Adepte du grand écart permanent (entre Mike Patton, Phantom of The Paradise, Tim Burton et Elvis Costello), le groupe possède un univers foisonnant, ultra personnel et étrange (entre disco métal maléfique et messes noires pop)...
Big Royal Kunamaka Orchestra + Biocide - 15 Mai 2008 - Le Balthazar - Marseille C'est dans un Balthazar bien vide que je pénètre pour assister à un putain de concert bien scotchant. Tant pis pour les absents, vous avez manqué quelque-chose d'excellentissime.
On se doutait bien .../...
C'est dans un Balthazar bien vide que je pénètre pour assister à un putain de concert bien scotchant. Tant pis pour les absents, vous avez manqué quelque-chose d'excellentissime.
On se doutait bien à l'écoute du disque du Big Royal Kunamaka Orchestra qu'on allait à la rencontre d'un groupe halluciné capable d'un truc énorme. Mais bon, avec les groupes déjantés on a toujours l'appréhension qu'ils en fassent un peu trop.
Et c'est ce que je me dis voyant arriver un mec en costume de bourreau (collant noir, torse nu, collant noir sur le visage, chaînes au poignée..), aïe c'est parti pour du grand guignol.
En fait non, c'est tout simplement bluffant. Le groupe débarque (guitare, basse, clavier & contrebasse électrique, batterie, chant), habillés tous en noir avec un brassard avec l'insigne du groupe.
Dès le premier morceau, le chanteur se fait théâtral, à mi-chemin du baryton d'opéra classe et du Dr Frank-N-Furter... Il est capable de moduler sa voix d'un son caverneux à des hurlements stridents, parfois à la Nosfell. Il sera le Mr Loyal de la soirée, introduisant les morceaux, qui parlent de transformation en zombie et autres histoires de cannibalisme. Le "bourreau" mettra l'ambiance dans la salle, se déhanchant comme un taré sur les morceaux les plus dansant, invitant le public à une valse sur d'autres. Il reviendra sur un morceau déguisé en mouche... Oui, une mouche d'1m80, la mascotte du groupe....
Le risque avec les groupe qui mettent tant d'effort à la mise en scène, c'est que la musique ne suive pas. Ben là absolument pas ! C'est excellentissime ! Entre du Fantomas, Elvis Costello (dont il feront une reprise), des influences gothique/death metal, techno-disco sur les morceaux les plus dansant et une bonne louche de Phantom of the Paradise. On se retrouve à se trémousser comme des malades sur certaines bombes épileptiques comme Demon club 666, headbanger sur les morceaux les plus violement hardcore (Your Highness) et rester scotché sur les plus étranges, comme sur Save the Dolphins avec cette voix enfantine du guitariste. Au risque de taquiner un certain clermontois, lors de ces morceaux timburtonien lorsque le clavier se saisit de son violoncelle électrique et que la voix part en vrille sur des contes inquiétants, on est pas loin de Nosfell. Le groupe évite le piège de la grandiloquence insupportable, même sur des titres, Evil où ils flirtent avec l'opéra rock sans être ridicule !
J'en suis sorti conquis, le disque sous le bras !
Cela faisait un bon moment que je n'avais pas vu Biocide et cela m'a permit de (re)découvrir le groupe, vu que leur musique a pas mal évolué depuis 2001. Moins funky, plus MikePattonien leur son. Toujours ce côté psychotique mais sans ambiance oppressante, plutôt psychédélique 70's en fait, sous influence Queens of the Stone Age et Mr Bungle quand même. Pas mal d'atmosphères différentes, le groupe se fait visiblement plaisir en faisant durer les morceaux.
Crevé par une grosse journée et vidé par Kunamaka, j'étais trop à plat pour en profiter pleinement mais à revoir rapidement.
Au final, 30 personnes à tout casser dans le public pour une soirée mortelle, Marseille, bouche de vieille ! Réagir à cette critique
Kunamaka - 5 février 2004 - Le Corum Saint-Jean, Clermont-Ferrand
C'est dans un Corum Saint Jean bien rempli que les chantres du "n'importe quoi musical", aka Kunamaka, ont fait leur grand retour sur scène avec un nouveau spectacle... L'enregistrement début .../...
