Kings of Leon est un groupe de rock composé de trois frères et d'un cousin, originaires du Tennessee. Leur musique est influencée par leur culture religieuse (leur père est un prêcheur de l'Église Pentecôtiste Unie), la scène de Nashville et leurs racines du sud. King's of Leon mélange allègrement garage rock et Southern swagger.
Créé en 1971, le festival Roskilde est un des rendez-vous incontournables du circuit européen pour les artistes du monde entier... La raison de ce succès est assez simple : tous les ans, entre 75 000 et 100 000 personnes se pressent chaque jour dans l'enceinte de cet énorme festival. Celui-ci comporte 7 scènes devant lesquelles l'ambiance - ultra festive, très bon enfant et franchement familiale - est un véritable must... Avec pareille réserve de public, il est "facile" de se payer des têtes d'affiche d'envergure mondiale comme Radiohead, Neil Young, Jay-Z, My Bloody Valentine ou les Chemical Brothers, ce qui contribue à la renommée de ce grand raout estival. Les fans de musique venus de l'Europe entière s'acquittent sans broncher de la somme de 200 euros pour rester pendant 4 jours dans une véritable ville accueillant en parallèle des concerts (dans tous les styles possibles), un cinéma, une boite de nuit, un skate park, une cathédrale de silence, une patinoire, un lac pour nager, un lac pour pêcher, des plages, des supermarchés, une gare et - bien sûr - d'immenses campings.
Sorte de mélange réussi entre les festivals de Glastonbury en Angleterre (le gigantisme et le temps, souvent pluvieux), Benicassim en Espagne (la programmation indie pop rock classe, le rassemblement de gens beaux, en bonne santé et pas exactement dans le besoin ) et les Vieilles Charrues en Bretagne (pour l'ambiance de fête intergénérationelle et un mélange des genres assez audacieux entre pop consensuelle danoise, têtes d'affiche internationales classieuses - electro/pop/rock/soul - ou heavy metal daté : Judas Priest), le Roskilde Festival permet de se plonger quatre jours durant dans un incroyable bain de foule en écoutant en bonne compagnie - ah, le charme des Danoises ! - les meilleurs groupes du monde. Retour sur un week end musical de rêve au pays des gentils Vikings...
Jeudi 3 juillet :
Les choses sérieuses commencent dès le premier jour puisque les superstars de Radiohead sont attendues sur la scène Orange à 22 heures pétantes... La foule déjà très compacte (67 000 spectateurs ont acheté un forfait 4 jours, plus les bénévoles, les invités etc etc) n'a pas de soucis à se faire pour patienter avant les Anglais : la programmation est copieuse.
Duffy
C'est donc un véritable ras de marée humain qui s'abat vers 18h sur la Roskilde Arena - un chapiteau de la taille d'un zénith situé à l'entrée du site . Impossible d'approcher de la scène, mais ça ne fait rien, c'est la très "variété soul" Duffy qui officie sur les planches. Pas de quoi fouetter un chat...
Juste le temps de déguster une bière Tuborg (sponsor du festival), de découvrir un peu le gigantesque site, ses immenses allées peuplées d'une foule bigarrée (jeunes, moins jeunes, personnes vraiment âgées, handicapés, parents avec bébé... ) et la propension des Danois à uriner absolument sans aucune gêne partout (quel que soit leur sexe !), et l'on se retrouve devant la monumentale scène orange placée devant un site grand comme deux terrains de foot...
Teitur
C'est une des vedettes locales, le songwriter pop folk Teitur, qui joue sur scène, et il fait un triomphe. Son répertoire inégal comporte de belles réussites, mais le lieu semble quand même un peu grand pour ses petites chansons intimistes, même s'il est accompagné d'un groupe complet. Sa prestation au festival Europavox en 2006, dans un lieu beaucoup plus petit il est vrai, était plus marquante.
MGMT
Il est déjà temps de rejoindre le Roskilde Odeon - un chapiteau de grande taille - pour assister à la prestation très attendue des New Yorkais de MGMT. Entourés par un groupe au taquet, les deux protagonistes du groupe se mettent le public dans la poche en deux temps trois mouvements avec leur mix sexy entre pop, rock, psychédélisme, funk et electro. Habillé comme un shaman croisé avec Keith Richards, le chanteur/guitariste varie admirablement les ambiances délivrées par sa voix malléable à l'envi. Les hits se succèdent à un rythme soutenu (Time to pretend, Electric feel, Week end wars, Pieces of what, The Youth et le génial Kids en final triomphal), et ils sont entrecoupés par des parties plus psychédéliques de nature à faire planer dans de hautes sphères. Et l'on commence à se dire que Roskilde, quand il ne pleut pas, c'est le paradis sur terre : MGMT en grande forme sur scène, de la bière de bonne qualité, un soleil radieux, des top models partout (une véritable torture, d'autant qu'elles ont souvent les seins gonflés par le désir de vivre... ), une ambiance "peace and love" facon Woodstock...
