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Passage annuel d'une soirée à Marsatac qui ne finira finalement pas en Glastonbury : l'énorme averse qui m'a trempé jusqu'au slip sur mon vélo dans l'aprème est bien finie quand j'arrive sur le site, peu avant 22 heures, il fait même plutôt doux. Petite déception en arrivant, le contrat "Festival Ecologique" n'est qu'à moitié rempli... Points positifs quand même, il y a un tri des déchets fait par des bénévoles d'
Aremacs, ainsi que des toilettes sèches pour les dames, mais ni garage à vélo ni, surtout, gobelets consignés ... et collectors. L'an prochain, peut-être ?
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N'étant pas spécialiste de hip hop - thématique du soir, le rock est un peu oublié cette année sauf samedi où je ne pourrai pas venir (encore que sans les Willowz annulés sans prévenir le lendemain, esprit Rock en Seine, ça le fait carrément moins !). Ayant en outre raté Patrice pour cause d'autre chose à faire, je suis donc là principalement pour voir
Saul Williams, le plus rock des slammeurs, dont j'adore le dernier album
Niggy Tardust, d'ailleurs le seul que je connais ! Après une entrée un peu bouchonnée et le passage dans les pattes d'un videur aimable comme une fiche Edvige, on gagne le site pile au bon moment.
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Entrée en scène de trois Noirs costumés : un guitariste doré, un clavier vampire et un MC bariolé et vénère envoient d'entrée un son énorme qui fait fuir les badauds et rappliquer les amateurs - pas grand monde au final, ce qui ne m'étonne pas franchement : j'ai déjà vu en très petit comité un fabuleux concert de Mogwaï ici même, il y a quelques années. Arrive une grand bringue multicolore et survoltée, iroquois de plumes sur la tête : Mr
Saul Williams, dont la production déjà soniquement puissante va être jouée ce soir tous potards à fond, développant un son que n'auraient pas renié des metal-industrieux contondants à la, mettons, Killing Joke...
Tr(n)igger et son refrain addictif nous mettent déjà tous dans le rouge, le très virulent slammeur descend même dans la fosse haranguer les premiers rangs avec force. On repère quelques fans hardcore (qui chantent toutes les paroles, et pourtant dieu sait qu'il y en a beaucoup, respect !). Enchaînement sur un titre dancehall-joué-par-Rammstein, puis sur la plus calme
Banged and blown through qu'il commence quand même debout sur un baffle, toisant la foule tel un Sitting Bull punk, le son s'améliore un peu, la guitare jouant la mélodie - c'est très bon ! Force est pourtant de reconnaître que le personnage a un côté Tricky, et pas seulement pour sa couleur, mais dans l'attitude suprêmement détachée, voire autiste. Qu'on soit 3 ou 30 000 à l'écouter ne doit pas faire une grosse différence pour lui ...
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Il me fait en tout cas vaciller de bonheur en reprenant fabuleusement
Declare Independance de
Björk, le guitariste répétant la petite mélodie obsédante à l'infini tandis qu'il hurle comme un possédé. Suit un dub vocodé dans les graves où il me semble reconnaître un 'Je vous salue Marie, mère de dieu' en VO, puis la terrifiante
Convict Colony et sa rythmique impossible (à 5 temps ?), sans doute la plus nineinchnailsoïde de toutes, puis encore un titre assez puissamment dansant,
List of Demands, dont le riff descendant rappelle celui d'
I wanna be your dog... Et voilà qu'à notre grande surprise, puis irritation, les 4 compères se barrent, nous jetant brutalement à la rue sans rappel, grmbl... et ce après 45 minutes en tout et pour tout. Pourtant pas faute d'avoir gueulé !
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Pas de
Sunday Bloody Sunday (la seule version de cette chanson que je supporte encore), pas non plus de la bouleversante
Raised to be Lowered, le slammeur nous plante avec la tranquille assurance de celui qui sait qu'il a tout déchiré. Pas du tout généreux, mais conscient de sa valeur ! Sur la base de ma seule impression, je me serais dit que j'avais surévalué
Saul Williams par simple excès de sympathie Reznorienne, mais le jugement ô combien plus cultivé en la matière de Sami (voir par ailleurs) qui a pensé la même chose, me rassure :
Saul Williams a bel et bien éclipsé le reste de la soirée, ne serait-ce que par les décibels et la verve déployée...
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Bien ternes en vérité, apparaîtront les
Hocus Pocus pourtant pas totalement antipathiques sur disque, développant ici un son quand même plus variété que groovy. Et ce même s'ils ont drivé la plus grande partie du public. Une amatrice du groupe (qui n'est pourtant pas devant en train de danser) manquera d'ailleurs de m'estourbir quand j'oserai une comparaison que j'assume encore ici pour le côté groove-FM : on dirait Alliance Ethnik, allez, MC Solaar à la rigueur pour être gentil... Quoi qu'il en soit on peut procéder au traditionnel petit pipi face au Pharo et se ruer sur les pas mauvais mais un peu étranges hot-dogs et d'assez délicieuses nouilles sautées (la nourriture semble meilleure que l'an passé !), pendant que les HP mettent le feu à un public pas difficile - et tant mieux pour eux !
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A peine plus passionné, mais là c'est sans doute par manque de connaissances en hip-hop, serai-je d'abord par
Foreign Beggars, très honnête duo de toasteurs US au look intéressant et qui sonne en fait carrément plus, un peu à la Eminem. Par ailleurs ils parlent français et stimulent fortement leur public - prestation réglo en somme.
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Peu après,
Bauchklang et ses 5 human beat boxers : ça aussi ça sonne pas mal du tout, lent au début, rapide ensuite, le seul problème c'est que ça commence à être un peu trop à la mode (en local pour info, nous avons
PHM qui en font presque autant à ... 2). Après 5 ou 10 minutes d'admiration de la technique, on finit par écouter la musique et il se trouve qu'elle ne casse pas trois pattes à un Korg...
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De
LoopTroop Rockers, j'ai surtout retenu le look et des dreadlocks impressionnantes, la musique serait elle (je cite mes notes) "à chier", puis "ok sans plus" - bref probablement des faire-valoir, sinon des bouche-trous, avant les très attendu
De la Soul. Là encore (décidément c'est pas ma soirée), je confesse une ignorance presque totale. Très bon flow, gros ambianceurs qui font lever les mains à tout le monde, et derrière des chansons probablement culte mais qui, à cette heure-là, ne me parlent plus trop ... Le public en tout cas a l'air d'exulter, toutes mains en l'air, sûrement un très bon moment pour les aficionados !
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Le temps de rigoler un peu avec des amis, et je regagne mes pénates, plutôt content malgré plusieurs prestations à mon goût anecdotiques - rien que de passer une soirée en plein air à écouter de la musique sur le J4 en bonne compagnie, mérite déjà le déplacement. On restera donc fidèles à
Marsatac, en espérant qu'ils trouvent un site toujours agréable - le fait qu'ils soient théoriquement intégrés au dispositif "Marseille Capi'Cul' 2013" devrait au moins, espérons-le, dégager leur avenir ... qui ne l'a pas toujours été.
Egalement sur Concertandco, une soirée à Marsatac
2007,
2006 et
2005.
Photos ratées/assumées par
Philippe, + 1-2
vidéos par
ici !