Par précaution, je ne me suis guère aventurée au
Cabaret Aléatoire avant 9h30 pour aller observer le phénomène électro lesbien québécois :
Lesbians on Ecstasy . Cernée par des écrans projetant des boucles de documentaires animaliers sur les singes et par un public dont la mixité n’était pas réellement à l’ordre du jour, je me mets en position (hum.. enfin, vous m’aurez compris..), pour découvrir le premier groupe
The Duchess says , eux aussi francophones d’outre Atlantique.
Un batteur, un homme à quatre ou six cordes, un claviériste et une chanteuse totalement illuminée qui, par sa voix criarde mais travaillée et sa gestuelle de tigresse possédée, suscite l’enthousiasme général. Avec un sens du show très développé, la voici qui se retrouve pied nu à danser avec des filles transpirantes, cernant ses transes gymnastiques en forme de flexions-extensions à même le sol, tandis que le triptyque des musiciens sagement restés sur scène distille un electro-punk énervé, avec des passages franchement grindcore, et ma foi très efficace.
Puis les tant attendues
Lesbians montent sur scène, au nombre de quatre filles assez impressionnantes, batteuse électronique avec sifflet d’appoint, claviériste pour le coup bien féminine, bassiste tankée-piercée-tattouée et chanteuse, en casquette de cuir et pantalon à paillettes.
Le show est réellement impeccable, chorégraphié et sans bavures ; tout est savamment orchestré pour faire remuer les centaines de filles aux cheveux courts et lunettes de soleil présentes. La musique sonne electro club et les paroles sont fédératrices
« We’ll be waiting all our lives for our sisters to be our lovers », tandis que j’essaye de me fondre dans mon carnet, dissimulant mon honteuse hétérosexualité.
La chanteuse est particulièrement efficace, le rythme dans la peau et la voix bien aiguisée entre chuchotements, joli chant clair et cris extatiques. Je dois dire que je ne suis pas particulièrement sensible à l’electro très club, mais c’était bien fait, donc la pilule est bien passée.
Le rappel donne lieu à une petite surprise pas piquée des vers, avec s’il vous plaît une reprise à capella avec juste la basse et le tambourin de la chanteuse en fond sonore, de
I like to move it de…
Reel 2 Real ! (fabuleux groupe de dance des années 90, si si vous connaissez). Le Cabaret devient boîte de nuit et la foule hystérique (et accessoirement dans un état second) se déchaîne sur le dancefloor; la reprise une fois achevée, je prépare fébrilement mes affaires mais me fait rattraper par le son du vrai
I like to move it , histoire de bien enfoncer le clou musical.
Allez bonsoir.
Non, ne me raccompagne pas en voiture, ça ira, hein voilà_
Photos: Chacha