Laetitia Sheriff - Pierre Bondu - Mobiil - 26 novembre 2004 - Espace Julien, Marseille Gentiment invité à ce concert, j'y suis allé sans connaître ces artistes autrement que de nom. Pas de chance pour eux, dans le registre chanson française, le père Miossec est de passage à Marseille : .../...
Gentiment invité à ce concert, j'y suis allé sans connaître ces artistes autrement que de nom. Pas de chance pour eux, dans le registre chanson française, le père Miossec est de passage à Marseille : du coup l'Espace Julien est loin d'être plein, on aurait presque tenu au Poste par exemple. Bref, mauvais timing pour eux.
Le collectif Mobiil qui ouvre le bal devant une salle à peu près vide, fait pourtant une musique de qualité, une sorte de pop sombre et lancinante. Le chanteur est plutôt un scandeur puisque tout se passe sur une note : sa formation est apparemment plutôt celle d'un guitariste car il a par contre un très gros son de guitare. Au final ça s'écoute avec plaisir et sans ennui.
Deuxième partie, Pierre Bondu : chanson française faite par un petit jeunot (pourtant déjà 2 albums nous a-t-il rappelé plusieurs fois). Il est sympa et donne volontiers dans l'auto-dérision ; les arrangements musicaux vont du banal au sympa mais dans l'ensemble, on n'est pas captivé quand même. Ce type fera peut-être son petit trou mais il ne semble pas devoir révolutionner la chanson française comme le fera peut-être un jour, dans le même genre, un Louis un peu plus mûr (révélation de la première partie de Cali au Moulin il y a quelques mois).
Et enfin après une assez longue attente, voilà Laetitita Sheriff et ses deux comparses. on remarque avec plaisir que le guitariste est le même que chez Mobiil, et avec la même guitare... Or un type qui a un rapport fusionnel avec son instrument ne peut pas être entièrement mauvais ! Et en effet durant tout le concert il va être le petit plus qui maintiendra l'attention : sons léchés, volutes classieuses, impeccable. Le batteur aussi : sans la ramener ces deux musiciens assurent un background très agréable et solide à la chanteuse.
Quant à Laetitia, elle est mimi et sympa sans excès (assez intimidée apparemment). Elle a une très jolie voix qui fait penser, quand elle la pousse (pas assez souvent) à PJ Harvey. Son répertoire est exclusivement en anglais, ce qui ne fait qu'accentuer cette ressemblance. Dommage quand même parce qu'une PJ Harvey en version française ça serait vraiment sympa, tandis que pour l'instant ça n'est que du PJ Harvey light !
Là-encore, je mentirais en disant que j'ai été complètement captivé - à leur décharge ils ne font pas dans le style dansant, plutôt pop planant et sombre (eh oui, exactement comme Mobiil). Dans l'ensemble une bonne prestation que l'on pourrait qualifier de prometteuse : si Laetitia prend un peu d'assurance, prend plus de plaisir sur scène et donne un peu plus au public, ça pourrait devenir une pointure ... mais en a-t-elle vraiment envie ? Réagir à cette critique
Le festival de Sédières 2002 et particulièrement les prestations réussies de Joseph Arthur, Hawksley Workman, Tindersticks, The Notwist, Miossec et Dominique A nous laisse un souvenir impérissable, celui de 2003 (annulé à cause du conflit des intermittents) est déjà oublié, place au festival 2004 et à son affiche de qualité et très fournie (7 soirées sont désormais dévolues aux musiques actuelles)… C’est donc le cœur léger qu’on se met en quête du site en évitant soigneusement de suivre les panneaux indiquant « Sarran, musée du président Jacques Chirac » et en suivant fébrilement ceux menant à Sédières 2004. Tout est intact : la forêt est toujours aussi verdoyante, l’eau des lacs est plus que jamais claire, le château et ses abords sont encore une fois bien entretenus (merci Bernadette Chirac) et la grange restaurée qui sert de cadre aux concerts conserve ses atours accueillants…
