vraiment et dans ces moments la je me rends compte que je suis en train de fumer (certes passivement mais massivement) et qu’il commence à être tard. Aussi nous sommes partis avant la fin.
>> Réponse (le 14/09/2007 par niewpy) Alors pour moi c'était le retour à l'Intermediaire après les vacances. Cà m'avait manqué ces petits concerts autour .../...La suite
Peter Von Poehl / Kid Francescoli - 1 juin 2007 - Poste à Galène Marseille L'an passé, on nous avait promis brièvement le beau et lunaire Peter Von Poehl en première partie d'Emilie Simon, avant de démentir. On s'est consolé depuis en écoutant régulièrement son très bel .../...
L'an passé, on nous avait promis brièvement le beau et lunaire Peter Von Poehl en première partie d'Emilie Simon, avant de démentir. On s'est consolé depuis en écoutant régulièrement son très bel album, ainsi que le dernier Delerm, qui comporte 3 à 4 chansons superbes - précisément et comme par hasard, celles orchestrées par P von P... Très déçu par Cocorosie la veille (salle trop grande, mauvais son et public infect), on espère aussi se refaire plaisir et l'arrivée sur le splendide Illinoise de Sufjan Stevens (voire chronique par ailleurs), sonne comme un bon présage.
Kid Francescoli s'emploie fort bien à changer nos idées, en première partie, déployant sans son groupe une pop mélodieuse et raffinée. Avec de longues plages instrumentales, parfois pré-enregistrées, et des voix douces, il fait penser par moments à Grandaddy, et parfois même, mais oui, à Peter von Poehl et à ... Cocorosie. Il alterne le jeu de guitare (en boucles qu'il enregistre), mélodica, xylophone et Korg... rien de complètement fou mais de la bien belle ouvrage.
Tout seul et se disant très content d'être là, il semble toutefois trop concentré par l'enjeu pour vraiment prendre du plaisir. Il produit néanmoins du trip hop mélodique avec notamment un Final Team qui m'a fait penser à Archive. Une musique finalement très cinématographique, grâce à un vrai sens de la mélodie - j'ai beaucoup ce que vous faîtes, jeune homme ! D'ailleurs les autres gens aussi : il fera même un rappel avec une chanson de Troy Von Balthazar, qui évolue en effet dans la même veine, et quittera un public conquis. Qui a dit que les français ne savaient pas faire de la belle pop musique ?
La transition sera assurée par des bruitages doux et lents, pendant que les roadies (dont l'étoile montante Cabwaylingo !) installent la scène. Peter Von Poehl, un grand gaillard mince et aussi beau blond que prévu, ne laissera pourtant le soin à personne d'accorder ses guitares électriques, acoustiques et autres ukulele - bon point qui me permettra déjà de lui voler une photo avant son concert !
Le groupe composé de 4 personnes (dont un batteur flegmatique qui ressemble à Bowie dans sa période mod) commence par un air de pop-rock agréable, avec de l'harmonica. Puis déjà un beau moment : Travelers qui me fait penser à Air et sur laquelle la voix aérienne fait merveille, et Scorpion Grass et ses cuivres délicats.
Vient ensuite, après une intro baragouinée en plutôt bon français, l'histoire de la Fée des Dents (Tooth Fairy) qui commence étrangement ici par sa partie II, et au fil du concert, plusieurs chansons que je ne connais pas (peut-être des compositions plus anciennes ?). Le public est rapidement sous le charme et chante de bonne grâce quand le grand Peter le lui demande. Un air dont j'aurais aimé connaître le titre déploie un son un peu post-rock : grosse basse et guitare, du Sigur Rös dans le texte, j'adore !
C'est alors qu'il se lance seul dans une reprise d'une chanson "que nous connaissons sûrement" : la mélodie et le rythme étant recomposés totalement, il faudra toutefois écouter les paroles pour reconnaître le pourtant célébrissime HeartBreak Hotel - reprise riche et passionnante en somme. Le concert continue sur son nuage avec un air jazzy seul à la guitare et à l'harmonica (mes notes disent "superbe", au risque de me répéter), puis une exubérante musique sufjanesque, puis sur un autre air qui figure sur l'album, avec des cuivres en avant.
La chansons que j'attendais, comme beaucoup apparemment, était tout de même The Story of the impossible, très joliment exécutée même si (commme lors de passages télés que j'en avais vus), l'Himalaya vocal que représente le mot "impossible" est toujours ... impossible à passer (il avait pourtant réussi sur album !) La fin reprise en chorus par le public et en final très rock consacre ce qui est incontestablement le tube du groupe ! Peu importe alors que M. Von Poehl se sente obligé de raconter des histoires étranges de temps à autres en remuant ses grandes mains : nous sommes partis avec lui et prêt à le suivre où il nous emmènera !
Where the Tea Trees Are, autre tube et voix qui donne le frisson - ce mec est un cador, c'est bien volontiers qu'on partira se perdre dans l'espace avec lui (Lost in Space) : déjà 50 minutes de voyages et l'on ne les a pas vues passer, à regarder osciller ses belles mèches blondes : je suis très étonné quand il présente déjà ses musiciens, après un très beau moment a capella, pour faire mine de filer - le public lui fait rapidement comprendre qu'il n'en est évidemment pas question...
