A seulement 28ans, Anthony Gonzalez (seul à la Barre de M83) a déjà derrière lui une longue carrière internationale, avec pas moins de cinq albums au compteur et une popularité qui ne désemplit pas outre Atlantique. Ce succès est d’autant plus remarquable que l’Antibois prend des risques, changeant régulièrement de cap, inventant constamment un nouveau son qui s’appuie sur des références plus pointues les unes que les autres. Jusqu'à présent la musique de M83 était quasiment instrumentale, mélangeant psyché et noisy, elle est aujourd’hui chantée et lorgne vers les années 80 et Kate Bush.
La découverte de ton cinquième album est une surprise, on connaissait M83 comme un groupe instrumental maniant les références 70 Teenage Dream et 90 My Bloody Valentine, on découvre aujourd’hui un groupe chanté qui regarde vers les années 80 Cocteau Twins, Kate Bush ?
J’avais vraiment envie de faire un album différent, j’avais besoin de me renouveler. J’en avais assez de la noisy rock des précédents. Une tournée américaine très rock et surtout très fatigante m’a poussé à faire des choses plus tranquilles, c’est pourquoi j’ai sorti Digital shades, Volume 1 un album ambiante et celui là : Saturdays = youth aujourd’hui.
Je suis un gros fan des <>Cocteau twins et de la musique des années 80 en général. J’étais un peu jeune à l’époque pour écouter ça puisque je suis né tout juste en 1980. J’ai découvert bien après vers l’age de 13, 14 ans des groupes comme Tears for fears ou Talk Talk que j’ai adorés et qui m’ont influencé pour ce disque là. Il y a aussi eu Bauhaus que j’ai vu sur scène il y a 2, 3 ans est ça a été une énorme claque qui m’a donné envie de faire des trucs presque gothiques.
En effet le précédent album Digital shades, Volume 1 avait été déjà une surprise, c’était très ambiant.
Pour moi c’est plus un side project. Je suis un grand fan de musique ambiante en particulier de Brian Eno, je pourrais écouter ça pendant des heures. La collection Digital Shades me permet de faire mes disques ambiants à moi et de me faire plaisir. Je vais essayer de sortir un volume tous les ans. Je l’ai sorti exclusivement en digital.
Comment a réagi ta maison de disque quand tu es arrivé avec un projet qui n’est pas dans la lignée M83 ?
Je ne pense pas qu’ils ont été autant surpris que ça puisqu’ils avaient écouté les démos. Je pense que la répétition c’est la mort, si on ne se renouvelle pas on meurt. J’arrive à un age où j’ai envie de prendre des risques. Avant l’enregistrement d’un album je ne sais jamais où je vais aller, j’essaye seulement de garder une ligne directive par album.
Cela dit je crois que tu es assez libre vis-à-vis des maisons de disques puisque que tu as quitté Gooom !
En effet, j’ai quitté Gooom pour monter ma structure mais je suis en licence chez EMI.
Qui sont les intervenants au chant sur l’album ?
Il y a surtout une chanteuse américaine Morgan Kibby à la voix super typée années 80 à la fois soft et proche de Kate Bush. C’est vraiment ça que je cherchais. Elle a composé quelques textes pour l’album, les autres textes sont de mon frère ou de moi. Elle va d’ailleurs être avec nous sur scène.
La voix de garçon c’est la mienne. Je me suis lancé, j’ai passé le cap. J’avais envie de composition plus pop, couplet refrain, ça me semblait évident que ce soit moi qui les chante.
Comment as-tu rencontré Morgan Kibby ?
Elle a un groupe à Los Angeles : The Romanovs. Je travaillais sur la musique d’un film, je cherchais une voix féminine et la réalisatrice m’a parlé de Morgan, j’ai de suite su que c’était d’elle dont j’avais besoin. Comme elle connaissait déjà M83 et quelle était fan, ça a facilité les choses. Cerise sur le gâteau elle parle parfaitement le français et elle est super mignonne et super motivée du haut de ses 22ans.
Tu peux nous en dire plus sur cette musique de film ?
Standing danceur. C’est le premier film d’une réalisatrice française, qui a fait ses études à New York. Si tout va bien le film sort dans l’année.
Parle nous de la scène.