Gossip
Après ce très bon moment, se pose le premier dilemme du festival : faire la queue pour renter dans le mosh pit protégé (pour éviter les mouvements de foule et les drames comme celui de 2000 : 8 morts) afin de voir une énième fois Radiohead ou assister à la prestation des démoniaques Gossip. Notre sang ne fait qu'un tour : Radiohead a un peu tendance à nous fatiguer avec ses côtés sérieux, moralisateurs et mercantiles, direction l'Odeon pour Gossip donc. Dès les premières secondes du show, on s'autofélicite : Beth Ditto et son armada punk funk démontrent devant nos yeux et nos oreilles ébahis une propension à électriser n'importe quel auditoire ! Entre punk diabolique, soul à la Janis Joplin, rock bruitiste et electro dance hédoniste, Gossip en met plein la vue aux festivaliers, totalement ravis... Cette femme au physique hors norme possède un don unique pour communiquer sa foi en sa musique et faire partager aussi bien ses idées pro homos que ses douloureuses peines de coeur. Devant pareille démonstration, on a souvent très envie de la serrer fort dans nos bras pour la réconforter et la remercier, quand on ne pense pas à bouger son corps comme un petit hystérique. Et l'on n'est pas le seul à être enthousiaste : les tubes du groupe sont accueillis de manière hyper enthousiaste par la foule, qui n'en revient pas d'assister à pareille fiesta sonique : Yr mangled heart, Standing in the way of control, Heavy kross etc etc. Si Beth Ditto est une performeuse de génie, l'excellent guitariste, la puissante batteuse et le furieux bassiste/clavieriste ne sont pas étrangers non plus au succès retentissant de cet hallucinant show. Désolée que le public ne puisse assister au concert de Radiohead - qui a commencé - Beth se lance au cours du live de Gossip dans une reprise a capella drolatique de Creep.
Radiohead
Après cette prestation positivement remuante, le show calibré et lointain de Radiohead dégage un léger sentiment d'ennui, malgré la qualité des morceaux interprétés et l'impressionnant light show. Pas sûr que ces gens là croient toujours en ce qu'ils font... Les quelques mots bredouillés par Thom Yorke accréditent d'ailleurs cette thèse : ils sonnent faux et distants après les incantations poignantes de Gossip, qui restera comme le point culminant de cette première soirée de feu au festival Roskilde.
Vendredi 4 juillet :
La journée du vendredi au festival Roskilde est un bon exemple de ce que peut offrir ce festival : une flopée de groupes "découvertes" ou non consensuels accueillis comme des héros par un public en liesse. Un exemple : Nick Cave et son projet rock bruitiste Grinderman a droit au même accueil que Radiohead sur la grande scène, devant 50 ou 60 000 spectateurs...
Band Of Horses
En ce joli 4 juillet, jour de fête nationale américaine, c'est Band Of Horses qui ouvre le bal devant une foule compacte de 10 000 personnes sous la Roskilde Arena. Désormais superstars, les Américains sont acclamés comme des têtes d'affiche. Tant mieux pour eux, mais leur virage "classic stadium rock" grandiloquent à la U2 n'est pas une excellente idée, à notre humble avis. On préférait, et de loin, le son du premier album, à l'époque de leur passage à la Route du Rock, en 2006 ; il reste néanmoins une voix magistrale et un savoir faire impressionnant pour écrire des chansons qui accrochent l'oreille. Le chanteur en fait malgré tout beaucoup trop... Reste le titre The Funeral, toujours incroyablement émouvant. Et cette phase pleine de bon sens du leader de Band Of Horses : "Vous avez vraiment les plus belles femmes du monde ici !" Bien vu monsieur, il faudrait être aussi clairvoyant pour votre musique...
Gnarls Barkley
Juste après sur la grande scène baignée de soleil, le chanteur de Gnarls Barkley, l'imposant Cee-Lo vante, lui, la qualité irréprochable des poitrines danoises ; on peut être artiste et savoir apprécier des choses simples... Sinon, musicalement parlant Gnarls Barkley emporte l'adhésion grâce au show de Cee- Lo, l'homme à la voix soul en or. Entre deux ou trois blagues salaces et autres facéties, l'impressionnant bonhomme habite littéralement les morceaux écrits par Danger Mouse (planqué à l'orgue sur scène). Attention, malgré le caractère pro et carré du concert, la pop ' n soul sacrément groovy de Gnarls Barkley provoque des sensations de bien être incontrôlées !
Kings Of Leon
Après s'être sustenté avec comme fond musical et visuel lointain le bon concert de Vieux Farka Toure, le fils du légendaire bluesman africain Ali Farka Toure, retour devant la grande scène pour communier avec les quatre fils de prêtre de Kings Of Leon. Toujours impressionnant sur les planches, le combo américain a fait une nouvelle fois preuve de son savoir faire pour lancer une folle cavalcade rock 'n roll à base de tubes aussi accrocheurs et rugueux qu'authentiques et crasseux... Au programme, entre autres : Molly's Chambers, On Call, My Party et Charmer en rugissant final, plus de nouveaux morceaux prometteurs. Le tout envoyé en serrant les dents (allez, un petit sourire les gars !), pied au plancher et avec une énergie et une virulence inégalables. Malgré une petite baisse de régime en milieu de set, les Kings Of Leon ont prouvé sur la scène de Roskilde qu'ils formaient une machine de guerre scénique inattaquable. Leurs armes : batterie implacable, basse reptilienne, guitares tranchantes et chant volcanique... La Classe !
Santogold
Il est temps maintenant de faire bouger son popotin au son des pop songs épicées de l'Américaine Santogold, auteure d'un premier album de nature à illuminer une journée entière . Malgré la très faible durée de son set et ses propos un peu trop niais entre les morceaux (on croirait presque entendre cette endive de Celine Dion), la très en forme chanteuse a fait une éclatante démonstration de ses talents pour mixer dans sa centrifugeuse sonique electro, pop, R&B, reggae, soul, world et rock. C'est frais, explosif et roboratif, aucun doute là dessus ! Et le public chauffé à blanc de la Cosmopol (encore un immense chapiteau) l'a bien compris : il s'est lancé dans force danses groovy.
