

Je ne suis pas entièrement d'accord avec la critique de
Pirlouiiiit sur le concert de
Mano Solo au dock du sud. Outre le fait que le concert était excellent, je n'ai pas du tout interprété les
"deux couacs de la fin" comme des couacs.
Mano (comme
Noir désir jadis...) tient toute son essence d'une qualité : l'intégrité. Ses mots résonnent de sincérité, il existe brutalement et simplement.
Mano a l'empreinte de paname, de ses scènes et de son public. Oui, le public marseillais est du genre bruyant, gueulard et mauvaise tête (et c'est un marseillais qui parle). Mais quand il aime, il aime. Dès que
Mano a lancé les dernières notes de son final
"shalalala" et s'est éclipsé de la scène; le public en voulait tellement, qu'on aurait poussé la chansonette une heure durant pour un rappel. Au bout d'un quart d'heure,
Mano est réapparu déjà changé, prêt à partir. Le public contemplatif n'est pas marseillais, ou très peu.
Mano a critiqué les mouvements de foule, l'attitude générale, par opposition aux ambiances de paname plus posées et attentives (c.f live au tourtour). Je pense qu'il a mis du temps à saisir la sincérité du public marseillais qui dépasse largement la fierté d'être sudiste ou la vénération d'une équipe de foot.
Mano :
"Rien que pour vous emmerder je vais devenir supporter du psg !" public :
"on s'en fout du foot !!!". On en veut, on a de l'humour (nombreux éclats de rire aussi bien sur la scène que dans la fosse) et surtout, on a l'excentricité d'aimer. Je ne me suis pas senti blessé par ses deux remarques, injustement baptisées "couacs". D'abord, concernant la personne qui filmait au premier rang, il a demandé grâce pour le morceau final (le rappel imprévu) et c'est tout à fait légitime de sa part.
On l'acclame, il revient, il veut être écouté en face et pas à travers un écran lcd. C'est un respect de base envers l'artiste qui nous offre un final hors programmation, parce que derrière l'attitude bordélique du public il a parfaitement senti sincérité et chaleur. Ensuite, pour ce qui est du
"tapez pas dans les mains bandes de péquenots" ça s'inscrit dans la même veine, à la démesure d'un public entier, franc, aussi provocateur et vivant. Tu sais
Mano ... nous on bronze pas au soleil : on brûle; nous on crie pas : on s'arrache la voix; nous on fait pas comme les parisiens : on les emmerde. Sa franchise était belle, les marseillais ne sont pas si cons au point d'être susceptibles. Hého, c'est sérieux, c'est de la vanne ? Voilà, vous êtes dans toute l'ambiguïté de cette soirée ... mais quand on peut se permettre de dire ça, en souriant à des gens qui vous sourient, alors...
"vive la révolution !"


photos Clément et Pirlouiiiit