Nouvelle Vague
Après une baignade régénératrice sur la plage de Saint-Malo, la deuxième journée de La Route du Rock 2004 commence sur les chapeaux de roue... Le groupe Nouvelle Vague, qui nous avait enchanté au festival de Sédières, est en effet programmé sur la plage aux alentours de 16 heures.
Les pieds dans le sable, le soleil .../...
Nouvelle Vague
Après une baignade régénératrice sur la plage de Saint-Malo, la deuxième journée de La Route du Rock 2004 commence sur les chapeaux de roue… Le groupe
Nouvelle Vague, qui nous avait enchanté au
festival de Sédières, est en effet programmé sur la plage aux alentours de 16 heures.
Les pieds dans le sable, le soleil au-dessus de la tête, et
Camille et
Mélanie - les deux charmantes chanteuses de ce projet musical réussi - à deux mètres de nous, ça ressemble au bonheur… Surtout si
Olivier Libaux et
Marc Collin sont respectivement à la guitare et aux claviers. Les morceaux sont tous plus enchanteurs les uns que les autres grâce à leurs auteurs bien sûr, mais aussi grâce à l’adaptation made in Nouvelle Vague et aux voix des troublantes vocalistes qui se complètent admirablement. Tellement pétrifié de joie quand retentissent les notes admirables de
Making plans for Nigel d’
XTC,
Tennage Kicks des
Undertones,
Friday night Saturday morning des
Specials,
Guns of Brixton des
Clash,
(This is not a) Love Song de
P.I.L. ou
In a manner of speaking de
Tuxedomoon, on se demande si on ne va pas carrément fondre en lames… Heureusement pour notre amour propre,
Camille se charge de faire rire tout le monde avec ses facéties, la petite polissonne ira même jusqu’à partir en courant au milieu des vacanciers - et de
Too drunk to fuck des
Dead Kennedys - pour aller se baigner avec son harmonica et revenir finir son boulot (pas désagréable… ), trempée. La mutine jeune femme portait déjà une robe transparente laissant transparaître une charmante culotte en dentelle verte, mais désormais on peut distinguer sans difficulté ses jolis petits seins. Il est parfois dur de garder son sang froid, même en écoutant tranquillement de la bossa nova sur une plage…
Laura Veirs
Pour le moins ému et troublé, on arrive au Palais du Grand-Large avec des capacités de résistance un peu entamées. Et là,
Laura Veirs emporte tout sur son passage, comme lors de l’écoute de son disque
Carbon glacier et lors de sa prestation au
Printemps de Bourges cette année. C’est une véritable lame de fond émotionnelle que déclenche cette américaine, simple et naturelle, avec sa voix et sa guitare. Comme la belle est accompagnée par un guitariste doué, le folk teinté de pop et de rock de
Laura Veirs va droit au cœur dès les premières mesures de chaque morceau. Et voilà, il fallait s'y attendre, on pleure sur
Rapture…
Flotation Toy Warning
S’il n’y a que 15 kilomètres à parcourir, le temps nécessaire pour rallier le fort de Saint-Père est doublé - voire triplé - par les embouteillages divers. Fort heureusement, en prenant quelques improbables raccourcis, on réussit à assister à la performance, très attendue, des Anglais de
Flotation Toy Warning. Si le disque
Bluffer's Guide To The Flight Deck, sorti récemment chez Talitres Records, est renversant, la performance du groupe à Saint-Malo ne donnera pas une image très représentative de la qualité des morceaux. La faute à un son approximatif, et à des musiciens tendus à l’idée de donner un de leurs premiers concerts. Néanmoins, la beauté de certaines mélodies apparaît en pleine lumière, le chant tantôt pop, tantôt baroque du leader
Paul Carter faisant lui-aussi un effet considérable… Ce groupe ultra prometteur devrait donner sa pleine mesure lors de sa tournée automnale.
Lali Puna
Juste après,
Lali Puna délivre un set assez envoûtant de pop électronique avec chant éthéré (assuré par la discrète
Valerie Trebeljahr). La plupart de morceaux plongent l’auditeur dans un état de bien être presque amniotique grâce à des sonorités à la fois douces, planantes et aquatiques. On retrouve même quelques ambiances communes avec
The Notwist, l’excellent projet de l’expansif bassiste de
Lali Puna,
Markus Archer.
Air
Quand vient le tour du groupe
Air, on se demande s’il vont nous faire le même effet que lors de leur prestation à
Benicassim en 2002… Et bien oui, malgré un concert très court (une heure) et une set list ne comptant pas assez de morceau du dernier opus (le génialement spatial
Talkie walkie),
Nicolas Godin,
Jean-Benoît Dunckel et leurs deux musiciens américains aux claviers et à la batterie ont prouvé toute l’étendue de leur classe sur scène. Grâce à un son absolument exceptionnel, et à des morceaux interprétés divinement (
Venus, le long et majestueux
La femme d’argent, un
Sexy Boy musclé,
Cherry blossom girl,
Another day, et, surprise, un
Playground love chanté sobrement par le leader de
Phoenix etc.), le public a cru l’espace d’un court instant voler à bord d’une fusée lancée vers la lune…
Phoenix
On le savait déjà, mais
Phoenix a proposé une musique aseptisée, commerciale, démonstrative et sans âme à des festivaliers, ravis et au bord de l’hystérie (allez comprendre… ). S’il peut être discret et prendre une belle voix grave avec ses amis de
Air, le chanteur de
Phoenix adopte un style vocal aigu et des déhanchements ridicules pour son jeu de scène avec son propre groupe. Comme derrière lui, chaque membre de
Phoenix essaye de prouver à quel point il est virtuose, tout cela se révèle aussi éreintant et casse bonbons que leur passage raté et risible à la
Coopérative de Mai. Chaque morceau étant plus exaspérant que son prédécesseur dans le style pop formatée pour les F.M., on prend lâchement la fuite vers la tente. Las, malgré l’éloignement relatif, on entend quand même ces sinistres sires triompher avec leur soupe indigeste. Puis on s’endort, en pensant à
Nouvelle Vague,
Laura Veirs et
Air…
A lire également : les comptes rendus des soirées du
vendredi et du
dimanche à la Route du Rock 2004.
Sites Internet :
www.laroutedurock.com,
www.lauraveirs.com,
www.intairnet.org.
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