Histoire de bien se mettre en jambe pour le reste de l'année, rien ne vaut un bon concert, surtout si ce dernier sert à soutenir un lieu associatif sympathique (
La Machine à Coudre) en plus d'être une raison valable pour s'enquiller une bière (ou davantage, faut pas déconner !).
Lee Zeirjick,
Cave Canem et les immanquables
Kill The Thrill se sont chargés de nous réchauffer les oreilles en ce début de week end hivernal, doux, mais pluvieux.
Quelques galères made in SNCF me font arriver à la bourre, me permettant d'apprécier seulement les dernières notes de
Lee Zeirjick, projet solo guitare / magneto de
Ben de
*25*, groupe local vindicatif et énervé qui vient de sortir son 4ème album,
Exit, Voice Or Loyalty ?. Quoi qu'il en soit, ça avait l'air de "noise ta life" sévère malgré l'aspect minimaliste de la chose. Ca sera pour une prochaine fois j'espère.
Le temps de se tailler une place aux premières loges dans une Machine à Coudre pleine à craquer, qu'enchaîne
Cave Canem (à ne pas confondre avec le groupe hardcore teuton du même nom), duo saxophone ténor & guitare (+ machines) avec
Frederick De Benedetti de
Kill The Thrill aux cordes. Le binôme revendique un tas d'influences diversifiées bien pesantes tant punk hardcore que noise. On y trouve en vrac
Crass, The Ramones, The Ex, Envy, Joy Division, Coltrane (fallait bien pour le sax !) ou encore
Neurosis, mais aussi des formations bien de chez nous comme
Bérurier Noir et
Condense. Sur le terrain, ça sonne bien plus personnel et typique que ce que le papier pouvait laisser sous entendre. Tendu (du string), rigide et agressif, le noise punk nourrit aux samples de ces 2 là est une jolie alternative qui a le mérite de mettre immédiatement en alerte les nerfs des amateurs de musique bruitistes et non conventionnelles façon
Oxbow à défaut de laisser les autres au mieux indifférents. Accordage singulier, cuivre enroué, les rythmes bouclent, le son éclate et se laisse porter par un chant résolument punk. Ca joue à l'énergie pure, ça mise sur les prises à revers. Bonne surprise qui se clôture par les jappements menaçants du clébard en rogne en toile de fond !
Sans attendre,
Kill The Thrill chauffe et huile les engrenages (sauf
Fred qui lui est déjà en feu, la chevelure hirsute et sa magnifique chemise rouge troquée pour une autre plus sobre). Le trio noise indus cold wave rock ambient (rajoute ce que tu veux d'autre) est à la maison, décontracté et le sourire aux lèvres. Malgré quelques problèmes récurrents de retour son et de volumes ayant engendrés une paire de faux départs,
Kill The Thrill déroule la plupart des morceaux de l'excellent
Tellurique ponctués de 3 titres de
203 Barriers (
"Stase", "203 Barriers" et
"Antique Tools"). Sur scène, l'aspect monolithique de leur musique prend une dimension supérieure sans pour autant laisser de côté les atmosphères aériennes grisantes et envoûtantes qu’ils affectionnent. Le chant abrasif de Nicolas résonne avec une grande force sur les vagues bruitistes sans baisse de régime. De bout en bout, l'univers bien rodé et introspectif des marseillais prend forme jusqu'au final terriblement bien choisi : le "tubesque" et jouissif
"Permanent Imbalance" suivi de la "ballade"
"Like Cement" ("pas punk pour un sou" comme le précise Nicolas en invitant le public à desserrer les fesses 5 minutes).
Une dernière pression, il est déjà 2h, l'heure de vite rentrer dans les terriers. Satanée pluie !
Chronique initialement publiée sur
www.metalorgie.com