La première soirée à laquelle nous assisterons s’intitule « songwriting féminin », sa programmation a des allures de jumelage des festivals Les femmes s’en mêlent/Les Inrockuptibles… C’est d’ailleurs OMR, une « découverte » des Inrocks, qui commence la soirée, et comme à la Coopérative de mai avant Grandaddy, on ne réussit pas vraiment à se laisser emporter par leur musique, même s’ils ont semble-t-il progressé entre-temps. Malgré quelques bons moments électro pop voire électro rock, l’influence de The Cure est un peu envahissante, la voix de la blonde chanteuse, quant à elle, manque de personnalité…
Camille, qui officie en temps que chanteuse du groupe Nouvelle Vague qui poursuit la soirée, n’en manque pas de personnalité : aussi bien dans sa voix - qui fait merveille sur le dvd de Jean-Louis Murat -, que dans son attitude - déchaînée malgré les béquilles qu’elle porte hors de scène - et ses discours (en anglais) : « c’est une chanson des Dead Kennedys, aujourd’hui, ils pourraient s’appeler les Dead Sarkhozys. Cette chanson est dédiée à Bernadette Chirac ». La version de Too drunk to fuck qui s’ensuit est si retournante qu’on aimerait que Bernadette voie (et entende) ça ; Camille hurle à en oublier les paroles, improvise brillamment, gesticule comme si elle était à New-York en 1979 ! L’ensemble du set de Nouvelle vague est irréprochable lui aussi, Marc Collin aux machines et Oliver Libaux à la guitare sèche délivrant des charmantes versions bossa nova de titres new wave ou punk (Making plans for Nigel d’XTC, A Forest de The Cure, I just can’t get enough de Depeche Mode, Guns of Brixton des Clash, etc.), admirablement susurrées par une chanteuse lascive et discrète, tout en étant relevées par les interventions de Camille… Certains objecteront que ce ne sont que des reprises, mais celles-ci sont bien choisies et interprétées avec originalité.
On reste sur son petit nuage pendant le set de Laetitia Shériff, dont la voix envoûtante et les musiciens doués (Olivier Mellano - guitare - et Gaël Desbois - batterie) mettent parfaitement en valeur les bonnes compositions rock présentes sur son premier album, Codification … En plus, cerise sur le gâteau, la belle conclut son passage sur la scène de Sédières par une reprise inattendue du Nightclubbing d’un certain Iggy Pop. Les prestations empreintes de ferveur de Laetitia Shériff aux Printemps de Bourges, aux Efferv’Essonne et à la Coopérative de Mai n’étaient donc pas le fruit du hasard (mais on s'en doutait un peu !).
Peu après, An Pierlé fait preuve de sa fougue et de bonne humeur habituelles, malgré un retard à l’allumage dû à un défaut de balances, faute de temps. Dans des conditions un peu stressantes donc, et malgré un batteur un peu lourd et quelques parties de piano parfois faciles, An Pierlé prouve qu’on peut jouer du piano assise sur un ballon en dégageant une énergie digne d ’un Jerry Lee Lewis au féminin…
Pendant le concert de Feist on pense plutôt à un Neil Young habillé d’une jupe blanche immaculée… Il faut dire que la Canadienne manie admirablement sa guitare électrique ; elle en sort même des sons évoquant immanquablement le loner quand il était accompagné par les électriques Crazy Horse. Feist sait écrire des chansons, c’est une certitude, par contre, comme au Printemps de Bourges 2004 , elle manque légèrement de présence, et ce ne sont ses musiciens ultra-pros et guindés qui vont y changer quoi que ce soit… Les morceaux où ceux-ci sont les plus discrets avec leurs instruments sont d’ailleurs les meilleurs, ils provoquent tout simplement des frissons. Tant est si bien que les esprits de la forêt de Sédières se réveillent et provoquent un long larsen finalement assez bienvenu puisqu'il permet de découvrir le rire et le sens de l’à propos de la jeune femme : après quelques mots échangés avec son auditoire, celle-ci reprend le cours de son set avec classe… Ce n’est qu’après avoir accordé un rappel - où elle joue la troublante chanson écrite pour Jane Birkin (A simple story) - que Feist prend congé d’un public qui semble avoir passé une soirée délicieuse. Sédières 2004, ça commence bien !
