Alors qu’une polémique un peu vaine pointe du doigt les textes de certains rappeurs, l’Affranchi nous a proposé trois jeunes groupes prêts à en découdre avec la morosité ambiante et ce fut ma foi plutôt réussi.
Arrivé à la milieu du set de
L’homme parle, on constate que la salle est bien pleine et l’ambiance perceptible bon enfant.
Bon à vrai dire le style de ce premier groupe n’est guère transcendant mais ils ont un petit coté united colors of …(avec le tatoué, la chanteuse, le mec aux locks pour la caution ragga) pas désagréable et développent une certaine énergie sur scène.
Pendant le changement de plateau des clips un peu cheap sont projetés avant qu’un Dj Detect en grande forme ne vienne scratcher sur du
ParaOne , on pense qu’il assure la transition mais en fait
Fuzati le rejoint et c’est avec surprise qu’on voit la tête d’affiche du soir ne pas jouer en dernier, apparemment fatigué d’une tournée longue d’un an, qui les avait vu déjà passer à Marseille au printemps dernier dans une salle bien moins chaleureuse.
Ici la plupart du public est acquis à la cause du MC Versaillais, qui nous livre une prestation encore une fois ébouriffante, avec ses tubes bien sûr (
« Baise les gens », « La femme de fer », « Sous le signe du V », repris en chœur par les fans) mais également beaucoup de freestyles inédits.
A partir de quelques mots comme crevette, rideau, le label culte
Fondl’em, le rappeur masqué se lance des narrations parfois à la limite du scabreux mais retombe toujours sur ses pattes, arrive à taper là où ça fait mal, y compris son public qui télécharge plus qu’il n’achète ses disques.
Un show généreux où on retiendra en plus du gout du risque du bonhomme un agencement efficace de sons nouveaux ou classiques comme ce
’93 till infinity’ des
Soul Of Mischief sur lequel Fuzati conclut avec un texte nostalgique, désabusé et drôle, qui résume parfaitement l’atmosphère qui régnait pendant cette heure.
Après cette claque on hésite à rester, mais les
Frer 200 ont réussi à gagner notre sympathie et capter notre attention à la fin de leur deuxième morceau qui les voit épeler « L-O-L / A-S-V » en mimant un nerd taper au clavier.
On ne comprend pas toujours ce qu’ils racontent, ça crie fort et le son est réglé à fond mais il faut bien avouer que c’était plutôt frais comme découverte. Et physique aussi.
Un trio à casquettes et shorts XXL, avec le fils caché de
Dr Dre et
Todd Bridges, qui s’inscrit dans la lignée déconneuse et tapageuse des
Svinkels,
Saian Supa Crew et
TTC pour situer, avec un coté euro crunk homo thug auquel on était pas préparé, des instrus malmenant musiques Latino, Arabe ou Tango quand ce ne sont pas
The Game, Missy Elliott,
Ying Yang Twins (parodie tordante de
« Wait » ) qui sont détournés, et des clin d’œil appuyés au
Roi Heenok, t’entends ?!
On est curieux d’entendre ce que ça peut donner sur disque, et dans une salle pas désertée aux deux tiers comme ce fut hélas le cas pour cette dernière partie.
Chouette soirée en tout cas, on y reviendra.
Photos Pirlouiiiit