Fanfare punk déglinguée. Sous forme de cabaret complètement déjantée, De kift offre une musique d'un rock à la fois post, pop voire rétro agrémenté de rythmes électroniques 70's.
Retour sur les Volcaniques de Mars 2007, qui avaient lieu du 10 au 18 mars à Clermont-Ferrand et dans ses alentours… Avec de bons moments (Klaxons, Cocoon, Vale Poher, De Kift), des déceptions (John Cale) et de jolies découvertes (Twisted Charm, Frustration), comme chaque année depuis les débuts du festival, il y a neuf ans déjà. Compte rendu non exhaustif d’une neuvième éruption qui a rendu Godzilla assez fou pour se prendre pour Elvis (voir l’affiche du festival… ).
Ayant fait l’impasse sur la soirée électronique (comme sur les soirées métal et hip hop/dub d’ailleurs, on ne peut pas tout aimer… ) du 10 mars, les Volcaniques 2007 commencent pour nous au cinéma Le Rio avec les projections (entre autres) des très bons films Awesome : I fucking shot that ! des Beastie Boys et Block Party de Michel Gondry, une excellente entrée en matière avec deux concerts filmés qui donnent envie d’en voir en live, dans une salle de concert.
John Cale & Band :
Ça tombe bien : mardi 13 mars, l’immense John Cale est programmé à la Coopérative de Mai. Cela devrait donner lieu à un concert d’anthologie de l’ex Velvet Underground. Et bien non. C’est dans un salle pas très remplie (il faut dire que notre homme fait une tournée pour promouvoir un disque live pas exactement passionnant) que John Cale et son groupe ont alterné le bon et le moins bon pendant deux heures… Toujours impressionnant physiquement – il ressemble à un vieux chef sioux avec ses cheveux teints et son visage taillé à coups de serpe – et vocalement – cette inimitable voix grave de stentor rock –, John Cale est malheureusement accompagné par un groupe très moyen, pour ne pas dire méchant. On pense en particulier au guitariste se complaisant dans les solos hard rock/jazz, qui plus est avec un horrible son compressé. Après un début expérimental un peu ardu mais intéressant, le concert se perd dans les méandres d’un funk jazz indus assez peu original, avant de retrouver fort heureusement une certaine vigueur sur des titres acoustiques et sobres joués un peu plus tard. Le groupe semble s’ennuyer, le public aussi, ce n’est pas vraiment une soirée mémorable… Pour finir sur une bonne note nostalgique, l’ex acolyte de Lou Reed consent à interpréter le génial titre du Velvet Underground, Venus in Furs, vers la fin du « show ». La version est de bonne facture, mais le violon se met en grève suite à un problème technique. Ce qui fait dire à un John Cale un peu dépité : « Sorry about that ! ». C’est la phrase qui résumera cette soirée décevante, avec quelques éclairs de génie.
Klaxons + Twisted Charm :
Changement radical d’ambiance quelques jours plus tard avec le concerts des très branchés et surmédiatisés Klaxons, avec Twisted Charm en première partie. Si le concert de John Cale sentait franchement la fin de règne, le public de ce vendredi soir à la Coopérative de Mai est très nombreux, très jeune et positivement surexcité. Ça fait plaisir à voir… Un peu de fraîcheur et d’enthousiasme juvénile, c’est réconfortant.
Twisted Charm, le « support act » est assuré par un excellent et prometteur combo anglais, qui fait partie de la même mouvance que les Klaxons. Des fluo kids déchaînés qui montent sur scène pour faire danser leur public au son de leur dance rock funcky en diable, pour le surprendre avec un cocktail basé sur une rythmique ultra groovy à laquelle se greffe un saxophone et finalement emporter la mise, grâce à leur fraîcheur et à la qualité de leurs morceaux.
