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Lesbians on ecstasy+ Gravy Train + Toxic Kiss

Nouveau casino - Paris   28 mars 2005

  Concert à ne pas manquer

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    Qu’est-ce que ça fait plaisir d’écrire, de déclarer qu’on a été écouté et voir de la musique de pédés, de tantouzes, d’enculés, de gouinasses… sans que cela soit péjoratif une seule seconde. La modernité recèle tout de même quelques plaisirs. Hier soir, j’ai ainsi fait la connaissance de trois très bons groupes dans le cadre du Pink and Purple Pop festival. Ce même festival qui m’avait permis de voir pour la première fois Le Tigre, il y a quelques années dans cette même salle du Nouveau Casino (qui commet l’ignoble faute de goût de servir de la Heineken, mais pour le reste j’aime bien).




    Le premier groupe, Toxic Kiss, ne me semble pas particulièrement homosexuel, mais les gens qui me connaissent le savent bien, la sexualité ce n’est pas mon fort. Les membres de Toxic Kiss sont minces (voir photo) et bourrés d’énergie. Ils démarrent à la 1, 2, 3, 4 leurs chansons qui sonnent comme du Devo/B52’s mais en encore plus nerveux. Le chanteur guitariste est accompagné de deux choristes. Celle qui est à sa gauche est assez fascinante. Elle se dresse sur la pointe de ses pieds dès qu’elle doit intervenir dans le micro, danse comme un robot, par mouvements saccadés, et semblent totalement imprégnés par son rôle de chanteuse rock.



    Je ne la connais pas, mais on comprend que la musique est en train de la transporter, de lui commander ses gestes, quand elle se met par exemple, à relever sa robe, jambes écartées sur ses bas/collants noirs. Nous n’assistons malheureusement pas non plus à une séance vaudou et nous ne pourrons pas vérifier s’il s’agit de bas ou de collants. Ils sont français, on aura peut-être l’occasion de savoir plus tard.



    De toute façon niveau collants, slips et combinaisons en tout genre, j’ai eu plus que ma dose ensuite avec Gravy Train. Ils n’ont eu que trois dates en France, dont deux à Paris, et c’est vraiment trop injuste. Car non seulement, ce groupe a de très bonnes chansons dans un style électro pop-punk, mais surtout c’est un spectacle total où on voit quatre folles, deux filles et deux gars, accumuler les chorégraphies et les cascades vêtus de bas résilles ou d’un simple slip, à mi-chemin entre le cours d’aérobic et le peep-show. Faut pas être timide, ils aiment le contact. Le noir de la bande passe ainsi une bonne partie de son temps à vous coller son cul sous le nez, un magnifique cul noir bien ferme comme jamais je n’en aurais. Et moi, impatiemment, j’attendais de finir avec ma tête entre les seins de l’une des deux goulues.



    Aussi sage que je sois, il était en effet difficile de rester calme quand on entend des paroles aussi explicite :

    « Don’t blame me for being sick for dick
    Sometimes it’s titties that i wanna lick
    I’m such a slut I’ve tried everything
    I ‘ve choked down six dix while eatin’ Burger King
    That ain’t shit compared to what I’ve down »


    « Ne m’en veut pas si je suis une folle de la bite
    Des fois c’est des seins que je veux lécher
    Je suis une vraie salope, j’ai tout essayé
    Une fois je me suis fait enfilé par six bites tout en mangeant un Burger King
    Et ce n’est rien comparé à ce que j’ai fait »


    Ils se font appelés Chunx, Hunx, Funx, Drunx. C’est Chunx, combinaison rose, gros seins, qui chante la plupart du temps. Les autres se relaient derrière les claviers, s’emparent de temps en temps d’une guitare, d’un micro, dans le bordel le plus complet, des fois aux dépens de l’interprétation strictement musicale ou d’une chute avant mal maîtrisée. Mais ça va, ils sont solides, de sacrés athlètes. Ils sautent, cabriolent, pom-pom girlent, et ça se termine par une chute dans la fosse où l’une des deux filles enchaîne direct par une chandelle.



    J’ai bien failli lui lécher les pieds, humm… Sérieusement, je vous recommande leur album Hello Doctor, sorti chez Kill Rock Stars. Dix chansons en vingt minutes, de la dynamite pour les soirées en camping. Et un nouveau disque est en cours de mixage.



    Les Lesbians on ecstasy sont un peu plus jeunes dans le monde de la musique enregistrée. Leur premier album est sorti, il y a peu, chez Alien 8 recordings, un label canadien qui a publié aussi bien la musique sombre de Molasses (très proche de Godspeed you black emperor), que les chansons timbrées des Georges Leningrad. Comme leur nom l’indique les Lesbians on ecstasy sont exclusivement lesbiennes. Elles arrivent sur scène habillée de casquette et de surpantalons en cuir dans un style motardes-huns. La motarde-hun a la particularité, comme Attila, d’empêcher le gazon de repousser après son passage. Personnellement, je n’aime pas trop ce style qui détourne et surjoue des attributs masculins. Je préfère les gentilles lesbiennes, aux méchantes, avec la mâchoire carrée. Préjugé machiste ? Un préjugé en tout cas qui me défend dans un premier temps contre la musique des Lesbians on ecstasy. D’autant que celle-ci est assez violente et industrielle. Je n’arrive pas à trouver une ligne harmonique, même la basse je ne la perçois pas au milieu du martèlement de la batterie électronique et des autres beats envoyés par ordinateur.



    Mais, voyez comme je suis faible, tout change à partir du moment où la chanteuse, Fruity Frankie, prend la parole pour présenter ses camarades de jeu, Bernie Bankrupt aux souris et claviers, Véronique Mystique à la basse, et Jackie the Jackhammer aux percussions. Elle vient de Montréal et parle ainsi français avec l’accent québecois, un accent plein de couleur et de chaleur et ces filles, effectivement ne manquent ni de chaleur, ni d’humour. Le contact passe très bien avec le public, assez gay, avec dans les premiers rangs une petite tribu de filles qui s’éclatent et dansent à qui mieux mieux. En les regardant et en regardant le groupe s’amuser de concert sur scène, je commence à m’ouvrir à ces rythmes de petites brutes.



    Les Lesbians on ecstasy ont puisé leur inspiration dans le « patrimoine » musical lesbien, des groupes comme Tribe 8, Team Dresch, Indigo Girls ou… Tracy Chapman. Il ne s’agit pas de samples, mais plutôt d’emprunts, de citations, je reconnais ainsi Talk about the revolution au détour d’un morceau qui juxtapose d’autres couplets au célèbre refrain. A part Tracy, je ne maîtrise aucune des références évoquées, mais bon, au final, il s’agit de musique pour danser et c’est assez jouissif.


    Signature : Bertrand Lasseguette
    le 29/03/2005
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