La salle est comble comme la veille mais cette fois j'ai prévu le coup en arrivant plus tôt.
21h05 Le cyborg
Paul Whitehead débarque de la planète Prog sous un masque de métal. Accompagné d'
Alex Carpani au clavier,
Marco Fabbri à la batterie,
Fred Schneider à la basse (tous deux membres d'
Éclat) également masqués, il orchestre le show aux commandes de son ordinateur. Il s'interrompt régulièrement pour donner la parole au cinquième cyborg qui avec un accent de chez-nous mal dissimulé, nous conte l'histoire d'un détective d'une galaxie lointaine venu espionner la vie terrienne pour découvrir une espèce de conscience collective animée par une seule chose... Je ne sais pas si c'est l'ambiance atmosphérique et les tempo lents de la musique qui portent l'histoire ou une mauvaise interprétation du premier message répété des envahisseurs « Toute résistance est inutile », mais je vois autour de moi nombre de personnes sombrer dans un sommeil au bout de 20 minutes. J'avoue que j'ai un peu de mal à rester attentif mais ma curiosité est plus forte : comment va être utilisée cette cymbale plantée devant la scène ?
Paul Whitehead va-t-il la fracasser tel
Roger Water à
Pompeï ? Non, armé d'un archer il fronte délicatement durant 10 bonnes minutes ladite cymbale, sans que je n'arrive vraiment à savoir le son qu'elle produit car il est couvert par les nappes du clavier et les sons du
Macintosh. 21h45 l'ovni repart dans sa galaxie, laissant le monde des humains dubitatif....
22h15 Changement de décor pour un set qui s'annonce plus rock. La salle se remplit.
Éclat, également organisateur du festival, est très attendu par son public qui n'a pas manqué de revêtir le tee-shirt du groupe. Je retrouve
Thierry Massé et
Alain Chiarazzo aux mêmes postes (clavier et guitare) qu'il y a trois semaines au sein de
Quartiers Nord où ils scandaient « Pastis,Orgeat, Mauresque ».
Le quatuor marseillais entame son set instrumental par un hommage au groupe
Soft Machine, avec une intro au clavier en 5 temps, sur un rythme latino. Puis, vient
Le Cri de la terre, titre éponyme de leur dernier album, « qui ne date que de 4 ans » comme le rappelle
Alain Chiarazzo. On sent enfin qu'au bout de 3 jours de concerts la basse va se mettre en avant. D'abord avec le titre
Méditations , où
Fred Schneider exécute une ligne de basse à 2 mains à la
Victor Wooten, puis sur un hommage à
Zappa et sur
Énergie avec des solos de basse au son fretless, et dans un groove basse/batterie avec un slap digne d'
Alain Caron. Les morceaux sont hyper variés, teintés de sonorités tantôt orientales (
Mare nostrum), tantôt latino, tantôt rock avec des mises en place aux millimètres. Les solos de guitare, exécutés parfois au bottleneck, et de claviers sont à couper le souffle et soutenus par une section rythmique basse/batterie impeccable pendant près d'une heure et quart.
00h10 Une demi-heure n'est pas de trop pour changer complètement la face de la scène qui se trouve alors remplie d'instruments atypiques : stick Chapman, marimba, vibraphone, percussions, guitares... et la léode, mélange de guitare et de synthétiseur, imaginée par
Claude Léonetti. Ne connaissant pas
Lazuli, et à en juger à l'instrumentation je m'attends à un set plutôt calme présenté comme un « voyage poétique ». Mais dès le premier refrain porté par une voix aérienne, la déclamation d'un
en avant toute nous scotche à nos sièges. Calés, grâce à leur oreillette, sur des samples électroniques björkesques, les 6 instrumentistes nous livrent une musique résolument originale emmenée par les superbes textes très imagéesde
Dominique Léonetti (
le repas de l’Ogre ). Pendant plus d'une heure le plaisir est à la fois auditif et visuel. Auditif avec les sonorités multiples de la léode (violoning style guitare, distorsion, scie,...), les mélodies cristallines du vibraphone, les solos de guitare tout au vibrato. Visuel avec les gestes amples du percussionniste, le jeu à deux mains sur les 12 cordes du stick ou encore avec le final du chanteur, bras tendus, aux cymbales sur
mal de chien. 10 titres plus tard, c'est devant un public complètement conquis que le groupe interprète
amnésie pour son premier rappel. De nouveau acclamé debout, les 6 membres du groupe se rassemble autour du marimba pour un ultime morceau instrumental.
Avec le prestation de
Lazuli on a l'impression que quelque chose d' assurément exceptionnel s'est passé au
ProgSud tant les gens se disent avoir été touché par leur musique à la sortie du
JasRod.
Les photos sont de David, Dimitri et Laurent.