Quand les femmes s’en mêlent, on ressort tout « chose » du Théâtre Jacques Cœur… Laetitia Shériff et Jeanne Balibar, les deux charmantes chanteuses qui se sont succédées sur les planches au cours de cette soirée ont séduit par leur beauté et par leur musique, pourtant assez différentes. Avec Codification, son premier album qui vient tout juste de paraître après de nombreuses années de concerts prometteurs (en 2001 et en 2003), la carrière de Laetitia Shériff risque de subir un coup d’accélérateur assez violent. Car, désormais entourée par les précieux Olivier Mellano (guitares) et Gaël Desbois (batterie), la jeune femme semble parée pour séduire avec une musique à la fois chaotique, volcanique et réconfortante. Les morceaux - souvent dissonants et teintés d’expérimentations soniques - sont chantés d’une voix mutine, cela produit un effet redoutable à tous les coups : on se laisse emporter par ce maelström d’émotions à fleur de peau.
Le set de Jeanne Balibar et Rodolphe Burger n’en manquera pas lui non plus, d’émotion… Même si tout commence par le premier morceau de l’album Paramour, un Tour du monde un peu étranglé par l’émotion justement, la suite sera riche en instants magiques. Cela on le doit bien évidemment à la voix de la troublante Jeanne. Parlons-en de cette voix : tour à tour aiguë et stridente ou grave et pénétrante, elle est toujours singulière et peu soucieuse de sonner juste… Comme Jeanne Balibar mime ses textes, malheureusement pas toujours intelligibles, avec des gestes lents et gracieux, le spectateur se laisse bercer par cette musique truffée d’arrangements aventureux et cette gestuelle qui part un peu dans tous les sens (à l’instar de sa voix). En chef d’orchestre inspiré, Rodolphe Burger lance des boucles avec un sampler tout en jouant toujours admirablement de sa guitare à effets. Grâce à un son de guitare hallucinant, chacune des interventions du leader de Kat Onoma irradie les morceaux d’une présence absolument extraordinaire. Bien calé dans son siège, on se demande presque si ce que l’on voit et entend est réel ou relève purement et simplement du rêve éveillé ; à l’heure où ces lignes sont écrites, on se le demande encore ! On se souvient tout de même d’un rappel où Les petits papiers du grand Serge sont effeuillés comme autant de promesses d’un avenir meilleur pour les sans papiers. En sortant, un peu sonné, le regard hagard, on se dit en retrouvant le lumière que l’on ferait bien le Tour du mondeParamour pour cette Jeanne là…
Retour sur les éditions 2003 et 2002 du festival Les Efferv'Essonne à Villebon-sur-Yvette... L'année 2003 a vu le festival prendre une dimension supplémentaire grâce à une programmation axée sur les qualités artistiques plutôt que sur les ventes d'albums. Le public a donc pu communier avec des artistes établis mais pas putassiers (Bashung, Ibrahim Ferrer du Buena Vista Social Club, Murat, Les Wampas...) tout en découvrant de jeunes talents comme Laetitia Sheriff ou Bikini Machine et des ovnis enthousiasmants comme les Pascals et Señor Coconut... Vivement 2004 !
Appréciée en 2001 en première partie de Miro et Hooverphonic à la Coopérative de Mai, Laetitia Sheriff a pleinement confirmé son énorme potentiel aux Efferv’Essonne…
Que ce soit en solo à la basse pour le début du concert ou en trio avec Olivier Mellano à la guitare et un bassiste, Laetitia Sheriff a irradié le Magic Rezonne de sa présence. Cette jeune femme au physique troublant écrit des morceaux saisissants qu’elle chante d’une voix magnifique… Dès lors, comment résister quand tout, je dis bien tout, conduit à être conquis ? La totalité du public semble sous le charme de cette sérieuse concurrente de P.J. Harvey pour les compositions rock sur le fil du rasoir et pour la voix déchirante…
Un petit bonhomme observe la scène sur le côté de la scène, il a l’air d’apprécier le concert à sa juste valeur, comme le reste des personnes présentes. Cet énigmatique « people » qui préfère rester discret après l’interprétation par Les Wampas d’une chanson portant son nom n’est autre que Manu Chao, sans son beau chapeau (ni son portefeuille). Fan de Laetitia Sheriff, il a fait le déplacement pour la voir sur scène, un signe de goût ! Car les morceaux en anglais chantés par Laetita Sheriff ont véritablement un côté envoûtant. La guitare dissonante de l’excellentissime Olivier Mellano rajoutant une dimension bruitiste ou intimiste aux compositions. C’est vraiment à regret qu’on voit Laetitia Sheriff descendre de scène après un rappel.
Si elle arrive à se faufiler dans les méandres du milieu de la musique, cette jeune femme devrait faire un malheur ! On attend avec impatience son premier album…