Grinderman
Place maintenant au plat de résistance de la soirée avec le show tétanisant de Grinderman, le nouveau groupe rock bruitiste de l'immense Nick Cave. Arpentant la monumentale scène comme un lion en cage à la recherche de sexe, notre homme et ses trois musiciens (une section rythmique en acier trempé et l'homme des cavernes complétement fou Warren Ellis au violon, à la mini guitare fuzz/wah wah et aux percussions diaboliques) ont littéralement brulé les planches avec un set en forme de boulet de canon bruyant, violent et dissonnant. Les imprécations du prêcheur avec de nombreuses idées derrière la tête (baiser à tout prix, se comporter comme un fou dangereux), ses embardées guitaristiques vrillantes et l'infernal vacarme de ses acolytes électrocutent le public sur place, sans le tuer, mais en l'irradiant d'une folle envie de tout casser... Avec entre autres Get it On, No Pussy Blues, Love Bomb, Go tell the Women et un nouveau titre des Bad Seeds en rappel, on peut vraiment dire que le public en a eu pour son argent avec le freakshow rock ' roll de Grinderman !
Yeayayer
Le périple nocturne se termine (pour nous) avec le très joli concert des Américains de Yeayayer sous le Pavillon, un chapiteau un peu plus petit que les autres et du coup plus convivial. Ravi de jouer au Danemark le jour de leur fête nationale, partant pour démontrer au public les immenses qualités de leur répertoire sautillant et aérien (cf l'album All Hour Cymbals), le groupe propose un set rafraîchissant, tourbillonnant et marquant. Les voix célestes, les harmonies vocales ultra pop, les guitares sidérantes et les rythmiques intenables s'unissent pour créer une pop world psychédélique et dansante. A voir absolument sur scène !
Samedi 5 juillet :
The Tings Tings
Illuminée par la prestation remarquable de l'éternel Neil Young (lire la chronique de son inoubliable concert), la journée du samedi 5 juillet fut également riche en bon moments. Dès 12h30, The Tings Tings se font forts de faire bouger le public avec les hits en or massif (Shut up and let me go, That's not my name, Great DJ, Be the one etc etc) présents sur leur très festif album We Started Nothing.
Jose Gonzales
Jose Gonzales, quant à lui, réussit à donner un concert très intimiste dans un chapiteau bondé, enthousiaste et ultra respectueux (merci les Danois)... Sa voix et ses arpèges de guitares magiques ne manquent pas de transpercer le coeur des aficionados de folk pop enchanteresse. Cerise sur le gâteau, les reprises à couper le souffle de The Knife - Heartbeats - et Massive Attack, Teardrops.
Tokyo Police Club
Juste après, les Canadiens de Tokyo Police Club font bonne impression dans un style Strokes énervés et souriants.
Salomon Burke
Un peu plus tard, le grande revue soul de Salomon Burke réchauffe le coeur... Assis sur son trône, entouré par un groupe honnête, l'homme à la voix en or massif interprète les plus grands tubes de la soul avec maestria et professionnalisme. Même si l'on voit bien pourquoi il est là - pour gagner un joli paquet d'argent -, commet il chante admirablement et fait le show entre les morceaux, on repart content d'avoir croisé la route d'un légende vivante de la soul music.
The Raveonettes
Après la fin du set de Neil Young, les Raveonettes font un tabac à domicile devant une véritable marée humaine qui les acclame à chaque occasion. Toujours aussi bon ce groupe danois au regard tourné vers les fifties et les sixties !
Chemical Brothers
Juste après les Chemical Brothers font leur boulot : transformer une immense pelouse en dance floor géant. En pilotage automatique depuis trop longtemps, le duo assure le minimum syndical.
Black Mountain
Pour finir la soirée sur une bonne note, Black Mountain donne un concert d'anthologie avec son heavy rock furieusement psychédélique. Ce groupe là est un ovni noir scintillant dans la nuit... Sa musique métallique, viscérale, planante et ennivrante provoque des hallucinations de fort belle tenue en live (comme sur le disque In The Future) ! Un trip à essayer de toute urgence si vous avez un jour rêvé d'une infernale rencontre entre Pink Floyd et Led Zeppelin...
Dimanche 6 juillet :
A Kid Hereafter
Le festival se termine par une dernière journée pluvieuse, malheureusement. La star locale A Kid Hereafter offre un superbe set facon Mercury Rev/Flamings Lips au nombreux public de l'Astoria (une véritable salle de concert montée de toutes pièces pour le festival !). Bien allumé, le chanteur ressemblant à un savant fou vocalise joliment sur des symphonies pop psyché.
Cat Power
Malheureusement Cat Power et son groupe n'ont pas le même enthousiasme ; Chan Marshall fait le minimum car elle est fatiguée et énervée par la mauvaise qualité du son, son groupe l'accompagne sans conviction. C'est triste de voir ça quand on sait à quel point Cat Power peut nous transporter de joie quand elle est en forme...
Bonnie Prince Billy
Bonnie Prince Billy est, lui, plutôt de bon poil, il blague entre les morceaux, demande des champignons hallucinogènes au public et offre un set - 100% country folk - de bon aloi. On aurait préfèré un concert plus folk rock comme aux Eurockéennes de Belfort 2005, mais Will Oldham n'est pas du genre à transiger : et en ce moment, c'est à fond dans la country ! Donc acte. C'est à cet instant précis que les éléments se déchaînent et que le déluge s'abat sur le festival Roskilde.