Il y a quelques dates en Europe, puis une longue tournée d’un mois au Etats-Unis puis retour en Europe pour les festivals d’été.
La formule c’est des claviers, guitares, basse, batterie et chant. Moi je suis polyvalent je vais d’un instrument à l’autre : je chante, je joue des claviers, de la guitare et de la basse
Le batteur me suit depuis 3, 4 ans ; quand à Morgan Kibby elle a enregistré l’album avec moi. J’ai donc l’habitude de travailler avec cette équipe.
Il y aura du visuel sur scène ?
Je ne suis pas très pour la vidéo, trop de groupes le font, ça devient systématique. Ca reste sobre.
Par contre les pochettes sont toujours très soignées ?
Pour moi la pochette d’un album est aussi importante que la musique. La pochette du dernier Saturdays = youth est une photo de teenagers qui posent sur une pelouse à New York. Je voulais une photo inspirée par les films américains des années 80. Notament ceux de John Hughes : The Breakfast Club ou Pretty in Pink.
Quand on a découvert M83 vous étiez un duo aujourd’hui tu es seul. As-tu des désirs de retravailler en groupe ?
J’aime vraiment le fait d’être seul avec moi et ma musique, ça me permet d’être serein. Par contre j’aime bien partager mon œuvre avec des producteurs et des musiciens. Je préfère rester égoïste pour la composition.
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Comment se passe la composition ?
Ca dépend, il y a des moments où je peux être super créatif, et des moments où je suis fainéant où j’ai rien envie de faire ou je préfère jouer à la console avec des potes en fumant. Ca se passe comme ça doit se passer, je travaille à mon rythme, je prends mon temps, mais je commence à avoir l’habitude.
Tes coups de cœur actuels en musique, cinema ?
Musique : Sébastien Tellier : Sexuality, album que je trouve particulièrement réussi.
Cinema : The Mist tiré d’une nouvelle de Stephen King, je pense notamment à la dernière scène avec Lisa Gerrard en fond sonore.
Litterature : Number five un manga complètement délirant de Taiyo Matsumoto.
Propos recueillis par Simon Pégurier & la dream team (Benoit, Mr Alain, Mr Pirate, Philippe & Gilbert). Photos et vidéos Mr Pirate
Une Interview www.loreillequigratte.com
Interview réalisée le 08 Avril 2008 dans le cadre de l’émission de radio L’Oreille Qui Gratte. Tous les mardis entre 19 h et 21 h sur Agora FM et sur www.loreillequigratte.com
Les vidéos de l’entretien sont disponible ici www.myspace.com/loreillequigratte
Discographie :
2001 . M 83
2003. Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts
2005. Before The Dawn Heals Us
2007. Digital shades, Volume 1
2008. Saturdays = youth
M83 - 9 mars 2005 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
I guess I'm Floating
Ce n'est pas une surprise pour ceux qui ont attentivement écouté le dernier album de M83, Before the dawn heal us : en proposant désormais une musique puissamment .../...
Ce n’est pas une surprise pour ceux qui ont attentivement écouté le dernier album de M83, Before the dawn heal us : en proposant désormais une musique puissamment évocatrice, à la fois planante, violente, rock, pop et électronique, le groupe français a franchi une étape importante. Le public assez nombreux réuni dans le club de la Coopérative de Mai a donc pu se laisser bercer, rêver d’un vol plané dans les étoiles, voire se faire malmener par le combo d’Anthony Gonzalez. Planqué derrière ses claviers, sa guitare et son micro, le jeune homme restera quasiment immobile pendant toute la durée du concert, semblant hésiter entre une grande concentration, un profond ennui ou la peur panique de jouer ses morceaux devant un auditoire… Son acolyte guitariste se comportera de manière identique. Bien sûr, la beauté et la richesse des morceaux se suffisent à elles mêmes… Mais un peu de présence scénique aurait permis de convaincre tout le monde. Sur scène, seuls le bassiste et le batteur - plus expansifs - ont l’air de prendre leur pied. Sinon, malgré de bons éclairages, tout cela n’est vraiment pas visuel. C'est dommage.
