Après un an d'absence dans ce cadre fabuleux des
Arènes de Nimes, me voici de retour une première fois pour enfin voir
Lenny Kravitz, que j'avais toujours raté jusqu'ici.
Le temps est idéal, le concert est complet, avec une majorité de (très jolies) filles j'ai trouvé, ambiance à la cool, cadre sensationnel, bref à chaque fois que je fais un live dans ces Arènes j'y ressens une atmosphère que je ne retrouve pas ailleurs. Alors quand en plus la prestation est monstrueuse, on touche à la perfection !! Car autant le dire d'emblée, Kravitz a tout atomisé ce soir là !
Je passe rapidement sur les premières parties, car pendant que l'ex chanteuse de Tricky, à ce qu'on m'a dit, vocalise ses parties, je suis encore en dehors du site à attendre Leslie et compagnie, moi même etant arrivé peu avant. Puis pour
Asa, on rentre alors que le set est déjà entamé, et les Arènes pleines comme un oeuf ! On va quand même avoir l'occasion d'apprécier son reggae-soul-je sais pas comment définir pendant plus de 30 minutes. Cette femme a une patate d'enfer, une bonne présence, et un groupe qui assure pas mal du tout. Après je ne suis pas du tout fan du style qu'elle propose, mais au moins c'est bien joué, et ca remporte haut la main l'adhésion du public.
Le temps de se chercher une binouse, de tchatcher avec des connaissances, de parler, puis de parler encore, et puis de faire ci ou ça... Bref le temps se fait long, Kravitz se fait désirer, pratiquement une heure d'attente, ça énerve certains qui commencent à siffler gentillement. Et puis 22h30 pétantes tout s'éteint, et là on passe dans une autre dimension... Celle de Monsieur Kravitz.
Au premier coup de grosse caisse, au premier riff de gratte, à la première vocalise, on reste scotché avec Leslie... Scotchés par un des meilleurs son qui m'ait été donné d'entendre live ! Quelle puissance ! Un poil trop fort pour le premier morceau, mais vite réglé. Les basses qui font pulser les organes internes, les guitares incisives et nettes, la batterie au relief de fou, les cuivres clairs, le piano cristallin... L'ensemble quasiment parfait du fond de la fosse où nous nous trouvions. Que ça fait plaisir une telle sonorisation ! Ça ajoute le petit plus indispensable. On en reparle encore aujourd'hui ! Et j'en reparlerai comme référence pendant des années.
Le groupe est irréprochable niveau musical, niveau attitude, niveau enthousiasme, à tous les niveaux en somme. Il a su s'entourer d'une belle équipe qui le porte parfaitement. J'ai souri en voyant le gratteux soliste, en me disant qu'il avait du grandir avec des posters de
Slash (Guns'n roses) dans sa chambre tellement le look et la dégaine étaient similaires :) Tignasse frisée devant les yeux, chapeau dessus, Les Paul en bandoulière, quelques poses familières, et un sacré toucher !
Alors avec tout ça, que pouvait nous proposer Kravitz si ce n'est deux heures quinze de pur plaisir ?! Facile dans ces conditions idéales d'irradier de charisme, et de faire frémir ces milliers de personnes qui lui etaient déjà acquis ! Dès le deuxième titre,
"Always on the run", c'est un peu la folie totale dans le coin. Gradins debouts, ca se trémousse de toutes parts, les sourires sont plaqués sur les figures, les mains battent en rythme... Absolument tout concorde pour être un peu hors du temps, ne pas voir passer ce dernier, et se faire plaisir sans concessions ! J'ai du appeler je sais pas combien d'ami(e)s pour leur faire partager cette pure joie ! ;)
Lenny Kravitz enquille les hits à la pelle, alternant du gros rock, avec des passages plus lents, voir même un peu jazzy sur deux morceaux rallongés. C'est ce que je pourrai appeler la seule "faiblesse" du show, au milieu de ce dernier, quand ils sont partis en lente jam jazzy, qui a fait un léger temps retomber le soufflet. Mais c'est vraiment pour chipoter, car les musicos etant tellement à fond dans leur trip, on ne pouvait s'empêcher de les suivres dans leurs pérégrinations instrumentales. Lorsqu'il sussure son
"It ain't over till it's over" on se croirait dans un club des années 30 où vingt mille personnes seraient parcourus de frissons et où les couples se déhancheraient lascivement. Lorsqu'il balance des riffs imparables avec ce son de gratte affolant, tels
"American Woman", "Love, love, love", "Bring it on" ou l'orgasmique
"Are you gonna go my way" final, on en prend plein la tronche, le coeur se décollant de la poitrine tellement ca pulse. Lorsqu'il calme le jeu en jouant
"I'll be waiting" sur un piano translucide illuminé, l'audience ne fait plus qu'une personne et entonne encore et encore le magnifique refrain. Lorsqu'il envoie
"Stilness of the heart" ou
"Be", on ferme les yeux et on écoute ses frissons se propager partout sur sa chair. Lorsqu'il revient sur
"Believe", on garde les yeux fermés et on démultplie les frissons déjà présents...
Et lorsqu'il annonce
"Let love rule", on ne se doute pas qu'un moment d'anthologie live se prépare... Cette chanson, par laquelle j'ai connu le bonhomme, est fantastique à la base. Mais en concert, je la redécouvre. C'est un modèle de crescendo jusqu'à l'explosion ! Et si ce soir là elle va durer dix bonnes minutes, c'est parce que Kravitz décide de se prendre un bain de foule assez hallucinant ! Alors que les zicos vont faire grimper lentement mais inexorablement la puissance du titre, leur frontman va faire tout le tour des Arènes par les premiers gradins ! Je crois qu'avec Leslie on devait avoir l'air de deux ravis du village tellement on etait incrédules :p Il est passé sur le coté de scène, puis a longé la fosse par les premières rangées de sièges, jusqu'à descendre les escaliers du fond, c'est à dire où nous etions (Lenny à trois mètres, ca le fait pas mal ;)), pour remonter les escaliers lui permettant d'aller longer les autres premières rangées jusqu'à atteindre l'autre coté de la scène pour finir la chanson en apothéose. Les gorilles n'en menaient pas large, parce que Kravitz s'arrêtaient souvent à une rembarde pour haranguer la foule, banguer le bras en l'air au son de ses zicos continuant à jouer sur scène, un vrai furieux ! Il donnait des accolades, serrait des mains, etc... Franchement, si ça c'est pas une attitude rock'n roll, plus rien ne l'est ! Evidemment c'etait le délire total dans le public, une ovation comme j'en ai rarement entendu.
Et quand après çà, pour le dernier rappel, il nous ensorcèle avec
"Believe", avant de nous achever avec
"Are you gonna go my way", c'est la folie pure. Cet ultime titre remue toutes les Arènes, moi ça me fout la chair de poule de voir une telle electricité positive et de me savoir dedans, de la ressentir avec des milliers de fans.
Si je n'ai qu'un seul regret à formuler, c'est de ne pas avoir eu
"I belong to you" qui me tenait à coeur, mais franchement, au vu de tout le reste, je reste scotché par un tel live, et un tel Monsieur. Courez y si vous avez l'occasion. Mille fois bravo, dix mille fois merci.
Setlist :
Bring it on
Always on the run
Dig in
Fields of joy
It ain't over till it's over
Dancin' till dawn
Love, love, love
Be
Stilness of heart
I'll be waiting
Where are we running
Rappel
American woman
Fly away
Let love rule
Rappel 2
Believe
Are you gonna go my way
Photos :
Bertrand des 13rugissant