You gotta fight for your right to party
Après un Garage Club chapitre 2 bien percutant (et pour le coup, bien garage) avec
The Lords Of Atamont et
The Suppositorz, l’édition suivante s’annonçait sans une seule once de rock garage, mais l’appellation « Garage club » semble vouloir dire « un concert de rock à tarif réduit » donc… ce n’est pas le moment de faire la fine bouche, profitons-en ! Direction la Coopérative de Mai pour voir ce que valent sur scène les jeunes New Yorkais de
We Are Scientists, récemment auteurs d’un album truffé de tubes disco punk à faire tourner les têtes. Et bien, sur les planches, le trio se révèle aussi habile et enthousiasmant que
sur disque, sans toutefois chercher à inventer quoi que ce soit. En 55 minutes chrono et sans rappel, ces scientifiques d’un nouveau genre ont fait montre d’un remarquable savoir faire pour faire danser et remuer au son de leurs titres post punk mâtinés de disco, de rock bruitiste et d’une lichette de grunge. Pour être encore plus clair, on a la fort agréable impression de voir les
Talking Heads et
Franz Ferdinand jammer avec
Sonic Youth et
Nirvana… Ainsi, on obtient une série de tubes avec lignes de basse ultra dansantes, batterie martelée, guitares funky puis dissonantes et punk sur les refrains, fédérateurs en diable.
C’est très simple, assez bruyant, souvent brouillon et super efficace, tout ce qu’il faut pour se dégourdir les guiboles… et les zygomatiques. Car cette bande de petits garnements n’hésitant pas à monter sur scène sous perfusion Jack Daniels compte en son sein, une sorte de pitre déguisé en
Beastie Boys sur le clip de
Sabotage : moustache top ringarde, coiffure frisée improbable (approuvée par Royal Canin), chorégraphies robotiques du meilleur effet et discours en franglais hilarant font partie des armes de ce personnage haut en couleurs. Cela donne un côté festif (dans le bon sens du terme) au show de
We Are Scientists ; la bonne humeur de l’homme à la basse se propageant au reste du groupe et en particulier au chanteur, fréquemment pris de fous rires incontrôlables entre deux remises en place de mèche rebelle et autres pas de danse sexy ou maltraitance de guitare entraînant des larsens. On aurait souhaité un concert légèrement plus long et une reprise en forme de clin d’œil de
Fight for your right (to party) des
Beastie Boys – qui aurait été fort à propos dans cette ambiance de bringue rock ‘n roll. Mais à part ça, difficile de bouder son plaisir : on a passé un moment bien rock, en riant souvent et de bon cœur, entre les titres enchaînés façon Blitzkrieg pop sonic punk. Certains vont encore dire que
« le rock c’est sérieux et blah blah blah », certes, mais on se battra toujours pour avoir le droit de faire la fête…
Et ce n’est pas les Clermontois de
The Kissinmas – qui ont assuré une première partie très réussie – qui nous contredirons, eux qui ont passé 40 minutes à faire hurler et se trémousser leurs très nombreux fans avec une pop teintée de rock et de disco punk. Dès qu’il s’agit de produire une bande son idéale pour draguer les filles et s’amuser en bonne compagnie, ces jeunes gens aux goûts très sûrs s’y entendent parfaitement... Les sept musiciens (guitares, basse, batterie, chant, percussions, orgue) ayant écouté
Blur, les
Kinks et
Franz Ferdinand plus que de raison prennent réellement un pied incroyable à se produire sur scène ! Et cette rafraîchissante joie de jouer est communicative : tout le monde (quasiment sans exception) crie, siffle, danse et voudrait que ça dure toute la nuit. Si les influences citées plus haut se remarquent aisément, les compositions de
The Kissinmas sont bien écrites, vont droit au but et sont de nature à permettre de prédire un avenir radieux à cette bande de potes débridés. Un jour proche, à la fin de leurs concerts, ils compteront les (nombreux) billets récoltés par leur stand merchandising avec un air détaché, comme le chanteur/comptable de
We Are Scientists. C’est en tout cas tout le mal qu’on leur souhaite !
Sites Internet :
www.wearescientists.com,
www.thekissinmas.com,
www.myspace.com/thekissinmas.