Le jeune berlinois Maximilian Hecker a fait resurgir en moi les fantômes de la pop mélancolique de qualité.
Photo : digiphoto-musiconphoto.com
Tout seul sur scène avec une guitare et un clavier, aidé par une discrète boîte à rythme, il a réussi à faire passer un frisson dans l'assistance. Normal, avec sa voix douce et émouvante, .../...
Le jeune berlinois
Maximilian Hecker a fait resurgir en moi les fantômes de la pop mélancolique de qualité.
Photo : digiphoto-musiconphoto.com
Tout seul sur scène avec une guitare et un clavier, aidé par une discrète boîte à rythme, il a réussi à faire passer un frisson dans l’assistance. Normal, avec sa voix douce et émouvante, il tirerait des larmes à un pitbull ! Ce presque sosie de
Richard Ashcroft a fait montre de son prometteur talent en interprétant avec classe et effacement quelques extraits de son premier album
Infinite love songs.
La lancinante chanson
Over m’a immédiatement interpellé par sa simplicité, sa sobriété et par la beauté de sa mélodie. Le thème abordé est archi classique (une rupture sentimentale), la musique est minimaliste mais c’est tout simplement beau. Il se présente et demande qui le connaît, quelques bras se lèvent, il en conclut :
« trois personnes ! » Alternant en le piano et la guitare, il ira même jusqu’à appuyer sur une pédale de distorsion sur la fin de
Cold wind blowing, un morceau long et captivant. Pour détendre l’atmosphère ou rendre hommage à une de ses idoles adolescentes, il finit un morceau au piano par le refrain de
Take on me du groupe bien connu des mélomanes
A-ha.
Photo : digiphoto-musiconphoto.com
C’est déjà l’heure de la dernière chanson qui est aussi la première de son disque :
Polyester. C’est un moment très réussi de recueillement au piano : ah, cette voix bouleversante et ces accords éthérés ! Il rejoint les loges sous des applaudissements polis et brefs. On se dit que c’est fini pour ce soir mais, fort heureusement, il prend son courage à deux mains et revient jouer
Consequence de
The Notwist. C’est la première fois qu’il la joue et il bute sur certains accords mais c’est touchant et spontané ! Bravo
Maximilian !
Lloyd Cole m’a réellement surpris par son humour, sa simplicité et sa convivialité. Tout seul avec sa guitare, il a donné un concert humble, sobre et réussi. Il était même d’humeur badine en ce samedi soir pluvieux ! Quelle surprise, je m’attendais à voir un maniaco dépressif avec un groupe, et j’ai eu devant moi un personnage volubile et souriant malgré sa crise de la quarantaine, jouant ses chansons à la guitare sèche.
Apprenant la défaite de ses favoris
Chelsea en finale de la Cup contre
Arsenal, il fait mine de partir, dégoûté, après un seul morceau joué. It’s a joke ! Entre chaque chanson, il raconte quelques anecdotes, boit un verre, discute avec les gens, je crois rêver ! Il demande même quelle était la cause des hurlements et des coups de klaxons de la nuit dernière dans le centre de Clermont. Un spectateur bilingue lui explique que l’équipe locale, le
Clermont Foot Auvergne, vient de parvenir en deuxième division, ce qui est une excellente nouvelle ! Lloyd nous dit que si nous sommes contents, il est content ! Devant les éclats de rire, il précise que ce n’est en aucun cas cynique, qu’il le pense vraiment ! Je me pince pour vérifier que je ne rêve pas !
Un fan lui ayant demandé de la jouer dans l’après-midi, il nous joue le magnifique
Pale blue eyes du
Velvet Underground. Il a visiblement décidé de nous gâter ce soir ! Les chansons de ses derniers albums solos sont plutôt réussies et ne provoquent aucun bâillement. A la suite de ses déboires avec les maisons de disque, il se la joue profil bas et essaie de s’en sortir en vendant ses nouvelles compositions sur son site internet
www.lloydcole.com.
Et les tubes alors, allez-vous me dire ? Il a joué
No blue skies,
Are you ready to be heartbroken et
Forest fire en final. Le public est comblé et le fait savoir bruyamment entre les morceaux ou dès qu’il reconnaît une chanson. Les reprises de
Chelsea Hotel no 2 de
Leonard Cohen et
People ain’t no good de
Nick Cave seront les cerises sur le gâteau !
Il chante bien, il s’accompagne parfaitement, il compose des morceaux superbes et il a bon goût pour les reprises, tout est dit ! Pour déconner un peu, il nous jouera même l’intro de
Boys don’t cry de
The Cure ! Pendant la dernière chanson,
Forest fire, il s’interrompra pour faire monter un fan sur scène et ainsi le remercier pour son soutien indéfectible pendant le totalité du concert.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cette affiche pop et, finalement, j’ai passé une excellente soirée ! Encore une fois, on ne peut donner raison aux gens qui ont préféré s’abstenir !
Réagir à cette critique