C’est dans un Corum Saint Jean bien rempli que les chantres du « n’importe quoi musical », aka Kunamaka, ont fait leur grand retour sur scène avec un nouveau spectacle… L’enregistrement début janvier 2004 d’un disque intitulé Les Interdits de Kunamaka - volontairement très con - semble avoir galvanisé le groupe si l’on en juge par la débauche de nouveaux morceaux idiots, d’apparitions de créatures diverses et variées, de happenings hallucinants, d’accoutrements improbables et de moments de bravoure ultra violents ou décalés.
Fidèle à leur réputation (justifiée) de bêtes de scène, les cinq Kunamaka ont régalé leur public avec un spectacle volontairement disparate. Sans le moindre avertissement, le spectateur innocent voit défiler devant lui une série de tableaux surprenants. Kunamaka passe en effet allègrement et en toute impunité de Aquatic Shaolin, le tube métallo bizarre du groupe, à une reprise de Hunting high and low du sinistre groupe Aha en s’arrêtant quelques instants sur des nouveaux titres avec claviers dégoulinants estampillés "années 80" ou guitares agressives. Déjà passablement impressionné par l’hystérie communicative de Bertrand Venet sur sa basse, on voit alors apparaître Guy la Mouche (sic) avec sa trompe, ses feux d’artifice dans le dos, ses déhanchements suggestifs et son ami le Robot Love (re-sic) affublé, lui, d’une tête en carton. Quand je disais que c’était n’importe quoi… Il faut de surcroît « subir » les discours surréalistes d’un Lord Gomez presque aussi en verve que Sébastien Tellier dans ses clips pseudo politiques. Devant une telle démonstration d’humour débile, la majorité du public passe son temps à s’esclaffer…
Et la musique dans tout ça ? Le guitariste Valery Del Culo sentant son heure arriver, fait son coming out : en fait, son rêve secret, c’est d’être un crooner russe en pantalon à carreaux ridicule ! Et hop, il saisit le micro comme un Paul Anka de supermarché, s’assoit sur un tabouret et entonne Yesterday des Beatles avec l’aide amicale de Gilou la Figue aux claviers. On voit alors très nettement la crédibilité rock n’ roll de Valery s’envoler dès la première seconde où il vocalise lamentablement en portuguais. C’est malin, tout le monde est plié en deux !
Une peu plus tard, Robot Love et Guy la Mouche font une dernière apparition remarquée ; ils placent des disques de Kunamaka au bout d’une canne à pêche pour que le public se les arrache. Le concert/performance se termine par des rappels désopilants ; les petits chanteurs à la croix de bois (voire Micheline Dax) n’auraient pas fait mieux que ce Sifloti siflota angélique...
En abordant avec audace le metal hardcore le plus violent, la variété la plus nunuche, le rock énervé, les musiques de films inquiétantes puis en partant en vrille dans de véritables sketches, Kunamaka fait voyager les oreilles (explosées) et les yeux (écarquillés) de son public. K.O. debout mais arborant un large sourire, celui-ci en redemande, c'est bien normal. Profitant de ce moment de bonheur final, un monsieur avec une tête en carton et des antennes en couverts en plastique distribue alors les consignes de Kunamaka pour le prochain scrutin : « Le 6 février 2004, votez Guy La Mouche ! », peut-on lire sur un tract. Et tout à coup les choses apparaissent d’une clarté limpide : avec son charisme, sa propension à débiter des absurdités, son costume plus blanc que blanc et ses colistiers motivés, Lord Gomez devrait se lancer dans la politique !
Le premier album de Kunamaka est toujours disponible : chronique.
A lire également sur ConcertAndCo.com : une interview de Kunamaka.
Interview avec Kunamaka pour la sortie du premier album - 20 juin 2003 - Clermont-Ferrand
Un premier album très réussi, des concerts extravagants, un univers complètement barré : il fallait rencontrer les gens qui se cachent derrière le mystérieux nom de Kunamaka ! Car entre les .../...
Un premier album très réussi, des concerts extravagants, un univers complètement barré : il fallait rencontrer les gens qui se cachent derrière le mystérieux nom de Kunamaka ! Car entre les pseudos volontairement crétins, les apparitions d’animaux échappés du zoo sur scène, les costumes clinquants et les changements de rythmes et de style musical, on n’y comprend rien, mais alors rien du tout ! Messieurs, une explication franche et virile s’impose… La parole est à Lord Gomez.