Un bon échauffement des guibolles, juste avant l’entrée en scène tonitruante des Klaxons, qui se pointent avec des mini bibendums dans les mains, ne se doutant pas que la majorité du public se contrefiche royalement (voire plus) du manufacturier clermontois. Passons… Car pour le reste, les Anglais ont donné un concert en forme de boulet de canon : tout à fond pendant à peine 40 minutes. Tous leurs tubes ultra remuants et dansants (présents sur leur remarquable disque Myths of the near future) sont servis chauds et puissants, et l’on passe un moment délicieux et groovy. Sans doute à cause de son jeune âge, le groupe est appliqué, même si le bassiste essaie de parler un peu, mais tout le monde met en commun son savoir faire musical pour faire monter un énorme groove dance funk punk. Un truc de dingue, qui rend complètement fou… La preuve, un spectateur rendu hystérique monte sur scène pour s’emparer l’espace de quelques secondes du micro pour hurler, avant d’être délogé manu militari par la sécu. Seul petit hic au cours de ce set des Klaxons : le groupe sort de scène très (trop !) rapidement, et ne revient pas… Il a filé à l’anglaise ! Mais après tout, la messe était déjà dite. Sur les prochaines dates, attention à ne pas louper l’entrée en scène, sinon vous risqueriez de ne pas voir grand-chose !
Cocoon + Vale Poher + Frustration :
C’est à Riom que la soirée du lendemain permet de passer des instants tout à tour folk pop, rock et punk, avec respectivement, Cocoon, Vale Poher et Frustration. Une programmation un peu bizarre et pas très cohérente occasionnant un affluence pas aussi nombreuse que prévu et une ambiance un peu éteinte sur la fin. Ce sont les aléas des festivals…
En ouverture, Cocoon, le régional de l’étape, fait une très bonne impression avec les excellents morceaux qui figurent sur ses premiers EP, I Hate birds et From Panda mountains : les deux voix de Morgane Imbeaud et Mark Daumail s’entendent à merveille, les mélodies sont captivantes, l’instrumentation est dépouillée à l’extrême. Tout cela est dans la veine du grand Sufjan Stevens, que le duo clermontois reprend joliment t d’ailleurs… Cerise sur le gâteau, les nouveaux morceaux sont très prometteurs, dans un style folk ‘n soul très prenant. Deux petits bémols malgré tout : les violons aux claviers sonnent trop cheap et la façon qu’à Mark d’annoncer que le groupe est le vainqueur du concours CQFD est un peu too much. Un peu d’humilité ne ferait pas de mal, même si le talent est indéniable…
Peu après Vale Poher a proposé un set en solo assez réussi. S’il est un peu difficile de rentrer dans l’univers lacéré de distorsion de la jeune lyonnaise, petit à petit le charme de la voix, la puissance de la guitare et le qualité des titres font leur petit effet sur le public réuni à l’Espace Couriat. Les morceaux interprétés par Vale Poher Tour à tour violents et tétanisants ou plus caressants, évoquent parfois Cat Power, Pj Harvey et Shannon Wright, d’illustres aînés passées maîtres dans l’art de trousser une chanson rock. Après une jolie reprise électrique du mythique Hey HeyM y My de Neil Young, Vale Poher termine son set, laissant impatient d’écouter cet artiste sur disque.
C’est malheureusement devant un public clairsemé et peu motivé que les Parisiens de Frustration ont donné leur concert, qui méritait un meilleur accueil, si l’on considère l’intensité des morceaux et la ferveur de leur interprétation… Chant dramatique à la Ian Curtis, basse imparable jouée à la Peter Hook, guitare acide à la Warsaw, batterie martiale à la Joy Division, claviers cheap et joliment kitsh façon cold wave : Frustration est fasciné par le punk des années 80, ça s’entend très bien… Mais, si les influences sont claires et nettes, les morceaux écrits par le combo de trentenaires baroudeurs sont originaux, marquants, puissants et donnent des frissons. C’est un signe qui ne trompe pas. Cet excellent groupe est à revoir au plus vite dans une salle avec un public plus énervé et rock ‘n roll.
De Kift + 17 Hippies :
Soirée de clôture le dimanche soir, avec les Hollandais de De Kift et les Allemands de 17 Hippies. Déjà vu au printemps de Bourges il y a quelques temps, la famille De Kift est toujours aussi ravie de jouer sur scène ses morceaux entre punk rock à la The Ex et fanfare des pays de L’est. Le mélange, saupoudré de chanson française avec l’accent hollandais est rafraîchissant, festif dans le bon sens du terme et percutant. Un groupe drôle, engagé et inspiré, qui donne une énorme pêche dès qu’il apparaît sur scène. A voir donc.
