Ce Grand Théâtre de Provence est décidément une des plus belles salles de la région. Barbara Hendricks m'avait subjugué lors de ma première venue ici et j'en avais peu parlé. Cette fois-ci, je préfèrerais évoquer le lieu que le concert de Manu Katché. Avec davantage de recul que la dernière fois, j'apprécie mieux cette enceinte circulaire aux .../...
Ce
Grand Théâtre de Provence est décidément une des plus belles salles de la région.
Barbara Hendricks m'avait subjugué lors de ma première venue ici et j'en avais peu parlé. Cette fois-ci, je préfèrerais évoquer le lieu que le concert de
Manu Katché. Avec davantage de recul que la dernière fois, j'apprécie mieux cette enceinte circulaire aux fauteuils de velours rouge d'un confort sans égal. Peut-être même trop confortables, on le verra plus tard...
Le troisième album de
Manu Katché sortira le 19 mars. Il est judicieusement nommé
Third Round et si vous voulez en avoir un aperçu, une édition spéciale de l'émission
One Shot Not sur
Arte vous le présentera le 18 mars. Y sera présent le quartet qui a enregistré l'opus à savoir outre
Manu Katché (c'est sa propre émission),
Tore Brunborg au saxo,
Jason Rebello au piano et
Pino Palladino à la basse. Ce ne sont pas les mêmes musiciens ce soir. Ils ont comme on dit "fait le boulot", mais le saxophoniste n'a jamais donné l'impression de s'investir au-delà de la lecture (certainement très fidèle) de sa partition. Sur les pièces tirées du premier album (le seul que je connaisse), la comparaison avec
Jan Garbarek est douloureuse.

Photo Agnès Mellon
Que ce soit au soprano ou au ténor, l'interprétation de
Petter Wettre ne donnait aucun relief à l'ensemble. Du coup, on passe d'une musique qui s'écoute (très bel album
Playground) à de la musique qui s'entend, de celles que vous mettez sur votre platine lorsque vous recevez ou que les aéroports diffusent dans les terminaux. Ca n'est pas désagréable, c'est juste pas taillé pour la scène.
Curieuse idée également de ne pas avoir de micro près de la batterie. Lorsque
Manu Katché veut nous parler, il doit se lever, parcourir les quelques mètres qui le séparent d'un micro trônant au milieu de la scène et qui ne sert qu'à faire les enchainements. Il n'y parlera que trois fois. La première pour nous présenter les musiciens et nous faire claquer des doigts, la deuxième pour nous dire qu'ils jouent ce soir 7 morceaux du nouvel album et pour nous servir le mielleux couplet
"si vous n'étiez pas là, nous ne serions pas là non plus" ; la troisième pour nous dire au revoir et nous présenter
Rose, "une jolie ballade pour que vous repartiez tous avec la tête dans les étoiles" (sic).
Quant à l'imposant écran situé derrière les musiciens, les images en couleurs qui y étaient projetées était en harmonie avec la musique : ennuyeuses. Vous l'avez compris, je n'ai pas adoré, j'ai même reçu un discret coup de coude de ma femme qui m'a surpris à m'assoupir dans les confortables fauteuils. La salle, elle, a fait un triomphe au quatuor et j'espère qu'un de ces nombreux spectateurs enthousiastes rectifiera le tir en cliquant sur le "réagir à la critique" ci-dessous. C'est fait pour ça.
Tout n'était pas si négatif toutefois :
Manu Katché a justifié sa réputation mondiale en nous offrant en rappel un impressionnant solo de batterie, et la projection sur l'écran géant des ombres des musiciens était du plus bel effet.
Setlist :
Morning Joy** / Being Ben*** / Shine And Blue*** / Senses*** / No Rush* / November 99* / Lovely Walk* / Keep On Trippin'*** / Song For Her** / Clubbing** / Number One* / Flower Skin***
Rappels :
Snapshot** / Rose*
* Neighbourhood (2004)
** Playground (2007)
*** Third Round (2010)
Alfio Origlio : piano acoustique, Fender Rhodes /
Laurent Vernerey : basse /
Petter Wettre : saxophones ténor et soprano /
Manu Katché : batterie
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