Malgré mes nombreuses années (haha) de passif chroniqual, j’ai toujours quelques scrupules à dire du mal –ne serait-ce qu’un peu- de la performance scénique des musiciens sur lesquels je suis amenée à écrire. En même temps, vu la notoriété (et le cachet qui va avec) de l’artiste du soir, bon, définitivement, je lâche mes scrupules. Ce n’est certes pas moi qui vais donner un coup dans l’aile dans la carrière de Mad Professor , du haut de ses presque 30 ans de carrière et considérant le pedigree assez impressionnant du bonhomme, entre ses expérimentations musicales, ses enregistrements de renom ainsi que ses remix entreprenants et réussis ( Massive Attack , The Ruts ou encore Suzanne Vega , etc).
Pourtant, en cette double fête du 21 juin (de la Musique et du Panier), Mad Professor ne m’a pas franchement séduite. En mode statue, droit et stoïque derrière ses machines, escorté par un toaster guère plus expressif (n’ayant pu avoir les yeux rivés sur la scène les une heure et demie durant pour cause d’hémorragie humaine, je tiens à m’excuser par avance si j’ai raté une gigue endiablée et impromptue dudit toaster), Mister Neil Fraser de son vrai nom, n’a pas vraiment joué au ‘mad’ ni au ‘professor’. Loin des bidouillages expérimentaux et autres contorsions sonores dont il a fait sa savante spécialité, l’homme aux machines s’est contenté d’une alternance un peu déroutante de plates (pour les no-vice, prononcer ‘plaiiytes’) heavy dub–dub stepper avec du reggae lover, (trop) vite enchaînées les unes aux autres. L’ensemble donnait une mosaïque décousue ponctuée de pull up _quoique du coup bien en phase avec l’ambiance anarchique de la Place des Pistoles. Et ses rares envolées électroniques ne tiennent malheureusement pas en longueur et retombent en phases dancefloor ou enrobées de samples aux voix un peu trop sucrées pour être honnêtes (?).
En un mot, j’ai trouvé le set de Mad Professor sympathique, mais bon, être sympathique, ça ne suffit pas toujours…