Il fallait bien un dimanche sans concerts pour se remettre des émotions ressenties lors des deux premières soirées du festival de Sédières avec
Devendra Banhart, Mugison, Bang Gang,
The National, The Wedding Present, Alamo Race Track et quelques autres… Après avoir goûté aux joies du farniente en Corrèze (un département riche en paysages magnifiques, lacs préservés et petits villages superbes), le retour vers le Château de Sédières s’effectue dans la joie et l’allégresse : on a rendez-vous avec Elysian Fields et Kelly De Martino !
Mansfield. Tya
C’est un duo venant tout droit de Loire-Atlantique qui est chargé de débuter cette soirée qui s’annonce sous les meilleurs augures.
Mansfield. Tya est composé de deux jeunes femmes multi instrumentistes, la chanteuse principale (qui possède une belle voix à la
Suzanne Vega quand elle chante en anglais) s’accompagne à la guitare (sèche ou électrique) et à l’orgue, son acolyte pouvant, quant à elle, se saisir tout aussi bien d’un violon (qu’elle utilise avec talent) que d’un piano, sans oublier d’assurer les choeurs. L’univers musical de
Mansfied Tya est assez riche : on passe sans crier gare de la chanson/folk/pop au punk/rock/blues à la
PJ Harvey, avant de s’arrêter quelques instants sur une ballade au piano. Les textes en français sont assez naïfs mais ce duo-là a sans aucun doute un bel avenir devant lui.
Kelly De Martino
Malgré quelques problèmes de son au début (dus à une arrivée tardive et donc à une balance vit expédiée avant de jouer),
Kelly De Martino a pu dévoiler au public tous les charmes de sa musique, à la fois pop, folk, rock, country & western. Ce petit bout de femme possède une superbe voix qui évoque souvent celle de
Hope Sandoval des regrettés
Mazzy Star ; cela lui permet de survoler littéralement ses compositions alanguies, sans cesse traversées par une captivante mélancolie. La belle est, en plus, brillamment secondée par un groupe d’un grande finesse, on reconnaît en particulier le guitariste d’
Holden et
Silvain Vanot qui se fait fort de « salir » le son avec moult effets surprenants. A peine arrivée, et déjà partie : le concert de Miss De Martino est expédié en 45 petites minutes… Cela donne très envie d’avoir un second rendez-vous avec Kelly.
Elysian Fields
Pour l’avoir déjà vue lors d’un superbe concert avec
Elysian Fields - en juin 2003 à la
Coopérative de Mai - puis en novembre 2004 aux côtés de son ami
Jean-Louis Murat, on savait que
Jennifer Charles avait un potentiel de séduction hors du commun (en plus d’une voix à tomber raide dingue en quelques secondes). Après l’avoir aperçue dans l’après midi même près du plan d’eau de Sédières, en train de jouer… à la pétanque, on sait, désormais qu’elle est irrésistiblement sexy, en toutes occasions. Et oui, Jennifer est la seule femme qui, quand elle jette une boule de pétanque, a un geste de danseuse étoile pensionnaire de l’opéra de Paris !
Trêve de digressions sportives : le duo
Elysian Fields (désormais couple uniquement à la scène) venait présenter en exclusivité quasi mondiale son nouvel opus à paraître en septembre 2005. Au court d’un show en duo d’une heure et quart,
Jennifer Charles et
Oren Bloedow ont permis au public de Sédières de découvrir sur scène des nouveaux morceaux aussi mélancoliques que langoureux, mais toujours d’une sobriété remarquable. A la fois rock, folk, jazz, blues et western, les inédits présentés dans un dépouillement quasi intégral (une voix + une guitare ou un piano) risquent de former un album saisissant. Si Jennifer et Oren semblent encore complices sur les planches, leur nouveau travail commun est fortement imprégné d’une tristesse sans doute inhérente aux épreuves traversées à deux. Quelques notes de guitares électriques ou de piano ajoutées au chant de Jennifer suffisent à créer des titres poignants et évocateurs. on remarque que le piano semble avoir une place plus prépondérante qu’auparavant… Autre nouveauté : Oren semble également avoir des velléités pour le chant, le magique duo
Passing on the stairs lui a donné de (bonnes) idées. Quand ce titre est interprété, on le reçoit le corps frissonnant, comme happé par la beauté de ces deux voix en apesanteur. La fin de ce concert magistral est ponctuée par des salves d’applaudissements nourris (et mérités)… Faisant fi des aléas du bizness et de la vie,
Elysian Fields est là pour encore longtemps.
Grand National
On ne souhaite vraiment pas la même chose à la bande de gommeux anglais qui composent le dramatique groupe
Grand National. Non contents de mettre un temps fou à régler leur matériel (puis à jouer les stars qui montent sur scène quand ils le souhaitent), il a suffit de trois morceaux pour prouver l’incroyable vacuité de leurs fades compositions. Tout cela sonne mal, commercial et sans âme ; pour être franc, cela a autant de saveur qu’un plat mal cuisiné... et réchauffé de surcroît ! Pour couronner le tout, il faut supporter le cabotinage du chanteur tête à claques qui roule des mécaniques, fait semblant de boire du vin rouge à la bouteille (sans doute pour la crédibilité rock ‘n roll… ) et chante avec une voix sans intérêt.
C’est une occasion inespérée de rentrer se coucher à une heure correcte, en préservant ainsi nos forces pour le lendemain.
Jean-Louis Murat est en effet attendu, peut-être avec
Jennifer Charles ; cela risque d’être une autre histoire.
A lire également : les critiques des derniers albums d'
Elysian Fields, ainsi que les chroniques sur les autres concerts de l'édition
2005 du festival de Sédières, sans oublier celles des années
2002 et
2004.
Sites Internet :
www.sedieres.fr,
www.elysianmusic.com,
www.lfsm.net/8/kelly.htm,
http://mansfieldtya.free.fr/index2.html.