Jay-Z
La prestation ultra pro de Jay-Z ne souffre toutefois pas de cet état de fait : le public danois est chaud bouillant même sous l'averse ! Le show mainstream, souriant et énergisant de Jay-Z et de son groupe fonctionne à plein regime : grâce au flow imparable du rappeur américain, à ses tubes interplanétaires et à sa bonne humeur communicative, on oublierait presque le côté consensuel de ce concert best of des familles. Mais il y a là de quoi lever les mains en l'air et passer un bon moment.
Digitalism
Le festival se termine avec une prestation impeccable des électroniciens allemands de Digitalism. Venus en voisins et gonflés à bloc, le deux musiciens s'y entendent parfaitement pour attiser le désir et faire péter les plombs de leur auditoire. A ce niveau, c'est du grand art ! Parfaite conclusion pour un festival de rêve donc. Si l'on est fan des grands festivals, le voyage à Roskilde au Danemark est vivement recommandé...
Pour ce troisième et dernier jour, une évidence s'impose : il y a comme un énorme trou d'air dans l'après-midi ! Pas assez motivé par Bat For Lashes (la dernière sensation indie, qui ressemble surtout sur album à du Björk unplugged, mais enfin Pierre a aimé sur scène !). Par contre les très Crampsiens The Horrors jouent en début d'aprème : il faut donc foncer ! Traverser Paris à 7 personnes n'est pas anodin, c'est donc en sueur et juste à temps, après avoir trahi les plus lents, qu'on arrive ... devant un petit panneau à l'entrée "The Horrors - annulé". Carton rouge à l'organisation : il le savaient très certainement déjà hier. Fait ch... !
Commence alors une longue errance à la recherche de la tête d'affiche perdue - ou du bon groupe non repéré... On passe ainsi un moment à Housse de Racket, Scène de l'Industrie, groupe de rock parisien d'une bêtise assumée et revendiquée, chantant à peu près aussi mal que les Naast mais eux, sans se prendre pour les Kinks... Affublés de costumes type Bjorn Borg 1979, et d'instruments qui semblent du même âge (ah, le piano-guitare, toute une époque !), ils pratiquent un disco-rap-funk-rock décérébré et plutôt rigolo qui peut rappeler dans ses meilleurs moments l'oeuvre récente de M. Katerine - leur chanson éponyme Housse de Racket, qui pompe sans vergogne au moins 3 airs ou riffs connus, est par exemple très entraînante. Bref, bête et sympa, et musicalement ça tient la route...
On jette aussi un oeil à Devotchka, orchestre de rock balkan popularisé par sa participation à la musique du plaisant Little Miss Sunshine. On note le splendide tuba rose fluo d'une jeune fille (qui taquine aussi la contrebasse) et la voix haut perchée du chanteur, qui enchaîne de jolis titres de slow pop, de folk pêchu et parfois même, de disco-musette slave qui rappelle bien évidemment le No Smoking Orchestra d'Emir Kusturica. Bref assez sympa à écouter vautré à l'ombre dans l'herbe (ou nous passerons une partie de l'aprème), pendant qu'ils cuisent en plein soleil sur scène, les pauvres...
Il est temps d'aller voir si le rock de Nelson est plus virulent branché qu'unplugged (on les avait aperçus sous cette forme dans un show-case...). Et en effet, c'est hargneux et joué avec un gros son pas mal. Leurs compositions sont recherchées et ambitieuses, souvent sur les traces de Sonic Youth et autres. Du coup pas immédiatement entraînantes, mais assez prenantes sur l'ensemble... Physiquement, on repense aussi par moments à Hollywood Porn Stars, autre groupe de jeunes rockeurs méchants et doués en costard-cravates, dont on est hélas sans nouvelles. Vers la fin ils enchaînent un longue plage noisy et un titre disco-rock plus sexy pour allumer enfin le public (Paid it All je crois) : incontestablement Nelson est un groupe prometteur, qui doit en plus être fort bon sur album !
On choisira par contre de passer rapidement sur la suite du programme de l'après-midi, soit un joyeux trio perdant... D'abord une Kelis qui a certes un groupe de rock (seule raison de sa présence j'imagine) et s'aventure donc parfois dans du rock US vaguement groovy, mais fait quand même surtout du R'n'B bling-bling (ce que je déteste viscéralement). Viennent ensuite les Kings of Leon, fratrie qui nous emmerde sur scène comme elle nous emmerdait déjà sur disque, avec ses compos prétentieuses et sans intérêt dont absolument rien ne surnage, et qui ne sont vraisemblablement connus que grâce à un bon attaché de presse, leurs gueules d'anges et leurs coupes de cheveux... trop toooooop ! Beuark.
On n'accroche pas davantage au concert de Just Jack, autre petit minet sans autres talents particuliers que d'avoir pondu un ou deux raps nonchalants comme la sympathique Writer's Block, idéal pour les soirées lounge-V.I.P branchées... mais expédiée dès le début et rendant le reste très insipide. Bref on s'emmerde ferme, et comme jamais à un festival auparavant, depuis la fin de Nelson ! Au point qu'on s'en réjouirait presque de voir Faithless, obscur groupe de dance/trip hop qui a survécu on-ne-sait-comment aux années '90 grâce à un unique tube appelé Insomnia, et doit sûrement sa présence au fait qu'ils ne doivent vraiment pas être chers - il faut bien économiser pour pouvoir se payer Björk...
Insomnia est d'ailleurs jouée dès le début, histoire que les gens s'approchent de la grande scène clairsemée. Certes le titre est sympa, comme deux ou trois autres (God is a DJ notamment, enfin au second degré quoi !), surtout qu'ils sont joués avec de vrais instruments ! Hélas au lieu de se contenter de nous faire danser sans réfléchir (tout ce qu'on leur demandait...), le groupe et son chanteur mystique se piquent en parallèle de faire une trip-hop militante, nettement en dessous du niveau de Massive Attack par exemple, et dans l'ensemble plutôt FM et indigeste... Ca finit heureusement sur un dernier titre dance très enlevé (Salva Mea ?), pour réveiller l'assistance qui semble en grande partie s'être assoupie.