Ce petit bémol mis à part, M83 impressionne réellement par sa capacité à créer de multiples ambiances : les quatre musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet et arrivent à reproduire les tableaux musicaux esquissés sur l’album, en leur donnant des atours plus rugueux. Chœurs célestes, dialogues de films, interventions vocales (discrètes mais réussies), claviers en apesanteur, guitares déchaînées, boucles hallucinées, rythmiques sidérantes : chaque élément du puzzle sonore M83 vient apporter sa pierre à l’édifice, pour finalement réussir à transporter le public dans une autre dimension. Très rapidement après le début du concert, on ne sait plus très bien où l’on se situe, on sait seulement que c’est un moment délicieux entre ciel et Terre. Avec M83, il est très facile de décoller, puis de flotter dans les airs… C’est si bon, qu’on aimerait presque que ça dure indéfiniment !
A lire également : un compte rendu d’un concert de M83 en 2003.
M83 - 08 mars 2005 - Poste à Galène - Marseille Je ne connaissais pas ud tout ce groupe avant de venir (meme si leur nom ne m'etait pas inconnu en raison des nombreux papiers qui sont sortis sur eux recemment). J'ai rate le debut mais tout ce que .../...
Je ne connaissais pas ud tout ce groupe avant de venir (meme si leur nom ne m'etait pas inconnu en raison des nombreux papiers qui sont sortis sur eux recemment). J'ai rate le debut mais tout ce que j'en ai vu etait plutot sympathique ... un croisement entre Air, Godspeed avec une bonne touche de Pink Floyd ... Tres intrumental donc, des transitions entre les morceaux sur bande (genre dialogue d'un film) qui installent des ambiances parfois inquietantes ... l'impression d'assister a une successions de finals (quand le groupe part dans un long instrumental dissonant) ... et pourtant ca n'en devenait pas lassant ... manquait peut etre un petit quelquechose de temps en temps ... comme une veritable explosion peut etre ?
ps : Dans quel groupe l'ai je deja vu ce bassiste tres dansant ? (début de réponse dans Luke première période)
Cette tournée montée par un hebdomadaire musical et un fabricant de téléphones portables est vraiment une très bonne idée. En sillonnant les routes de France dans de très bonnes conditions, les jeunes (ou moins jeunes) groupes français ou internationaux ont ainsi une chance de se faire connaître. Encore faut-il que les gens se déplacent en nombre, ce qui ne fut vraiment pas le cas pour cette affiche remarquable !
Chargé d’ouvrir le bal, le très jeune groupe français 3 Guys Never in s’en est sorti avec les honneurs en jouant ses morceaux electro, pop et rock. Malgré une présence scénique assez limitée, on a pu déceler un potentiel prometteur chez ces musiciens…
En formation rock, M83 a divisé le public. La musique assez planante de ce groupe – les nappes de synthés sont prépondérantes – a subi les « outrages » sonores d’une formation guitare/basse/batterie. Le résultat ? De l’électro rock instrumental assez efficace mais où il manque quelque chose…
Le leader de M83 (avec son t-shirt Aerosmith) essaye bien de « meubler » en gesticulant derrière ses claviers d’une manière aussi ridicule qu’ostentatoire mais, au final, on reste un peu sur notre faim.
Après des démêlés interminables avec leur maison de disques, Jennifer Charles et Oren Bloedow ont réussi à donner une suite aux deux premiers albums de Elysian Fields. Ça s’appelle Dreams that breathe your name et c’est très réussi.
Le concert s’articulera d’ailleurs autour des morceaux lancinants, ténébreux et troublants composé par le couple Charles/Bloedow pour ce troisième opus.
Entouré d’excellents musiciens, Jennifer Charles chante d’une voix un peu lasse mais carrément hypnotique, un peu à la Hope Sandoval. Pendant ce temps-là, Oren Bloedow emmène le groupe derrière lui avec ses rythmiques dissonantes et originales…
Sur Passing the stairs, on atteint le nirvana : Jennifer répond à la voix grave de Oren pour un duo d’anthologie. Cette chanson est tout simplement un bijou et rien que pour ça (et pour tout le reste… ) Elysian Fields mérite d’être écouté !
Horse of the dog, le premier disque de The Eighties Matchbox B-Line Disaster contient dix hits de psychobilly punk rock métallique. Un cocktail qui se révèle totalement explosif… Toute personne de goût se doit de posséder ce sombre et malsain objet en plastique dans sa discothèque.