Le premier album de Kunamaka est sorti en janvier 2003 : chronique dans « Vos critiques de disques ».
Comment se sont passés les débuts de Kunamaka ?
Yohann alias Lord Gomez : « Tu veux la vraie histoire ou tu préfères que je raconte n’importe quoi ?
Allons-y pour un mélange des deux !
A la base, il y avait la formation actuelle sans Virgil (claviers) et sans Manuelo (guitare), il y avait un autre guitariste (Rodrigo), c’était franchement hardcore… Ils se sont mis à la recherche d’un chanteur, j’y suis allé, j’ai chanté et voilà. Puis, Rodrigo (guitare) est parti, il a été remplacé par Manuelo. On a cherché quelqu’un pour les claviers et Virgil est arrivé… Voilà !
On s’y perd un peu ! Qui sont Manuelo, Virgil ?
Manuelo, c’est Valery del Culo, et Virgil, c’est Gilou la Figue…
Ah, tout de suite, les choses sont plus claires ! Est-ce que vous jouiez dans d’autres groupes avant Kunamaka ?
Il me semble que nous sommes tous passés par d’autres groupes avant d’atterrir dans Kunamaka. J’ai joué avec le futur groupe Dee Loreleï, je faisais déjà un peu l’animal : le chat ! Avant, j’ai fait du punk, du death metal, j’ai un peu fait tout et n’importe quoi… Je crois que Manu et Nico, le batteur, avaient déjà joué ensemble avant Kunamaka. Quant à Virgil, il a fait le conservatoire.
Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?
En commun, on a Mr Bungle, Tool et Fantomas. Moi ce qui m’a donné envie de chanter, c’est Danzig.
Dans la musique de Kunamaka, beaucoup de styles sont abordés. Est-ce que chaque musicien essaye de placer son style favori ?
C’est une histoire de concessions : chacun a envie de faire un truc… Nico (batterie) est fan de trucs barrés à la John Zorn, si on lui laisse faire un morceau ça ressemble absolument à n’importe quoi. Manu veut qu’il y ait un peu de violence hardcore et des trucs plus simples, il décomplique. Virgil, lui, veut des trucs déstructurés et Manuelo apporte la touche rock 'n' roll. Moi j’arrive après, j’amène des trucs louches, des voix, des idées bizarres d’ambiances…
Dans quelle atmosphère se font ces concessions ?
Je ne sais pas, ça fait un moment qu’on n’a pas composé, il faudrait qu’on trouve une méthode… Avant ça marchait un peu comme tous les groupes : un mélange de luttes d’influences, de concessions et d’engueulades…
Qui a inventé l’appellation d’origine contrôlée « carnival core » ?
Je ne sais plus… Moi, j’avais proposé « easy core »…
Ça te convient comme appellation ?
Non pas du tout ! (Rires) C’est le gros poncif que racontent les groupes : on n’aime pas les étiquettes… C’est le « core » qui me dérange un peu : on le met à toutes les sauces en ce moment.
J’ai trouvé tous ces styles différents dans votre musique : rock, pop, salsa, valse, metal, parodie de la danse des canards… J’en oublie ?
Oui ! Il y a du grind core, du black metal, de l’easy listenning… C’est normal que tu en oublies : même moi, je ne sais pas ce qu’on met dans la musique de Kunamaka !
Une question de l’office catholique… Pourquoi tant de violence ? Un traumatisme dans votre jeunesse ?
Oui, c’est ça ! On s’est tous fait renverser par une charrette. La violence, c’est pour ne pas s’ennuyer. Quand tu fais un morceau long, au bout d’un moment, c’est chiant. Donc on met un peu de violence... Comme on a tous des influences violentes, il faut que ça pète !
Moi, à la vue des concerts et à l’écoute du disque, j’étais sûr que vous vous livriez à des rites sataniques. Qu’en est-il ?
Ça serait bien, on pensait tuer des dauphins à coups de pioche, c’est mieux que les chauves souris.
Je dois être un peu bête mais je n’arrive pas à comprendre le message délivré par Kunamaka ?
Et bien, c’est la fête ! (Rires) Il n’y a pas de message… Comme on n’a pas de message, on n’a pas de textes non plus... D’abord, je chante et j’enregistre les morceaux en yaourt inspiration anglaise. Puis un pote prof d’anglais m’écrit de super belles paroles en écoutant mes intonations. Il essaye de coller à l’ambiance. Il y a donc un sixième membre caché dans Kunamaka : il est traducteur.