Voici donc en rappel la Tooth Fairy, Part I et ses choeurs mélancoliques - décidément cette dame est plus inquiétante que la petite souris qui, si je me rappelle bien, me glissait une pièce quand je perdais une dent il y a environ un quart de siècle. Autre reprise qu'on qualifiera d'intéressante (à partir d'une matière pourtant basique) : Can't get you out of my head, tube pop de sinistre mémoire, qui a squatté les radios au delà du raisonnable sur un refrain en onomatopées que même le plus crétin des staracadémiciens n'aurait pas osé chanter... Bref même ça, chanté par Peter von Poehl, et bien c'est chouette !
Nous ayant quittés presque comblés (quoi que ce fut trop court, comme tous les concerts un peu magiques), le grand blond nous laisse en pension son clavier qu'il a appellé Charlie O. et l'on comprendra rapidement pourquoi : il videra efficacement la salle en jouant, en totale autarcie, des mélodies rappelant incontestablement le mythique moustachu qui animait "Tournez Manèges" ...
Je ne sais pas combien de temps il a joué ni comment on a réussi à l'éteindre - pour ma part je n'ai tenu que 10 minutes, mais je suis rentré enchanté : voilà un grand artiste en studio (je parle de PvP bien sûr !), qui tient en outre toutes ses promesses en scène. A la réflexion il eut été dommage de ne le voir qu'en première partie ! Vivement les Eurockéennes où l'on espère bien recroiser sa route d'étoile montante des songwriters.
Kid Francescoli + Narrow Terence - 5 avril 2007 - Cabaret Aléatoire - Marseille 15 jours avant son passage au Printemps de Bourges, les Marseillais pouvaient découvrir sur la scène du Cabaret Aléatoire Narrow Terence, le groupe qui a été sélectionné devant 300 autres pour .../...
15 jours avant son passage au Printemps de Bourges, les Marseillais pouvaient découvrir sur la scène du Cabaret AléatoireNarrow Terence, le groupe qui a été sélectionné devant 300 autres pour représenter la région PACA.
Un groupe, il est vrai, pas forcément connu sous nos lattitudes, puisuq'il a plus l'habitude de tourner en région parisienne que dans le Sud. Il est vrai, pour être totalement juste, que si ses deux leaders, les frères Puaux, sont originaires de Rognes, il y a belle lurette qu'ils ont quitté la douce Provence pour aller tenter leur chance ailleurs.
Soutenu par l'équipe de l'Espace Doun de Rognes (c'est ça, les petits villages), le groupe monte sur scène après un excellent set de Kid Francescoli. Les popeux, eux, totalement marseillais, cisellent avec toujours autant de finesse leurs chansons, mais avec moins de mièvrerie qu'avant. A moins que cela soit l'influence béton friche industrielle du cabaret aléatoire, mais il y a deux ou trois chansons qui finissaient comme si les Sundays jouaient avec les My bloody Valentine... En nette progression, le kid
A suivre pour la sortie de leur second album annoncé le soir même pour septembre.
Narrow Terence donc. On les annonçait à 5, ils ne seront que 4 sur scène, chacun alternant des instruments : batterie, basse, guitare, clavier, violons.... Hum, j'entends déjà les sirènes souffler des mots comme "multi-instrumentistes, avec deux violons, ouais, c'est la tendance Arcade Fire"
Ouais, ouais... tendance... Mais l'année dernière, quand Bat For Lashes est monté sur la même scène lors de la première soirée de Marsatac, personne ne trouvait à redire que les 4 donzelles changent à chaque fois d'instruments...
Et puis, s'il est vrai que les violons sont très présents (trop pour certains), ils font plus penser aux cordes de Tindersticks qu'aux envolée lyriques des Canadiens. Et puis le chanteur ne joue pas dans les mêmes octaves que Wim Butler. Quand il se met au chant, c'est à Tom Waits que l'on pense (peut être trop) immédiatement. Ce mec n'a pas 30 balais et on a l'impression qu'il a fumé 3 millions de gauloises maïs pour avoir une pareille voix.)
L'univers de Narow Terence fait tantôt penser à un pub anglais embrumé, tantôt aux plaines désertiques du Texas, tantôt aux matins pluvieux sur Bruxelles. On voyage beaucoup, c'est pas désagréable, mais un peu ennuyeux au bout d'un moment.
C'est qu'il manque une vraie section rythmique au groupe pour apporter la pêche nécessaire, quelque chose pour poser les structures des chansons, pour laisser les violons s'envoler ou se poser dans un rythme alternatif.
A la fin, on avait l'impression d'assister à un concert de démo. Un peu embêtant quand on va se produire devant les responsables de maison de disques. Réagir à cette critique
>> Réponse (le 07/04/2007 par kaïros) Cabaret aléatoire - 05 avril 2007 A 100% d'accord avec ta vision de la soirée. Au fait même pas un mot sur le dernier groupe ?
J'ai trouvé leur concept .../...La suite
>> Réponse (le 10/04/2007 par thoney T) ladies and gentlemen...
je ne peux m 'empecher de reagir a ces critiques aussi justes qu'imprecises..
je ne .../...La suite