Les 45 minutes de concert délivrées par les Anglais de The Eighties Matchbox B-Line Disaster ont ravi la plupart du public et fait fuir les âmes trop sensibles… Ce gang de mauvais garçons a littéralement pilonné les oreilles du public présent à grands coups de hurlements psychotiques, de riffs de guitares sursaturés et de martèlements de fûts cataclysmiques.
Bien sûr, certains vont objecter qu’ils n’ont strictement rien inventé mais on s’en branle royalement ! On retrouve avec plaisir les joies de l’adolescence en se trémoussant d’une manière un peu gênante si on est venu avec ses collègues de travail. Il est en effet quasiment impossible de ne pas hurler en simulant des grands moulinets sur une guitare imaginaire quand on écoute les douces mélopées que sont Celebrate your mother ou Whack of shit !
La voix du chanteur, Guy McKnight, croisement capillaire de Jim Morrisson et Joey Ramone, évoque souvent Lux Interior des Cramps (particulièrement sur Psychosis safari) et même Bon Scott de AC/DC (sur Fishfingers). Ce monsieur chante donc divinement entre deux convulsions et autres sauts dans le public…
L’imagerie gothique du groupe est LE petit plus non négligeable : tout ce cuir noir et cette tête de mort en fond de scène, ça rend fou ! Attention Mesdames, cette année le noir sera très tendance.
M83 + I Monster - 14 fevrier 2002 - grimaldi forum - Monaco Un concert le soir de la Saint-Valentin et de plus à Monaco, proposant à l¹affiche deux groupes certes prometteurs mais pas encore dans le star system, me faisait redouter une faible audience. Mais, .../...
Un concert le soir de la Saint-Valentin et de plus à Monaco, proposant à l¹affiche deux groupes certes prometteurs mais pas encore dans le star system, me faisait redouter une faible audience. Mais, une fois de plus ma théorie selon laquelle les gens achètent moins de disques car ils téléchargent gratuitement mais que par contre ils connaissent davantage de groupes et vont à plus de concerts grâce à l¹argent économisé, s¹est encore révélée exacte. Pour la St Valentin, mon choix d¹arracher une rose dans le jardin avant de partir a dû être préféré par beaucoup au repas au restaurant sans originalité et tellement moins romantique qu¹une improvisation de dernière minute. Je parie qu¹ I Monster a dû se former il y a trois ou quatre ans quand le monde entier ne jurait que par la french touch. Malheureusement pour eux, la mode a tourné et aujourd¹hui nous sommes en plein revival punk emmené par The Strokes ou White Stripes. Peu importe, leur musique reste envoûtante bien qu¹arrivant avec quelques mois de retard pour être le groupe hype. Visuellement, la chanteuse joue dans la veine Lolita, aguicheuse mais elle a encore des cours a prendre du coté de Mylène Farmer. En ce qui concerne M 83, autant le dire tout de suite : ce fut une véritable claque. Le groupe antibois qui jouait à domicile devant un parterre conquis d¹avance, nous a régalé d¹un post-rock renvoyant aux oubliettes Mogwai ou Tortoise, flirtant en permanence avec les sommets de Sonic Youth. Je les avais vus il y a un an et demi, à l¹époque ils n¹étaient que deux et nous offraient une musique electro cheap années 80. Depuis, ils se sont entourés de la rythmique des voisins de Eon Mégahertz, et quel progrès scénique. Alex le batteur mérite de reprendre à son compte le surnom de l¹homme aux 100 000 volts, il emporte tout sur son passage. Le seul regret que je pourrais formuler est que la basse ne se fait pas assez entendre, c¹est à dire trois fois rien. Pour ceux qui se plaignent du manque de visuel et de jeu de scène je répondrai que lorsque que l¹on commence à regarder le décor c¹est qu¹il y a un problème dans la musique. On va à un concert pour le son et non pour l¹image. Si Massive Attack en rajoute tant, c¹est pour masquer quelque chose. De plus, Nicolas au centre était tellement beau, vivant les moindres palpitations et soubresauts de sa musique. A l¹image du club de foot de la principauté M83 assomme tous ses voisins, par une connaissance mutuelle et une vraie personnalité. Réagir à cette critique