Malgré une bonne volonté manifeste et quelques morceaux remuants, les 17 Hippies n’ont pas fait la même bonne impression, le redoutable effet « dimanche soir », le passage après De Kift et des compositions pas toujours originales y sont sans doute pour quelque chose…
Malgré les annulations de 2Many Dj’s, The Blood Arm et Nelson (pour des raisons indépendantes de la volonté des organisateurs), les Volcaniques de Mars 2007 ont permis de faire bouger une fois de plus Clermont-Fd et les villes avoisinantes. Un peu moins réussie que l’édition 2006 – qui avait permis d’assister à des prestations d’anthologie de The Elektrocution, Mansfield Tya, Queen Adreena, Louis XIV et Alec Empire –, la cuvée 2007 aura néanmoins permis d’avoir son quota d’émois musicaux. Rendez-vous est donc pris pour mars 2008.
De Kift, Pusse, Christian Olivier, Jasmine - 5 mars 2005 - Grand Mix, Tourcoing Je mangeais gratis de la biche avec les musiciens de De Kift (la jalousie en flamand), alors j'ai raté Jasmine qui ouvrait la soirée au Grand Mix. Jasmine joue de l'accordéon et chante, seule, un album devrait paraître incessamment.
La première chose que je vus, donc, au sortir de la table, fut Christian Olivier, le chanteur des Têtes .../...
Je mangeais gratis de la biche avec les musiciens de De Kift (la jalousie en flamand), alors j’ai raté Jasmine qui ouvrait la soirée au Grand Mix. Jasmine joue de l’accordéon et chante, seule, un album devrait paraître incessamment.
La première chose que je vus, donc, au sortir de la table, fut Christian Olivier, le chanteur des Têtes Raides. Une lampe frontale sur la tête, il s’est mis à lire un texte de Samuel Beckett sur un rythme de mitrailleuse, pas la mitrailleuse moderne qui tricote la mort à toute vitesse, mais la première série du genre, l’allemande qui clouait les tendres bidasses garance sur les barbelés des tranchées au début de la guerre 14-18, sur un petit rythme bien méchant. A la fin de son texte, Christian s’est fait rejoindre par les musiciens du groupe Pusse, qui ont improvisé un accompagnement.
Jasmine, Pusse, De Kift ont pour point commun le label Mon Slip, animé par Christian et Grégoire (le saxophoniste) des Têtes Raides. A part ça, difficile de trouver un fil conducteur entre ses différents artistes. Chacun a une identité bien marquée.
Prenez Pusse, par exemple. Ils ont tout du groupe de vampires aliénés. Ils sont quatre puis cinq quand débarque une femme dont on remarque une trace de morsure dans le cou. Les rôles se répartissent ainsi : un batteur, un accordéoniste, un joueur de banjo et de clavier, un chanteur chauve, une chanteuse en cheveux. Ils sont vêtus d’une garde-robe dérobée sur un plateau de western. Le chanteur chauve a ainsi la tenue du gars qui va recevoir le goudron et les plumes avant son expulsion de la ville. Pour quelle raison ? Jeu, sorcellerie, pacifisme ? En tout cas, il est déjà sacrément perché. Il fait le chien, saute au milieu du public et crie waf-waf, plus tard il fera la poule. Il fait aussi un peu de bruit avec une chaîne et deux poêles. La musique est difficile à décrire, à identifier. Le batteur me fait penser à Pussy Galore, le premier groupe de Jon Spencer. Sa batterie est dénuée de caisse claire. Elle est bricolée avec des plaques de métal, des rubans d’acier qui produisent un bruit de tonnerre.