Autant on n'attendait rien des 4 groupes précédents, autant on pensait quand même accrocher plus à la prestation de Craig Armstrong dont on adore le très atmosphérique The Space Between Us. Le bonhomme assis derrière son piano face à la scène, paraît tout droit sorti des Sopranos avec son cuir et ses cheveux gominés ! Hélas n'assumant pas réellement le côté piano/violon/harpe qui a fait sa renommée, il s'est adjoint deux jolies chanteuses, et joue plutôt du trip-hop sans grande saveur ni aucune force mélodique particulière, un comble quand même ! Mais peut-être que ce bien-aimé album n'était qu'une parenthèse dans sa carrière ? En tout cas, non, rien à faire, ici non plus on n'accroche pas !
Bref on n'a tenu le coup en ce dimanche interminable que dans l'espoir de voir enfin un concert de Björk, artiste complète et hors normes dont on a adoré certains albums (même si elle nous a souvent déconcerté avec malice), et qui nous fuit sur scène depuis 14 ans et son déjà splendide Debut, jusqu'à son dernier et plutôt convaincant Volta. D'ailleurs Mademoiselle Guðmundsdóttir prend un malin plaisir à faire durer encore un peu cette attente, tandis qu'on se place difficilement - et derrière un grand drapeau hélas - dans le moulon général qui s'est formé (pas aussi imposant que pour Radiohead l'an passé, mais presque). Le concert sera-t-il à la hauteur de nos espoirs ?
La vibrionnante fée arrive en tout cas dans un grand fracas d'applaudissements et dans une robe dorée (et très meringuée), flanquée d'une troupe de filles jouant des cuivres, dans des tenues et un décor qu'on qualifiera de ... chamarré. Il est vrai qu'à la vue de sa dernière pochette d'album, il fallait s'y attendre - l'esthétique de l'islandaise peut parfois s'avérer déconcertante, surtout depuis que Björk est sorti des images virtuelles qui la passionnaient dans les années 90, pour entrer dans une phase plus textile... On est toutefois rassuré dès les premières notes d'Innocence : ça va barder ! Plus encore sur la très tendue Hunter qui est un vrai plaisir à redécouvrir, même si les violons absents ont fait place à des cuivres, non moins efficaces.
Ceux-ci font également merveille sur les choeurs d'Immature, et l'on se sent prêt à chavirer de bonheur sur Joga, d'autant que le son est parfait... La suite est un voyage dans des titres plus calmes et parfois moins connus : dans Medulla avec l'étrange Pleasure is all Mine, dans Vespertine avec la trippante Hidden Place et une ou deux autres chansons non identifiées. Le groupe se rappelle alors qu'il faut faire un peu danser les gens : un enchaînement très plaisant entre la très groovy Earth Intruders et les beats phénoménaux de la mythique Army of Me mettront idéalement le feu à l'assistance !
Mais le spectacle est aussi visuel : outre le visage maquillé (et un peu fatigué) de Björk, qui crie de petits "Merci bien !" assez régulièrement, on voit sur les écrans ses musiciens (dans la section électronique : le fidèle Mark Bell et ses acolytes) utilisant d'étranges instruments très décoratifs, comme ces potards lumineux que poussent des doigts mystérieux, ou ce grand disque où ils déplacent et font tourner ce qui ressemble à des runes, déclenchant des dessins, des vibrations et des bruits. Chiqué ou non, en tout cas c'est plutôt classieux !
Le concert continue avec certains titres nouveaux (ou alors vraiment très peu connus - je sèche !), tour à tour électro ou plus calmes... Après un retour à Homogenic avec 5 Years, on revient subtilement à du plus dansant sur l'amusante Wanderlust, lente sur le chant et les cuivres, et rapide sur le beat, tout comme Hyper-Ballad... Et remise d'une couche d'adrénaline pure et de lasers (empruntés à Tool ?) sur la toujours mortellement efficace Pluto, où la demoiselle expose (explose) tout son potentiel vocal, mais nous quitte déjà, hélas, après une grosse heure de concert !
Au rappel, après nous avoir fait chanter "joyeux anniversaire" pour deux membres de sa troupe et avoir présenté celle-ci au pas de course, l'islandais interprète avec un pianiste un joli titre tout à fait inconnu et termine, comme on l'espérait, sur la formidable Declare Independance, de loin le moment le plus jouissif de Volta, avec ses vrombissements telluriques, devant un public définitivement déchaîné ! Il était hélas écrit que le concert devrait finir tôt (et donc être trop court) : c'est toutefois le seul reproche qu'on puisse lui adresser tant il fut à peu près parfait par ailleurs - pour les amateurs de Björk en tout cas, Pierre ;-) !!
Avant de partir, on aura l'occasion de dire à ce satané anglais et son immense drapeau à la noix (qui nous a gonflé tout le concert) qu'il n'est pas à l'Eurovision, que "Seeing your stupid flag all the time is a fucking pain in the ass !" (ouais parfaitement ! Bon, j'avoue, je l'avais préparée à l'avance celle-là). Et que si on était méchant (et fort) on lui aurait probablement tapé dessus... Rhaaa, que ça fait du bien de râler un bon coup et d'emmerder un emmerdeur ! Oyez, les Anglois sont nos alliés de festivals, c'est un fait, mais boutons leurs oriflammes et leurs monstres boueux hors de France !
