Malgré tout l’intérêt, voire l’admiration que l’on pouvait porter au disque du Klub des Loosers on pouvait craindre d’être déçu de sa toute première prestation live à Marseille, ayant lu de-ci de-là des avis assez partagés et sachant que ça se déroulerait au Cabaret Aléatoire.
Ca amuse mon entourage mais à chaque soirée passée là bas, je lance que je n’y mettrai plus jamais les pieds, en général assez écoeuré du son souvent minable et du public jemenfoutiste habitué des lieux qui avait réservé il y a quelques semaines à peine un accueil des plus froids au set electro pourtant renversant de Ddamage.
Ce ne fut heureusement pas le cas pour notre ami Fuzati, en tout cas en ce qui concerne les premiers rangs tout acquis à sa cause.
Une assistance plutôt jeune et masculine de sympathiques nerds qui pour certains connaissaient les textes par cœur, que ce soient les hymnes de l’album « Vive la vie », « La femme de fer » (sa sordide chanson d’amour avec une cul-de-jatte) l’hilarant maxi absent du LP ou encore un de ses morceaux avec l’Atelier.
Il débarque avec masque, visière et veste d’un goût douteux, accompagné de l’excellent Dj Detect dont on avait déjà pu apprécier les talents de scratcheur avec son groupe Gravité Zero lors du dernier festival Marsatac.
Bonne présence scénique du bonhomme à l’humour noir contagieux, il s’adresse au public à pas mal de reprises, notamment pour demander des thèmes pour improviser des freestyles, et fait hurler les punchlines de ses textes les plus percutants ( « Baise les gens », « Pas stable », « Dead hip hop ») dans la plus pure tradition des call and response.
Si son cœur de cible est évidement les amateurs de rap, on ne peut s’empêcher de trouver une dimension pop à son art, malgré la dureté des thème abordés on est enthousiasmé par sa nonchalance et son bagout, sans parler de ces instrus tragi-comiques qui s’avèrent particulièrement efficaces.
Pas le temps de s’ennuyer donc, on en ressort même agréablement surpris, le personnage étant aussi attachant (si on ne prend pas ses horreurs proférées au premier degré bien sûr) sur disque qu’en concert.
La suite sera forcément moins drôle : la tambouille indigeste de N.O.H.A, genre de fusion drum’n’bass / acid jazz aux relents de Goran Brégovic (bâillement) qu’on pensait enterrée avec les années 90, ce n’est pas grave « tu sais », la soirée avait fort bien commencé et nous laissera un assez bon souvenir.