Le tout est assez lugubre, mais avec l’envie de faire rire. Une tête de mort, aux orbites de rouge clignotant est disposée dans le fond. Les textes, des fois compréhensibles et en français, ne sont pas très sérieux non plus. L’accordéoniste et le chanteur-Nosfératu interprète ainsi une pièce qui joue sur le vocabulaire des adresses internet et des cartes bancaires. Pusse a aussi une série de morceaux animaliers :
« Les corbeaux ne sont pas des délateurs
Les corbeaux sont cools et super sympas
Oui j’adore les corbeaux
Plombi plomba gentils petits pandas
Oh je regarde dans le ciel plein de libellules qui s’enculent »
Les chansons alternent ainsi entre farce lugubre et non-sens total. A la fin de leur partie, Christian Olivier réapparaît au fond de la salle pour un autre texte de Beckett, le temps de débarrasser la scène et d’installer le matériel de De Kift.
« Nous étions de plus en plus dans l’ensemble calme/
Mes vieux seins sentent ses vieilles mains »
Ils sont huit, ça prend un peu de temps. Je les ai déjà présentés pour leur concert parisien, mais pour résumer, on pourrait décrire De Kift comme un croisement entre une troupe de théâtre et une fanfare.
Ils chantent en flamand et aussi en français un peu, quand ils sont dans l’hexagone. Le flamand est une langue assez étrange pour nos oreilles françaises, qui confère un certain charme à leur musique. La plupart de leur textes, empruntés à différents auteurs européens, ont pour point commun de camper des personnages perdus, sans famille, sans maison, le ventre vide et la peur dedans. On est souvent fasciné par son contraire et ici c’est exactement le cas. De Kift est en effet une famille élargie. Sur scène il y a le fils (chanteur), le père (trompettiste), le cousin (guitariste) et en coulisse, il y a un frère (manager et lumières) et une mère (merchandising). Le tout fonctionne comme un collectif où chacun joue de sa personnalité suivant les besoins du spectacle ou du film (De Kift a participé à quatre films comme musiciens et acteurs). Rien n’est figé.
Ferry Heijne, le gars chauve à boucle d’oreille est le plus souvent devant à chanter et danser. Mais il peut à son tour passer derrière pour laisser le micro à Wim ter Weele, le batteur désespéré (qui a joué sur History is what’s happening de The Ex) ou à Franck van der Bos, le clavier, qui réussit l’exploit de dire en français, avec son accent de La Haye, ces mots écrits par un russe :
« Comme tu le sais, il n’y a pas un point de A à P. Il n’y a que différents points B. Alors fais attention : F veut sauver E et part du point B1 dans la direction de B2. Au même moment E part du point B2 dans la direction de B1. Personne ne sait pourquoi mais à un moment donné les deux sont arrivés au point B3. Non personne ne sait pourquoi B3. B3 se trouve à une distance du point B1 de douze fois la portée de crachat de F et à seize fois la portée de crachat de E du point B2. Si l’on sait que F franchit trois mètres soixante-douze en crachant et que E ne sait pas cracher du tout, peut-on dire alors que F est allé sauver E ? Tiens, tu ne le sais pas ? Ta conscience te gêne, feignant. »
Et le public rie, en plusieurs occasions, que ce soit par les textes ou par le jeu de scène. Une voix russe interrompt ainsi tout à coup les musiciens. C’est du russe, personne ne comprend, même les hollandais. Wim jaillit de sa batterie et vient faire la traduction : « le volume en mètre cube de cette pièce nous est inconnu ! ».
Plus loin, sur une chanson intitulée Hop Hop Ferry et Franck se lance dans une chorégraphie digne d’un boys band. Sur un autre titre encore, toute l’équipe se met à changer d’instrument, tout en continuant à jouer. Le bassiste se met aux claviers, le clavier à la batterie, le batteur à la basse… Vers la fin, c’est Rolfie qui fait son apparition. Rolfie est le titre d’une chanson qui commence ainsi :
« Ik moet toegeven dat ik erg verbaasd was
toen ik de hond alse en mens hoorde praten.
Maar eerlijk gezegd verbaasde ik me nog veel meer toen de hond zei :
‘Ik heb je geschreven maar de postbode heeft alle brieven
waarin hij droevig nieuws vermoedde, verbrand »
« Je dois reconnaître que j’étais très étonné
d’entendre le chien parler comme un homme.
