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Hooverphonic + Miro + Laetitia Sheriff

la Coopérative de Mai Clermont-Ferrand   23 octobre 2001

Bon concert

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    Deux minutes après mon arrivée, une jeune-femme toute timide entre en scène et commence une chanson intimiste. Laetitia Sheriff, une jeune lilloise à l’accent américain, semble toute fragile. Elle chante divinement sur des morceaux assez calmes et pas très gais, mais ça me plaît. Il faut du courage, pour se pointer toute seule avec sa guitare devant des gens qui attendent du trip-hop fm ! Ses attitudes et sa voix me rappellent Shannon Wright, une américaine qui avait fait la première partie de Calexico et qui va revenir jouer ici avant Pinback. Elle a une voix très émouvante et très puissante, mais elle s’en sert avec parcimonie, sans nous infliger des envolées démonstratives. Laetitia Sheriff s’accompagne de manière minimaliste avec une basse, une guitare sèche ou une guitare électrique. En plus d’être talentueuse, elle est très souriante et chaleureuse avec le public. Prometteuse, Laetitia Sheriff est d’ailleurs bruyamment acclamée à sa sortie de scène...

    C’est vraiment la soirée des artistes solo : Miro arrive tout seul avec sa guitare. Il porte des lunettes, ce qui explique son nom de scène. Bravo pour l’autodérision. Miro a un physique à la Mark Oliver Everett, le chanteur-compositeur d’Eels ; nous n’avons pas affaire à une sorte de Bernard Lavillers de retour d’un safari dans la jungle stéphanoise. La voix aiguë et la manière de composer du Monsieur font très fortement penser à Matthieu Chédid alias -M-. Ses chansons sont marrantes et douces-amères, il fait participer le public à la moindre occasion et n’hésite pas à parsemer ses compositions de refrains à base d’onomatopées rigolotes et suraiguës. Miro a un talent indéniable pour rendre intéressantes et drôles des petites histoires de la vie de tous les jours. Son « tube » dont le refrain fait « je m’appelle Billy et je suis funky », remporte un triomphe mérité. Les gens ont le sourire, la vie est belle, il fait beau, tout le monde est gentil, j’aime beaucoup ce que vous faîtes.
    Des applaudissements hystériques réclamant un rappel saluent la fin du show, mais pour cause de timing, Miro ne reviendra. Ce chanteur bizarre a enchanté tout le monde, sauf Christophe C., qui le trouve trop gai.

    Après Stereophonics et Peter Phonix, please welcome on stage HOOVERPHONIC from Belgium ! Ces quatre belges pratiquent un trip-hop assez commercial mais, il en faut pour tous les goûts, et comme disait Daniel Balavoine : « c’est sur scène que tout se joue ! ». D’entrée, ça m’énerve : une intro de 5 minutes où les musiciens jouent pendant que la chanteuse se prépare dans les loges. Quand elle arrive, c’est le triomphe chez les auditeurs de NRJ : les arrivées de star autoproclamées ça marche encore, dommage ! Il faut reconnaître que cette jeune-femme a un physique fort avenant. Elle bouge de manière sensuelle et il me semble qu’elle est un peu moulée dans sa robe. Elle est canon et elle le sait : elle en rajoute des kilos dans son jeu de scène et dans ses gestes. Elle a une très belle voix certes, mais ça tourne un peu à la démonstration. On pense à Hélène Ségara voire à Céline Dion. De plus, la demoiselle est accompagnée par une dream team musicale : Richard Clayderman aux claviers sirupeux, un guitariste à lunette de star pas très sobre , une sorte de Matt Sorum - le batteur de Guns ‘n’ roses à la finesse légendaire -, et par un bassiste drôle faisant penser à Arno dans ses interventions (il a un accent belge à couper au couteau suisse).
    La musique d’Hooverphonic n’est pas franchement désagréable mais elle manque cruellement d’originalité et de sobriété... « Mad about you » rappelle même fortement « Seven seconds » de Neneh Cherry. Ils ont écouté assidument Massive Attack et Portishead, on peut même dire que ça les a marqués ! Hooverphonic, c’est de la musique de Bobo sans aspérité, trop policée. A signaler : les ballades au piano où Richard Clayderman nous inflige des musiques d’une platitude et d’une niaiserie sans nom. Les gens sortent les briquets et applaudissent à tout rompre, un comble ! Il faut admettre que les Hooverphonic sont souriants, contents de jouer et parfois drôles ! Pendant un slow, ils font une pause de 2 minutes pour mettre mal à l’aise et permettre à quelques spectateurs de hurler « je t’aime » à la chanteuse.
    Du coup, en rappel, après un discours hilarant du bassiste, ils jouent une version instrumentale de « Je t’aime moi non plus » du grand Serge. Plus tard, ils font monter sur scène et chanter (faux) une jeune fille qui ne demandait qu’à rester dans le public. Nos amis belges reviennent trois fois, ce qui permet à la chanteuse de refaire des entrées de star. Ils jouent leur premier tube « Rovers » et terminent le show par une version de « Mad about you » au piano avec qui vous savez derrière.
    Sympathique et convivial, le groupe Hooverphonic devrait chercher un peu plus à se démarquer au lieu de vouloir séduire MTV, NRJ et caetera...


    le 24/10/2001
    Signature :
    Pierre Andrieu
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