Après avoir « écrit » les textes, est-ce que Lord Gomez compose aussi quelques musiques ?
Oui, ça arrive… J’ai écrit Rage against the hibou qu’on faisait en live et quasiment toute la structure d‘Aquatic shaolin. On avait bossé avec Manu, je lui chantais les parties car je suis le seul à ne pas être musicien. On fait tout en commun…
Votre affiche de concert montre un jeune homme à genoux en slip avec une tête de girafe en train de fracasser une chaise… Je veux (et j’exige) une explication à cette mascarade !
En fait, il ne fracasse pas la chaise, il la soulève… On a pris la photo ici devant ce rideau.
Bon ça va, je suis rassuré… Vous attirez qui à vos concerts avec une telle affiche ?
En fait, ça ne ressemble pas trop à une affiche de concert, ça ressemble plus à une affiche de théâtre… Au début, on avait un public hardcore, qui voulait bouger. Et comme ça ne bougeait pas tout le temps mais seulement à certains moments pendant 10 secondes, ça les énervait… Maintenant, à Clermont-Ferrand, on commence à avoir un public assez fidèle ; c’est bien sympa de retrouver des têtes à chaque fois. Notre public n’est pas trop hardcore, il aime bien les moments « calmes ». Sinon, en dehors de Clermont, c’est assez bizarre : un demi-cercle se forme et les gens nous regardent, surpris… Soit on a un public totalement froid et personne ne vient nous voir après, soit les gens sont surpris et trouvent ça pas mal. Je raconte un certain nombre de conneries pour que le public ne s’ennuie pas trop...
C’est toi qui crée les visuels - très particuliers - de Kunamaka, tu peux en parler un peu ?
Au début, on avait une esthétique cannibale, on avait créé un système avec plein de styles musicaux. L’histoire : on mangeait plein de styles musicaux, on les ingérait et digérait pendant les répétitions et en concert, on déféquait... On avait donc cette thématique sur le cannibalisme ; je travaillais sur ce thème en parallèle aux beaux-arts. Puis, après, on est passé aux animaux ! Comme on était cannibales et qu’on mangeait des hommes, les animaux sont devenus nos amis. Le cheval, le dindon, le chien viennent donc sur scène sans problème. Puis après, il y a une sorte de mythologie super obscure avec Chevalou, Madame Girafe etc. Ça a donné un beau bordel !
Qui a eu l’idée des pseudos ridicules ?
C’est moi ! (Rires) A chaque fois, ils sont absents quand je fais les pochettes donc je leur donne des noms totalement absurdes, ils n’ont pas le choix !
Manu, alias Bertrand Venet en action…
Le pseudo le plus simple mais aussi le plus con je crois, c’est "Bertrand Venet" pour Manu…
Je voulais que nos pseudos soient variés… Lord Gomez, il y a une particule, Gilou la Figue, ça fait guinguette, Valery Del Culo c’est un nom de fille. J’ai trouvé Harry Mac Thompson pour le batteur parce que la première fois, il avait un nom de fille… Donc là, je lui ai donné un nom dont il puisse être fier !
Comment s’est passé l’enregistrement ?
C’était au Studio E… Le rapport qualité prix était bon, ça comptait parce qu’on n’avait pas un budget extraordinaire. On a été super bien accueillis, on avait une maison à côté. Après, on a fait le mastering à Paris.
Avez vous d’autres reprises bien senties dans vos cartons après Aha et Van Halen ?
On a fait Honesty, Stevie Wonder, Genesis. C’est moi qui les force à faire ces reprises, ça les insupporte, surtout Manu et Gilou. Moi j’adorerais faire un groupe de reprises de tubes des années 80 ! On essaiera peut être de jouer Big In Japan du groupe Alphaville et Dirty dancing.
Avez-vous eu des problèmes avec les fans inconditionnels de Aha après votre reprise de Hunting high and low ?
Non au contraire, il y en a qui sont fans de Aha et qui adorent notre version !
Comment passes-tu sur scène du calme plat aux hurlements bestiaux ?
