Lo Còr de la Plana (prononcez "lou couar dé la plane") est un choeur d'hommes de Marseille, et tire son nom du quartier de la Plaine, à la fois populaire (espérons que ça dure) et regroupant pas mal de lieux de concerts.
Lo Còr de la Plana, six chanteurs trépidants, accompagnés de percussions (bendirs et tamburello), "picaments" de pieds et "bataments" de mains. La formation s'est adonnée à la re-création systématique du patrimoine populaire occitan. Chantant dans une fièvre inégalée tous les répertoires, du plus religieux au plus débridé.
Lo Còr de la Plana a de nouveau mis le feu ce soir à la Machine à Coudre. Encore une spéciale dédicace pour cette salle unique capable de programmer du punk, du flamenco puro, du jazz experimental et ce soir de la transe occitane !
Comme d'habitude, le public est assez fourni et 200% subjectif. On ne doit pas être beaucoup de non-occitaniste ce soir. Mais l'avantage des occitans tendance libertaire, c'est qu'ils ne sont pas sectaires ! Ce soir, on est là pour faire la fête.
Et ça sera largement le cas, avec un public surexcité du début à la fin. Que ce soit dans le tapage de mains, de pieds, la traditionnele farandole sur quelques morceaux voir même l'accompagnement dans les chansons vu que les chants traditionnels sont connus par pour pas mal de monde.
Les 6 garçons sont assis quand ils commencent. Ils se lèveront parfois mais c'est surtout dans la salle qu'on aura rarement le cul sur la chaise.
Six voix, deux tambourins, deux "picaments" de pieds sur une planche et tous aux "bataments" de mains. Ils peuvent passer des chants religieux à la solenité grave (si ce n'est la présentation fort drôle : "Dieu nous garde", chanson sécuritaire...") mais qui sont loin d'être la majorité.
Beaucoup, beaucoup de morceaux qui plongent dans la transe. Les 6 voix sont souvent asynchrones et c'ets carrement bluffant quand on y fait un peu attention, la capacité qu'on chacun de partir dans des mélopées qui se superposent, s'entremêlent dans un résultat hypnotique. L'effet sur le Pinguin est identique à celui de leurs cousins de D'Aqui Dub mais peut rappeler aussi celui du hip-hop indus de Dälek. Bref un balancement de style culbutto au ralenti (ce n'est pas ma danse la plus érotique).
Ce soir, je bloquerais plus particulièrement sur les "picaments" de pieds sur la planche. En plus de la performance physique dû au rythme endiablé et soutenu, le rythme lourd, répétitif, au son assez particulier, me happera. Les voix, les tambourins, les "bataments" de mains ajoutant à la transe, ce concert sera pour moi assez "autistique".
Mais Lo Còr de la Plana ce n'est pas que ça. C'est une ferveur capable de faire monter des hordes de filles qui tapent des mains sur les tables, de faire partir 100 personnes en farandole dans le "temple punk" qu'est La Machine à Coudre, de te bloquer sur un chant religieux même si tu es athé.
Lo Còr de la Plana ? Un groupe intègre et qui ne sera (heureusement) jamais hype. Un groupe qui restitue au peuple sa culture sans la mythifier. Un groupe qui est avant tout une tuerie sur scène !
Photos Pirlouiiiit, époustouflé par les progrès réalisé depuis la dernière fois.