En conclusion, on retient de ces très sympathiques (mais très inégaux) trois jours que tout de même, pour avoir une vraie ampleur il faudra sûrement rallonger l'enveloppe (le festival est déficitaire pour 2007 mais avec 2 ou 3 pointures en plus, une en métal ou en techno par exemple, qui sait s'il n'aurait pas fait le plein ??. Ou bien baisser le cachet et/ou le niveau de prestige des têtes d'affiches (au moins Tool et Björk ont dû coûter très cher...), pour éviter des trous manifestes. De plus, un peu plus de sérieux et/ou de franchise pour prévenir des annulations ne serait pas un mal non plus (comme celle d'Amy Winehouse, malade depuis une bonne semaine : même Voici a du en parler avant le site de Rock en Seine !)
Quant au rapport quantité/prix, ça vous dit un petit calcul ? En arrondissant un poil et au tarif pass 3 jours, et pour des concerts de qualité équivalente, les Eurocks proposent 75 concerts pour 90 euros et ici, "seulement" 45 concerts pour 98 euros ! Certes on ira pas, comme un illustre c... pouf pouf, comme un député de la majorité, jusqu'à décréter ce tarif "prohibitif" - comparé à trois jours de vacances présidentielles, ça reste très abordable ! Certes la subvention attribuée par M. J-P H. est déjà très généreuse, alors on peut peut-être encore mieux faire pour le même prix, un petit effort !
Quoi qu'il en soit on ne boudera pas la sixième édition du festival l'an prochain : 3 grandes et belles scènes, un site très agréable et régulièrement nettoyé par des petites mains de bonne volonté (bravo à elles !), pleins de chouettes concerts et de petites animations sympa (ah, cette nymphette black déguisée en écolière sexy et qui chantait du Nirvana...), le métro deux fois gratuit au retour et l'horaire qui permet de continuer la fête ailleurs... Rock en Seine, c'est pas encore parfait mais c'est quand même déjà de la balle !
Alors gloire à Jean-Paul Huchon et Longue Vie à Rock en Seine !!
PS : cette chronique est espécialement dédicacée à celle dont nous avons salopé l'appart pendant trois jours et qui nous a même nourri en échange !
Voici une critique brève, mais comportant la plupart des groupes présents durant les 3 jours du festival.
1er élément important, il a fait beau (juste de la flotte quand j'étais dans le métro pour y aller le vendredi) et ça c'était bien sympa et pas gagné (surtout vu le temps des jours/semaines/mois précédents).
Vendredi :
J'ai écouté quelques titres de Dinosaur Jr, ça ne m'a pas emballé plus que ça. J'en gardais pourtant un bon souvenir en CD, mais là bof.
Très bon concert de Mogwai que je connaissais très peu. Pas évident de rentrer dans leur musique dans le cadre d'un festoche, mais ça m'a bien plu.
Byffy Clyro très sympa, beaucoup plus brut de décoffrage qu'en CD. Un bon concert rock.
Emilie Simon magnifique de bout en bout (bon j'avoue je ne peux pas être objectif la concernant). Ca m'a fait super plaisir de la voir enfin.
Les Hives ont bien mis le feu. Très agréable en festival, ça bouge, ça rigole, ça met l'ambiance.
Plutôt déçu par 2 many Dj's. Pas de grand intérêt à les voir en live pour moi.
La tête d'affiche de la journée était Arcade Fire. Très bon son, setlist plutôt bien fichue. Pas mécontent de les avoir enfin vus. Un très bon groupe du reste.
Je ne suis pas resté jusqu'à la fin pour aller voir le groupe qui me plait le plus en ce moment, à savoir UNKLE. Vraiment pas déçu, bien au contraire. Ca bouge beaucoup. Un excellent concert. Ca assure carrément.
Samedi :
Les Cold War Kids, bah rien de spécial, c'est sympa sans plus.
Erik Truffaz, dans le style (jazz machin chose) s'écoutait assez agréablement.
J'ai bien aimé le concert de Jarvis, même si je conçois que pour ceux qui ne connaissent, ça puisse être dur de rentrer dedans. C'est assez lent et mélancolique. Il est bien sympa en tout cas et a terminé en reprenant Paranoid de Black Sabbath.
CSS c'était marrant sans plus.
Bonne 1ère claque avec The Jesus & Mary Chain que je connaissais peu. Très bon son, ambiance sympa, morceaux bien fichus, bref un bien bon concert.
J'étais assez mal placé pour les Rita Mistouko et passé la 1ère demie heure, ça m'a soulé, donc je me suis eclipsé. Ca devait être mieux placé plus devant.
Claque énormissime pour le dernier concert à savoir Tool. Je n'avais jamais entendu un son aussi lourd et bon à la fois. Pas de temps mort, un jeu de lumière bien foutu, des morceaux torturés à souhait. LE concert du festival pour moi et de très loin.
Dimanche :
J'ai entendu la fin de Mark Ronson et ça s'écoutait.
Kelis, vu que c'est pas ma came, ça m'a gavé.
Très bon show des Kings Of Leon que je voyais pour la 1ère fois et j'en ai été ravi.
Just Jack (que je ne connaissais pas et qui n'est pas ma tasse de thé à 1ère vue) m'a bien plu.
Excellent concert de Faithless. Ils assurent bien, ça bouge beaucoup et c'est bien sympa.