Mais franchement, j’étais d’autant plus étonné
quand le chien a dit :
Je t’ai écrit une lettre mais le facteur a brûlé
Toutes les lettres qu’il soupçonnait porter de tristes nouvelles. »
Et sur scène Rolfie est matérialisé par un chien empaillé. Mais attention, derrière la poésie, derrière les clowneries, il y a de la musique, des mélodies qui empruntent leur rythme à la musique tsigane. Ca chante à gorges déployées comme à un mariage russe, ça souffle dans les trompettes, trombones et hélicons. C’est une vraie musique de fête jouée avec l’esprit punk. Et rentré chez soi, les airs continuent de se jouer dans la tête.
Jasmine, Christian Olivier, De Kift - 28 février 2005 - Théâtre des Bouffes du Nord - Paris Bref compte-rendu du concert de De Kift au Théâtre des Bouffes du Nord
C'est le plus bel acte de générosité dont je puisse être capable en ce moment. Je ne peux pas vous faire l'amour, aussi belle ou moche que vous soyez...par internet ce n'est guère possible, et je ne suis de toute façon pas encore équipé d'une webcam. Non ce que je peux .../...
Bref compte-rendu du concert de De Kift au Théâtre des Bouffes du Nord
C’est le plus bel acte de générosité dont je puisse être capable en ce moment. Je ne peux pas vous faire l’amour, aussi belle ou moche que vous soyez…par internet ce n’est guère possible, et je ne suis de toute façon pas encore équipé d’une webcam. Non ce que je peux faire, c’est vous conseiller d’aller voir De Kift en concert. Cette semaine, ils jouent à Rennes, Evreux et Tourcoing. Hier, lundi 28, il jouait à Paris à l’invitation du label Mon Slip (des Têtes Raides) qui a eu la très bonne idée de sortir le premier disque français de De Kift.
De Kift (approximativement la jalousie) est un groupe hollandais qui a sorti son premier disque en 1989. A l’origine il s’agissait de quatre gars qui se la jouait punk rock, puis il y eut le départ d’un chanteur, la composition d’une bande-son pour un film -où Ferry, l’actuel chanteur, incarnait un détective improbable- et de quatre ils devinrent huit musiciens avec des cuivres, des claviers, de l’accordéon et…toujours l’énergie du punk. Aujourd’hui le groupe propose un spectacle à la croisée du cabaret, de la fanfare et du théâtre. Les chansons ont souvent pour thème des gars perdus qui ont le ventre qui gargouille et dont la vie est partie en quenouille. Ferry emprunte ses textes aux livres de la bibliothèque de son village. Il y a du Borchert, Rabelais, O’Connor, Byron mais tout ça mélangé, réarrangé et mis en scène avec beaucoup d’humour et de joie. Il est vraiment très difficile de ne pas sourire de bonheur devant ces types. D’habitude, ils chantent en néerlandais, mais comme ils sont en France pour quelques jours, ils ont fait l’effort de retraduire en français quelques unes de leurs chansons. Ils improvisent aussi quelques scénettes à destination des spectateurs.
Hier, c’était la quatrième fois que je les voyais et ce fut le même émerveillement que la première fois. Courez-y ! Je pense retourner les voir à Evreux ou Tourcoing. A ce moment, je vous donnerai un compte-rendu détaillé du spectacle. Mais si vous n’habitez pas loin de leur itinéraire de passage. N’attendez pas et n’hésitez pas à sacrifier une partie de scrabble ou une soirée télé. Je crois que vous me remercierez.
J'allais oublier, tout à mon émotion kiftienne. Ce lundi, il y avait Jasmine. Elle joue de l'accordéon, elle chante, c'est beau et charmant quand elle fait des bulles ou fait un petit peu la folle. Christian Olivier a lu un texte de Samuel Beckett, une lampe frontale sur la tête et un projecteur dans la tronche. Bon... je me couche.