Je n’ai jamais pris de cours de chant, ça vient comme ça. Avant, je faisais du death metal, ça doit être ça…
Tu pourrais jouer avec d’autres groupes évoluant dans les styles que tu abordes brièvement dans Kunamaka ?
Ouais, c’est mon rêve. Je n’arrive jamais à monter un projet... J’ai contacté le groupe OMP soit pour poser du chant sur leur musique, soit pour sampler mon chant. J’aimerais bien toucher à tout.
Dans l’absolu, avec quels musiciens aimerais-tu collaborer ?
Ce serait délicat, je me sentirais mal car ce sont des influences : Fantomas, Mr Bungle. Sinon, j’aimerais bien chanter avec les Tindersticks.
Avez-vous déjà composé des musiques de films avec Kunamaka ?
J’en ai déjà fait pour des courts métrages, c’était très bruitiste car je ne suis pas musicien. J’ai aussi fait des clips bizarroïdes pour certains titres.
Sur votre premier trois titres, il y a un morceau en hommage à Andy Hug. Qui est ce monsieur ?
C’est un gars qui pratiquait une sorte de karaté où les coups sont portés… Il a fait carrière au Japon. Comme il est mort d’une leucémie foudroyante et que je suis super fan de sports de combat, on a fait ce titre…
Comment s’est passé le concert à la Mairie de Clermont-Ferrand pour la sortie de votre premier trois titres ? Pourquoi n’ai-je pas été invité ? Merde alors !
Parce que ! C’était la quatrième dimension, il y avait le Maire, l’adjoint et tout le monde. Le public voulait seulement se jeter sur le buffet. Je chantais debout sans micro, il y a une belle acoustique là-bas ! Virgil jouait du violoncelle, il y avait deux guitares et des chœurs. On a joué Hunting high and low de Aha, Stinkfist de Tool, les Bee Gees etc.
Et votre apparition sur la chaîne Clermont Première, c’était une réussite ?
C’était affreux, je crois qu’on n’a jamais aussi mal joué ! Le gars m’avait dit : « quand tu veux faire passer un truc, tu regardes le point rouge. » C’était un piège parce qu’il y a avait de la fumée et comme je n’avais pas mes lunettes… Résultat : j’ai un putain de vieux regard pourri de crooner ! On avait mis de copains à nous avec des masques dans le public. Le problème, c’est quand les autres invités - des francs massons - ont parlé avec, en fond, les animaux (une girafe et un mouton), c’était ridicule ! Je crois qu’ils nous en veulent encore… »
Contacts : Manu (06/63/13/77/41) ou aquatic_shaolin@hotmail.com
(Photos live au festival Osmose 2002 : Flore-Anne Roth)
Kunamaka (Osmose Festival 2002) - 29 juin 2002 - Nohanent, près de Clermont-Ferrand C'est de jour et devant un public clairsemé que les cinq clermontois de Kunamaka commencent leur set. Ils débutent par un nouveau morceau instrumental assez original mélangeant le rock progressif et .../...
C'est de jour et devant un public clairsemé que les cinq clermontois de Kunamaka commencent leur set. Ils débutent par un nouveau morceau instrumental assez original mélangeant le rock progressif et le métal. Chaque musicien a enfilé le costume et la perruque la plus ridicule qu'il a pu trouver dans sa garde-robe et, allez savoir pourquoi, un monsieur a enfilé une tête de girafe, des gants de ski et caresse un autre monsieur affublé d'une tête de chien. Ceci est la description fidèle de l'entrée de Kunamaka sur scène ; non, l'influence néfaste de substances psychotropes ne fait pas son apparition ici…
Après ce morceau de bravoure d’approximativement 5 minutes et 55 secondes, Lord Gomez, le chanteur, fait une apparition sur scène, remercie la girafe et le chien et commence à expliquer au public ce qui va suivre. Tout est évoqué sans fard et dans le détail : la durée des chansons, leur nombre, la qualité de l'interprétation… Chacune des interventions de ce pitre est un petit sketch totalement hilarant et provocateur ; ce monsieur, sous de faux airs d'étudiant bon chic bon genre, possède un charisme certain et se transforme - souvent en plein milieu des morceaux - en dangereux psychopathe du micro. A l'instar de Mike Patton, son registre vocal passe du crooner à Las Vegas, au chanteur de métal, en passant par le hurleur dans un groupe de hardcore ou l’inoffensif chanteur de pop norvégienne à l'eau de rose…
La musique de ce groupe est particulièrement chaotique, elle emprunte des chemins surprenants comme la salsa, le jazz, la valse, la pop avant de bifurquer vers des riffs punko-métalloïdes ! Ils jouent aussi à leur manière L’étrange Noël de Monsieur Jack du génial Danny Elfman. On ne risque donc pas de s'ennuyer un seul instant avec les morceaux proposés par Lord Gomez et ses impayables amis, Valery Del Culo (guitare schizophrène), Bertrand Venet (basse très énervée), Harry Mac Thompson (batterie incroyable) et Gilou La Figue (claviers hilarants). Comme le prouvent leurs pseudonymes respectifs, les accoutrements choisis, la musique, le nom de leur première démo - Legalize Cannibalism - et le patronyme du groupe qui veut dire « moi manger toi avec du riz », ces cinq-là ont un sens de l'humour assez développé ! Ils le démontrent encore un peu plus en interprétant des titres au nom évocateur comme Vaginal suppuration, Santa pignolo ou en reprenant Hunting high and low de l'ignoble groupe A-Ha dans une version à la fois fidèle et à des années-lumière de l'original.