Craig Armstrong chiant à mourir (et pourtant j'ai le 1er album)
Björk, comment dire ? Alors c'est sans doute une énorme artiste, une chanteuse d'exception tout ça, mais j'ai trouvé ça bien décevant. Entourée de cuivres, il n'y a pas un autre instrumentaliste (tout est programmé sur ordi), donc c'est super lent, épuré. Chez soi, ça peut le faire, mais là dans un festival de rock, bah ça fait tâche je trouve. Ai tenu 20 minutes et même les titres que je connaissais m'ont soulé. Beaucoup de gens n'ont pas tenu longtemps non plus.
Du coup suis allé voir Enter Shikari mélange détonnant de HxC, Metal, Techno machin truc. Ils avaient la pêche. Soulant à la longue, mais excellent et original.
Donc en résumé un bon festival, un très bonne ambiance, nettement moins de monde que l'an dernier (affiche moins alléchante et temps de merde avant notamment), pas certain que ce soit bon de rester sur 3 jours (2 ça suffit). Très content de mon WE en tout cas qui m'a permis de voir des groupes que j'aime bien et d'en découvrir d'autres. Je suis même tombé sur Mareva Galenter et Jack Lang (je ne leur ai pas fait mal je pense). Ah oui, ils n'étaient pas ensemble je vous rassure.
Dès 14 heures, Bat For Lashes place les débats à une altitude très élevée… Sa musique, entre Björk, Kate Bush et CocoRosie, provoque des sensations inédites, grâce à une voix prenante, des arrangements audacieux et des musiciennes inspirées… Les tenues des quatre protagonistes sont futuristes et plutôt avant gardistes/branchées, mais l’attitude est naturelle, simple et décontractée. Pas de caprice de star donc, mais des morceaux bien écrits (cf son album Fur and gold), plutôt originaux et immédiatement captivants. Un début de dimanche après-midi comme on aimerait en passer plus souvent…
L’annulation des extraordinaires The Horrors (un groupe à voir absolument sur scène !), prévus à la même heure que Housse de Racket nous contrait à nous rabattre sur le jeune groupe francilien fan de tennis… Contre toutes attentes, et même si l’on se demande pourquoi ce groupe parodique prend la place de jeunes autres groupes écrivant de meilleures chansons, Housse de Racket a proposé un concert hilarant, décalé et assez enthousiasmant. Ils écrivent des titres anecdotiques, ils pompent leurs contemporains à tout va, ils chantent faux, ils se la pètent, non ce ne sont pas les Naast, ce sont bel et bien les… Housse de Racket, un croisement audacieux entre les Naast, le nouveau rock parisien de privilégiés sans talent, Phoenix, Air, Daft Punk et -M-. Cela pourrait être nul, ça l’est d’ailleurs eu (beaucoup) quand même, mais c’est fait avec un talent certain pour l’autodérision, un sens du spectacle inné, une conviction hallucinante et un humour ravageur. Les facéties, et autres discours débiles sur le tennis (« on fait de la musique de stade ! », « c’est super d’être sur la même affiche que Bjorn Björk » etc) se succèdent donc à un rythme effréné, à la grande satisfaction du public, conquis. Jeu, set et match donc pour Boris Bockor , Aleksander Passinshov, Tennis Mat, Vico Vix et Repi Rep.
Changement radical de style juste après, avec la musique d’Europe de L’Est des Américains de Devotchka. En plein jour, avec un son médiocre, une batterie beaucoup trop forte, ce quatuor basé à Denver n’a eu pourtant aucun mal à convaincre le public avec ses compositions tout à tour émouvantes et festives. Proche de Beirut dans l’esprit, Devotchka a la chance de posséder en son sein un vocaliste chantant comme un Jeff Buckley des Balkans, un violoniste virevoltant et une multi instrumentiste douée (trombone etc). Agrémenté de deux ou trois danses slaves, de quelques parties de Theremin (tout en jouant de la guitare, s’il vous plaît !) bien senties, le set de Devotchka a permis de prolonger un après midi divin au soleil. A revoir avec un meilleur son, dans une salle plus appropriée…
Collaborateur d’Amy Winehouse, Mark Ronson a fait plutôt bonne impression avec sa revue soul présentée sur la grande scène. Les morceaux instrumentaux évocateurs (parfaits pour des BO de films) et les titres chantés par différents interprètes se sont succèdés sans temps morts. La remplaçante d’Amy Winehouse était plus convaincante sur les titre soul Rhythm & blues que le sosie de M Pokora, mais l’ensemble était de bon aloi…
Kings Of Leon : guitares génialement basiques, chant habité, solos chromés et rythmiques énormes.
Le grand moment de la journée fut constitué par le set hargneux et sec des Kings Of Leon, quatre gamins aux allures de gravures de mode jouant comme des baroudeurs à la Creedence Clearwater Revival. Pas une trace de mauvaise graisse ici : que du bon rock ‘n roll près de l’os avec riffs de guitares génialement basiques, chant habité, solos chromés et rythmiques énormes. Pas de fioritures, juste ce qu’il fait de poses et des morceaux en acier trempé, voilà les points forts de ce groupe américain béni des dieux… Doués comme c’est pas possible, les quatre desperados aux gueules d’anges savent varier les ambiances, changer de rythme et se la jouer psyché (comme sur le premier titre de l’excellent dernier album) quand c’est nécessaire. Inutile de dire qu’on passe un moment de rêve, comme la grande majorité du nombreux public d’ailleurs, en compagnie de ce groupe d’exception. On attend la suite de leurs aventures musicales avec une grande impatience…
Comme au Printemps de Bourges cette année, ce jeune groupe a fait montre d’un abatage, d’une énergie et d’une bonne humeur rafraîchissantes. Son punk rock nirvanesque à base de hurlements, de guitares sauvages et de rythmiques ne tenant pas en place est un hommage permanent à l’histoire du rock ‘n roll hystérique. Sur scène, ça déménage sévère, dans le public, tout le monde est positivement ravi… Que demande le peuple ?