Têtes Raides + De Kift (Printemps de Bourges 2004) - 25 avril 2004 - Le Phénix, Bourges
"Il neige sur le lac majeur..." , cette vielle scie signé Mort Shuman n'a pas été entonnée par le groupe hollandais De Kift, rassurez-vous... Pourtant, l'espace d'un instant, on a eu un peu peur en voyant débouler sur les planches un sosie hystérique de l'auteur de chansons pour Elvis Presley. Assister au retour de Mort parmi les vivants, cela .../...
« Il neige sur le lac majeur… » , cette vielle scie signé Mort Shuman n’a pas été entonnée par le groupe hollandais De Kift, rassurez-vous... Pourtant, l’espace d’un instant, on a eu un peu peur en voyant débouler sur les planches un sosie hystérique de l’auteur de chansons pour Elvis Presley. Assister au retour de Mort parmi les vivants, cela aurait été difficilement supportable… Même costard, même coupe de cheveux, même tête, on dirait bien que l’un des deux chanteurs de De Kift cultive cette fâcheuse ressemblance. Sinon à part ce détail amusant, la prestation bien frappée de De Kift a eu un effet rafraîchissant en cette chaude dernière journée du Printemps de Bourges 2004.
La troupe bigarrée, plutôt habitué des petites salles intimistes, n’a pas dû jouer souvent devant 5000 personnes sous un chapiteau géant. Pourtant, on ne croirait pas en voyant évoluer les membres de cette fanfare folklorique incroyablement survoltée : danses drolatiques, discours farfelus en français, chansons extraites de leur opéra traduites dans la langue de Molière pour l’occasion, multiples facéties, morceaux mêlant les dissonances du punk bruitiste et les chaudes sonorités de la musique folklorique en toute impunité... Rien n’a été « épargné » au public, absolument enthousiasmé par cette prestation tonitruante, décalée et fraîche. Totalement inconnu du grand public - et de la majorité des spectateurs présents -, De Kift a obtenu deux rappels salués par des ovations réservées en général aux méga stars. Incroyable… mais vrai !
Après avoir occupé le terrain toute la semaine avec un concert « conventionnel » à la Hune, un détour musical par la campagne berrichonne, un avis de K.O. social, le visuel du Printemps de Bourges 2004, un journal gratuit (Le p’tit bourgeon), une radio éphémère et des manifestations, les Têtes Raides clôturaient leur semaine à Bourges par un concert gratuit et populaire. Une excellente initiative qui permet tous les ans de réconcilier in extremis les « prolos » et le Printemps de Bourges car les prix prohibitifs pratiqués (billets pas vraiment donnés, 3 euros 50 la bière etc) dans une salle comme le Phénix en dissuadent plus d’un pendant la semaine printanière ! S’ils ont le cul entre deux chaises - difficile d’être à la fois jusqu’au cou dans le business et de le critiquer, à moins de pratiquer avec souplesse l’art du grand écart… -, les sept musiciens tout de noir vêtus ont au moins le mérite de poser des questions pertinentes lors de leurs concerts, manifs ou interviewes. Après une semaine la pancarte à la main, l’atmosphère était plutôt à la fête le dimanche ; devant un public venu pour communier avec ses héros, les Têtes Raides n’ont eu qu’à effectuer une nouvelle représentation de leur spectacle 2004 pour triompher le plus naturellement du monde. En mêlant chansons et rock, tubes et titres plus récents, interludes rigolos et moments graves, le groupe parisien a prouvé une fois de plus sa pertinence scénique, vingt ans après ses débuts.
Rien de « chiant » dans ce spectacle resserré par rapport à celui donné à la Coopérative de Mai en mars, le public éprouve la joie simple de retrouver une troupe soudée, tour à tour drôle ou énervée mais toujours heureuse de partager Qu’est ce qu’on s’fait chier, Civili, Patalo ou encore Hexagone, Ginette ou L’iditenté avec son public, aux anges. Ragaillardi et plein d’espoir l’espace du concert, on quitte quand même Bourges en pensant que rien n’est gagné. Après tout, le "nouveau" premier ministre s’appelle Jean-Pierre Raffarin et il vient de nommer au poste de ministre de la culture un certain Renaud Donnedieu de Vabres, un homme proche du peuple qui « va tout faire pour défendre l’exception culturelle française » (rires).