C’est dans un Corum Saint Jean bien rempli que les chantres du « n’importe quoi musical », aka
Kunamaka, ont fait leur grand retour sur scène avec un nouveau spectacle… L’enregistrement début janvier 2004 d’un disque intitulé
Les Interdits de Kunamaka - volontairement très con - semble avoir galvanisé le groupe si l’on en juge par la débauche de nouveaux morceaux idiots, d’apparitions de créatures diverses et variées, de happenings hallucinants, d’accoutrements improbables et de moments de bravoure ultra violents ou décalés.
Fidèle à leur réputation (justifiée) de bêtes de scène, les cinq
Kunamaka ont régalé leur public avec un spectacle volontairement disparate. Sans le moindre avertissement, le spectateur innocent voit défiler devant lui une série de tableaux surprenants.
Kunamaka passe en effet allègrement et en toute impunité de
Aquatic Shaolin, le tube métallo bizarre du groupe, à une reprise de
Hunting high and low du sinistre groupe
Aha en s’arrêtant quelques instants sur des nouveaux titres avec claviers dégoulinants estampillés "années 80" ou guitares agressives. Déjà passablement impressionné par l’hystérie communicative de
Bertrand Venet sur sa basse, on voit alors apparaître
Guy la Mouche (sic) avec sa trompe, ses feux d’artifice dans le dos, ses déhanchements suggestifs et son ami le
Robot Love (re-sic) affublé, lui, d’une tête en carton. Quand je disais que c’était n’importe quoi… Il faut de surcroît « subir » les discours surréalistes d’un
Lord Gomez presque aussi en verve que
Sébastien Tellier dans ses clips pseudo politiques. Devant une telle démonstration d’humour débile, la majorité du public passe son temps à s’esclaffer…
Et la musique dans tout ça ? Le guitariste
Valery Del Culo sentant son heure arriver, fait son coming out : en fait, son rêve secret, c’est d’être un crooner russe en pantalon à carreaux ridicule ! Et hop, il saisit le micro comme un
Paul Anka de supermarché, s’assoit sur un tabouret et entonne
Yesterday des
Beatles avec l’aide amicale de
Gilou la Figue aux claviers. On voit alors très nettement la crédibilité rock n’ roll de Valery s’envoler dès la première seconde où il vocalise lamentablement en portuguais. C’est malin, tout le monde est plié en deux !
Une peu plus tard,
Robot Love et
Guy la Mouche font une dernière apparition remarquée ; ils placent des disques de
Kunamaka au bout d’une canne à pêche pour que le public se les arrache. Le concert/performance se termine par des rappels désopilants ; les petits chanteurs à la croix de bois (voire
Micheline Dax) n’auraient pas fait mieux que ce
Sifloti siflota angélique...
En abordant avec audace le metal hardcore le plus violent, la variété la plus nunuche, le rock énervé, les musiques de films inquiétantes puis en partant en vrille dans de véritables sketches,
Kunamaka fait voyager les oreilles (explosées) et les yeux (écarquillés) de son public. K.O. debout mais arborant un large sourire, celui-ci en redemande, c'est bien normal. Profitant de ce moment de bonheur final, un monsieur avec une tête en carton et des antennes en couverts en plastique distribue alors les consignes de
Kunamaka pour le prochain scrutin :
« Le 6 février 2004, votez Guy La Mouche ! », peut-on lire sur un tract. Et tout à coup les choses apparaissent d’une clarté limpide : avec son charisme, sa propension à débiter des absurdités, son costume plus blanc que blanc et ses colistiers motivés,
Lord Gomez devrait se lancer dans la politique !

Le premier album de
Kunamaka est toujours disponible :
chronique.
A lire également sur ConcertAndCo.com : une
interview de
Kunamaka.
Le (nouveau) site Internet de
Kunamaka :
www.kunamaka.com.