Björk : ne sait plus trop quoi inventer pour épater le bobo…
Tête d’affiche incontournable ayant rameuté le gros des troupes sur le Parc de Saint-Cloud, Björk a offert au public, visiblement sous le charme, un concert déjà vu, facile et sans chaleur. A l’image de son dernier album, très fade et constamment soporifique, la diva islandaise – qui possède toujours un joli brin de voix, il faut lui accorder ça – semble avoir fait le tour de la question sur scène : elle ne sait plus trop quoi inventer pour épater le bobo, et toutes les chansons se ressemblent… Très rapidement, un sentiment d’ennui apparaît, et les images du concert magique de Radiohead - l’année dernière, au même endroit - reviennent en mémoire.
Rock en Seine 2007, comme les autres éditions de ce festival sponsorisé par Jean-Paul « coeur de rocker » Huchon (encore à créditer d’un édito jeuniste assez risible dans le programme du festival), a permis de passer un week-end parisien riche en concerts mémorables. Le passage à trois jours de festivités a un peu dilué la qualité, mais la programmation reste quand même extrêmement classe.
Entre le Roi, les Reines et les Empereurs, la journée du vendredi marquait le coup : Kings of Leon, Queens of the Stone Age, Kaiser Chiefs mais aussi Pearl Jam, Arctic Monkeys et Lily Allen.
Après un petit passage par les assez banals OI VA VOI, le groupe familial KINGS OF LEON débarque sur la grande scène, livrant une excellente prestation, Caleb Forthwill, malgré son brushing Schwartzkopf qui le faisait furieusement ressembler à Francis Lalanne, a grande voix et grande présence. Les tubes (Four Sticks, California Waiting, Bucket) sont au rendez-vous. On peut cependant déplorer leur froideur vis-à-vis d’un public pourtant massivement rallié à leur cause. Reste que ça reste un excellent moment avec même un petit clin d’œil à Eddie Vedder au moment du rappel de Slow Night So Long .
Enchaînent les KAISER CHIEFS : voici un groupe aux morceaux anodins (bon, Ok, sauf Everyday I love you less and less , I predict a riot (je rêve ou c’est surpompé des Clash ?) et à la limite Ruby …) et qui pourtant réussit à nous scotcher sur place pendant 1h. Incroyable énergie du frontman, qui a défaut de savoir chanter, possède un charisme certain, et du batteur souriant et échevelé, quel bonheur de voir des gens prendre autant leur pied sur scène. Bref avec leurs refrains à deux balles ils arrivent à emmener le public. Nul sur disque, incontournable sur scène. Pour une fois qu’un groupe anglais ne fait pas la gueule...
Une fois de plus je fus déçue par les QUEENS OF THE STONE AGE. Faut que se rendre à l’évidence, tant que Nick Olivieri (actuellement victime de la même expérience que Jimmy Chamberlain au sein des Smashing Pumpkins) ne réintégrera pas le navire, nous serons forcés de nous farcir des concerts insipides et commerciaux. Adieu la force virile hypnotisante de Josh, adieu les longs head bangings, les solos stoners élastiques et interminables… Josh Homme un peu bourré et visiblement pas guéri de ses vieilles obsessions sexuelles récurrentes, demande aux Belges s’ils fuckent bien… mouaif. Il y a 2 ans leur concert aux Eurocks était autrement plus convaincant.
Peu après on retrouve LILY ALLEN sous la Marquee (le dernier concert de BLOC PARTY ayant été un souvenir détestable). Le succès musical de cette nana est assez surprenant et son essentiellement dû à ses textes crus et à sa façon d’haranguer le public de façon très vulgaire. Mais n'étant guère un fin anglophone je comprends aussi bien son discours que si il sortait de la bouche de Joey Starr. Et le tout n'est pas super entraînant. Consternés, nous nous éclipsons au moment où la Miss annonce que sa prochaine chanson portera sur les micro-pénis.
Après avoir préparé leur cartable de la veille, et demandé à leur maman un sandwich au Nutella et un Fanta pour le goûter et ayant préalablement fait viser leur carnet de correspondance par le proviseur, les adolescents de ARCTIC MONKEYS se sont finalement produits sur la Grande Scène. Belle prestation. Leurs nombreux tubes font bouger tout leur public, et si leur rock reste bien basique il est redoutablement efficace. C’est autre chose qua Naast, Brats, Plast, Fifi et Loulou, leurs pendants français.
C'est à PEARL JAM que reviendra la lourde tâche de clôturer la soirée. Cela faisait quelques années que le groupe n'avait plus été vu en festival ((suite à un mouvement de foule, 7 fans sont restés sur le carreau au Roskilde. Comme quoi être fan de Salvatore Adamo n'a pas que des désavantages). La leçon a été retenue. A Werchter, des tranchées de séparation découpent le public (c’est pas toujours ultra convivial mais ça permet de gérer les gros mouvements). Eddie Vedder et tous ses amis livreront un set d'un rock basique mais efficace. ça se passe sans grosse anicroche, avec une belle envie et énergie, même si on est assez surpris de voir une tête d'affiche avec des compos assez faibles. Mais le rappel sur une reprise des Who (Baba O'Riley) est juste énorme avec un petit passage de Josh Homme, visiblement pas dessaoûlé depuis son concert. C'est heureux qu'on reprend le chemin vers sa tente. Réagir à cette critique