En ce mois de janvier assez calme, le passage de K’S Choice constituait une bonne occasion d’assister à un concert de pop-rock. De plus, la première partie prévue, Das Pop, était, paraît-il, intéressante. Raté ! Finalement, c’est
Venus In Flames, un jeune homme tout seul s’accompagnant à la guitare sèche, qui ouvre la soirée.
Grâce à un physique enjôleur (une belle gueule, une coiffure à la Sinclair, un Marcel très classe) et à une attitude conviviale sans être racoleuse, Venus In Flames a reçu un accueil très chaleureux de la part du jeune public venu entendre Sarah Bettens et Gert Bettens. Doté d’une belle voix et sachant composer des chansons folk qui tiennent la route, ce monsieur semble promis à un bel avenir. Bien sûr, Venus In flames reste assez gentil mais tout le monde ne peut pas être aussi talentueux et torturé que le génial Joseph Arthur. Après une demi-heure de concert, dont une agréable reprise du « Needle and the damage done » de Neil Young, il sort sous les applaudissements et les «encore». Mais le timing doit être respecté, le rouleau compresseur implacable du show biznesss, ne doit pas être entravé : les camions doivent être chargés pour poursuivre la tournée et tout le monde doit être au lit à 23 h car demain, il y a école.
Sur disque, la musique de
K’S Choice est délicatement mélancolique, le groupe arrive à créer des ambiances subtiles grâce à la voix de Sarah et aux compositions de son frère Gert. Le contact avec les foules américaines lors des festivals Lilith Fair a sans doute poussé nos amis belges à jouer à fond la carte de l’entertainment.
On passe un bon moment mais tout ça reste quand même propre, gentillet et convenu. Il faut signaler que tous les membres du groupe sont souriants, contents de jouer, et polis. Presque trop d’ailleurs : une vingtaine de « merci beaucoup » viendront ponctuer les chansons. Ce concert peut recevoir le label « soutenu par l’office catholique » : pas une cigarette, pas une cannette de bière sur scène, pas une grossièreté… Ah si : « vous voulez du rock ‘n’ roll ? » Que les parents se rassurent, leurs enfants n’ont pas réintégré le cocon familial avec des envies de rébellion ! Certains vont fustiger mon coté rabat-joie, je le sais, mais il est dommage de ne privilégier la sobriété qu’en de trop rares occasions. Parfois, devant le peu d’effet de surprise, je ferme les yeux et je commence presque à m’endormir. Il faut dire que les chansons reçoivent toutes le même traitement et que la voix de Sarah est un peu monotone à la longue. Quand Gert chante tout seul une chanson triste et réussie, on se dit qu’avec une seule guitare sèche et un violoncelle, ce concert aurait pu être excellent. Oui, mais les kids veulent « jumper », merde ! « Everything for free », « Believe » et « Not an addict » permettent aux gens de se dégourdir les jambes. J’ouvre un œil… Et là, survient le deuxième gros mot de la soirée : « on va vous faire une reprise de Fleetwood Mac ». Oh non, putain, pas ça ! Finalement la famille Bettens ne s’en sort pas trop mal mais il y avait de meilleurs morceaux à reprendre !
Par exemple, « Something », de feu George Harrisson, chanté, un peu plus tard, avec la première partie. Une superbe chanson avec un peu trop de grosses guitares mais on ne va pas bouder notre plaisir ! Les Belges qui tournent aux USA s’embrouillent un peu dans les langues (français, anglais, wallon), c’est un peu normal : Sarah se propose « d’introduire leur nouvel ami, Venus In Flames » qui chante en duo avec elle sur ce titre des Beatles. On se dit que ça peut arriver, une traduction malencontreuse, mais comme elle lui met une main au cul…
Comme prévu, après une heure trente de show, dont un rappel, la place est libre pour les roadies. Certes, c’est un show consensuel conçu pour les Ricains, mais on passe un moment assez agréable (et reposant en plus !). Et puis, comme le dit le poète, si les Ricains n’étaient pas là, nous serions tous en Germanie, alors…
(Photos prises par Hum! à Marseille)