Amatrices et amateurs de boissons d'homme, soyez heureux, c'est la nôtre : Kylesa fait du sludge metal, on paye la tournée générale de boue ! Sludge metal donc, que vous serez aimables, les autres, de ne pas confondre avec le post-hardcore (oui c'est subtil, et alors, .../...

Amatrices et amateurs de boissons d'homme, soyez heureux, c'est la nôtre :
Kylesa fait du
sludge metal, on paye la tournée générale de boue ! Sludge metal donc, que vous serez aimables, les autres, de ne pas confondre avec le
post-hardcore (oui c'est subtil, et alors, prendriez-vous tous les musiciens bruyants pour des bourrins, par hasard ?). Pour être plus clair c'est dans la droite lignée de groupes comme
Mastodon, Isis, Neurosis, et autres bâtards non reconnus des terrifiants
Melvins - par analogie, c'est un peu comme en son temps,
Kyuss a éjaculé d'un jet unique et surpuissant l'ensemble du rock stoner.
Le premier mérite du présent style musical est d'avoir renoncé à la surenchère du look méchant, le look étant ici totalement "no-" : tout juste une petite barbe par-ci, un petit tatouage par-là : un mec d'aspect dangereux par groupe, c'est bien suffisant non ? On se souvient qu'He
lmet, il y a quinze ans, avait été le premier à renoncer à vouloir faire peur visuellement - mais uniquement pour, après vous avoir mis en confiance, mieux vous défoncer la gueule à coup de riffs barbelés. D'ailleurs ici, c'est la fille (car il y en a une, on l'entend parfois ...) qui a l'air la plus tatouée de tous !
Il est vrai aussi, malgré l'appellation, que la filiation de
Kylesa est bien plus à chercher côté noisy/stoner que côté metal, dont on n'utilise ici malgré l'appellation, que certains réglages (voix hurlée, guitare distordues etc) mais pour jouer des chansons complexes et construites ! Par exemple les batteries tribales et les riffs sous-accordés de
Perception évoquent les early
Queens of the Stone Age (qui sont, rappelons-le en passant aux ignares, le meilleur groupe du monde depuis le 21ième siècle).
Par ailleurs le groupe
Kylesa a aussi renoncé à la double grosse caisse pour prendre, c'est quand même plus pratique et un poil moins physique, deux batteurs en même temps - on les entend distinctement se répondre dès le début de
Scapegoat, raffut introductif phénoménal qu'on croirait joué par les défunts
Ministry et néanmoins, parmi les plus violents du disque - autrement dit, si vous y survivez, le plus dur est fait ! Car passé l'aride mais courte
Insomnia for Months, personne ne pourra nier ensuite la musicalité et la complexité de morceaux comme le formidable
Unknown Awareness, le Toolesque
Running Red, ou le simplement apocalyptique
Only One, toutes choses incomparablement plus riches qu'un titre standard en power chord de, mettons,
Slayer ou
Deftones.
L'intention artistique lorgnerait bien plus du côté de l'incorruptible
Maynard James Keenan de
Tool (cf
To Walk Alone), en un peu moins bavard : 42 minutes en tout,
Static Tensions est plus digeste que le géant mais interminable
10 000 Days de ce dernier ! Bref,
Kylesa, ou comment se niquer les cervicales sur de la musique in-tel-li-gen-te. Bon évidemment les oreilles qui ne veulent pas se laisser avertir ne feront pas la différence, d'ailleurs leurs propriétaires n'ont pas lu au delà du mot "metal"... Pour les autres, rendez-vous est pris aux Eurockéennes pour une expérience à n'en pas douter mystique, terrifiante et psychotrope à la fois !
(2009)