Entre-temps, une dinde au corps d'athlète et un mouton pas si doux que ça étaient venus exécuter quelques pas de danse sur leurs morceaux préférés, avant que la girafe ne fasse un retour remarqué sur les planches. Kunamaka a décidément une portée universelle : les animaux sont eux aussi sensibles à leurs compositions "carnival core" ! Et pour couper court à toutes les rumeurs concernant l'utilisation lamentable d'animaux sur une scène où est jouée de la musique satanique, Lord Gomez et la girafe s'embrassent langoureusement, dévoilant à la face du monde un amour sincère et pur…
Cet automne, les morceaux de Kunamaka vont être enregistrés en studio pour permettre la sortie d'un album en décembre. Une souscription est lancée pour trouver les fonds nécessaires. N'hésitez pas à participer car ce groupe a tout pour plaire et réussir : des titres excellents, une présence scénique énorme, un humour bidonnant et un sens du spectacle assez rare…
Parental Advisory : Explicit lyrics !
Des gros mots se sont glissés dans ce compte-rendu de concert, sauras-tu les retrouver, ami mélomane ?
De la fumée envahit la scène du Pocoloco, un homme robuste s’approche de ses claviers et nous entendons une douce mélopée s’élever vers les cieux : "The Final countdown" du défunt groupe Europe.
Arrête, ça fait mal aux oreilles ! Les inénarrables Kunamaka ont pris violemment possession de la scène et ils ont l’air en forme, les salauds ! Ce groupe mérite réellement de passer à l’étape supérieure : leur set est réglé au millimètre sans paraître pour autant trop professionnel. Il y a toujours des discours très réussis du chanteur qui, au repos, à l’air d’un gentil étudiant à lunettes. Mais, dés que la guitare s’énerve, il se transforme en bête sauvage hurlant à la mort : belle transformation !
Comme ils passent du metal à la valse en abordant le reggae ou le hardcore dans le même titre, on ne s’ennuie pas une seconde. Les changements de voix et de style sont faits brusquement, par surprise, on se sent d’un seul coup électrocuté par une décharge de sons nouveaux.
Ce soir, nous aurons droit à une relecture de "New-York, New-York" chantée par Frank Sinatra en son temps, à une version très personnelle du générique de "Thierry la fronde" et à la traditionnelle reprise du thème du film "L’étrange Noël de Mr Jack" composée par Danny Elfman pour Tim Burton, si je ne m’abuse. Et bien sûr, il y a le tube incontournable de Kunamaka : "Santa Pignolo".
Trop fort ! Si le chanteur est déjanté, ses acolytes, ne le sont pas moins ! Le bassiste, un jeune homme charmant dans la vie semble-t-il, se transforme en primate énervé plié en deux sur son outil de travail. On a l’impression qu’il souffre le martyr pour extirper les notes de sa basse : cela donne lieu à toute une série de grimaces et de trépignements qu’il faudra un jour immortaliser par des photos.
Pour résumer, ce groupe est original, doué, drôle, métallique, visuel, calme et surpuissant. Un véritable tourbillon sonore récompensé par un triomphe du public venu très nombreux. Un putain de groupe !
Les quatre filles et le garçon de X Syndicate foulent la scène, on s’attend à ce que ça pète gravement, et bordel de Dieu, ça pète !
Il faut bien deux titres pour s’habituer à la voix de la Tina Turner du punk metal ! Cette jeune femme, montée sur ressorts et arborant une coiffure frisée du plus bel effet, a du papier de verre à la place des cordes vocales !
Un temps d’adaptation est également nécessaire pour la musique, un peu lourde au premier abord. Elles ne font pas dans la dentelle du Puy : même les bikers avinés du Bol D’or n’ont pas jeté de canettes sur scène. Ils en avaient envie ("Regarde Jean-Claude : merde, c’est un groupe de gonzesses, arf arf ! ! ") mais ils n’ont pas osé, terrifiés par la puissance de feu du quintet et enthousiasmés par un tel déballage de riffs meurtriers !
Dès le troisième morceau, on se met subrepticement à hurler, siffler, sauter ! Que c’est bon le rock ‘n’ roll joué à fond !
Ma préférence va vers les morceaux plus "punk rock" et presque chantés mais les titres avec des riffs métalloïdes m’enthousiasment aussi. X Syndicate, ça calme ! Idéal pour pogoter entre amis, pensez-y pour les fêtes.
Les poivrots du hip hop, j’ai nommé les Svinkels, arrivent ensuite. Ils ont de bonnes têtes d’alcollos, ce n’est pas qu’un genre qu’ils se donnent ! Dès le premier morceau, un de ces gentils messieurs se déverse une canette de bière sur la tronche, pas besoin de gel fixant !
Je suis venu réveiller le punk qui sommeille en moi derrière cette façade de gentil fan de Jean-Louis Murat, mais j’ai été, en plus, conquis par les titres hip-hop concoctés par les trois rappeurs et le DJ. Les textes sont drôles, ce n’est pas très fin mais on s’en branle ! Qui a dit "c’est débile" ? Oui, et alors, je ne vois pas où est le problème : on n’est pas au café philo ! La puissance dégagée sur scène n’a pas grand chose à envier à Bruno Gomez et Didier Morville, alias Kool Shen et Joey Starr de NTM. La musique de Svinkels est aussi à base de "Pow pow pow ! ! !" et nique sa mère gravement ! Les gens reprennent les paroles en chœur, dansent, hurlent et picolent, normal !
Qu’il est bon de boire un verre ou deux entre amis… Normalement, le hit des Svinkels "Réveille le punk" est joué avec un sample de guitare mais là, magie du festival, nous avons droit aux deux guitaristes des Uncommonmenfrommars pour ce moment de punk rap. Ah, ce riff simplissimement génial ! La musique tue, le texte est excellent, mais le clip qui passait sur M6 à 3 h 45 vaut aussi le détour, si vous avez l’occasion…
Rien à jeter ! Les Svinkels nous annoncent qu’ils ont les Parabellum en featuring sur un nouveau titre. Ils reprennent "Anarchie en Chiraquie" un titre datant de 1988 mais toujours d’actualité, Jacquo s’apprêtant à nous parler à nouveau d’un problème qui le tracasse méchamment pendant 15 jours à chaque élection : "la fracture sociale". Il y a des coups de santiags qui se perdent ...
Message aux rares personnes ne connaissant pas ces furieux et voulant s’éclater : ils doivent aller les voir illico presto. Le svink, c’est chic !
Les Uncommonmenfrommars sont chargés de clôturer la soirée avec leur skate punk mélodique. Sur disque, ça me fait un peu chier, mais en concert c’est plutôt sympathique. Les titres sont courts et pop avec des harmonies vocales. Leur travail de sape porte ses fruits, le public slamme comme jamais, la scène est un véritable tremplin. Comme j’ai un lumbago, j’évite ce genre d’acrobaties et je commence à piquer du nez : il se fait tard. Je me dis qu’il vont nous réserver une surprise et j’ai raison. Une reprise hystérique des Clash avec les Dead Pop Club et une version joliment puissante de "The KKK took my baby away" des Ramones. Oh yeah ! Comme le dit Joey Ramone sur son disque posthume : "What a wonderful world !"
(Photos prises au festival Osmose par Flore-Anne Roth, le 29 juin 2002. ) Réagir à cette critique