Soirée de clôture de la 9ème édition du
Festival de Jazz des Cinq Continents ce samedi 26/07 au
Palais Longchamp. Comme chaque année un cadre magnifique pour accueillir des artistes prestigieux. Et un public plutôt âgé, hautain et complètement hostile à son voisin, à qui il ne lâcherait pas un cm2 du précieux territoire qu’il vient d’annexer sur la pelouse face à la scène ! Mais vous le verrez par la suite, un
jazzeu peut en cacher en autre …
Soirée de clôture, donc avec en 1ère partie un jeune pianiste issu de notre charmante ville,
Benjamin Faugloire. Persuadée que les concerts débutent officiellement à 20h30 (comme tous les autres soirs du festival …) j’arrive comme une fleur à 20h50 pour entendre monsieur Faugloire annoncer son dernier morceau ?!? Dommage, ça avait l’air sacrément groovy !
Changement de plateau pour accueillir ensuite la révélation du festival, la nouvelle diva soul
Sandra Nkaké, ce soir en version sextet. Le « Monsieur Loyal des 5 Continents » finira d’ailleurs son élocution par cette phrase mythique « et n’oubliez pas que dans sextet, il y a sex ». Sans commentaire …
Dès son entrée en scène
Sandra Nkaké dégage à la fois force et douceur, simplicité, charme et drôlerie. Avec une bonne part d’autodérision et surtout une forte dose d’énergie ! Un cocktail explosif mais sans artifice, tout en sincérité.
Sandra Nkaké est accompagnée de cinq musiciens de talent, tous amis et compagnons de route de la chanteuse : Didier Combrouze (guitare et cœurs), Booster (clavier, MCP et percus), Guillaume Farley (basse et cœurs), Vincent Theard (clavier) et Frank Montegary (batterie).
Sur fond de groove soul, de rythmique funk et d’énergie rock, la majorité des chansons de son set évoquent l’amour. Celui qui nous unit, qui nous transcende, celui qu’on partage, celui qui coule dans nos veines (évocation de son pays d’origine, le Cameroun), celui qu’on donne … ou pas (
I ain’t gonna love ya). Des paroles littéralement enveloppées par la voix chaude, suave et sexy de la chanteuse.
La suite du set laisse la part belle à son autre thème de prédilection: le naturel, le Vrai. Etre soi, sans complexes et surtout, sans se prendre la tête.
Sandra Nkaké ira même jusqu’à proclamer « vive la cellulite, vive les bourrelets » avant d’entamer le très beau
Stay True sur fond reggae. Nous expliquant encore dans un autre morceau très funky qu’elle croit à la réalité et non aux contes de fée.
Enfin, cerise sur le gâteau dans ce set pourtant déjà riche en émotions et en frissons : l’ovni, la pépite, le bijou … une reprise partielle et géniale de la
Mauvaise Réputation de
Brassens version spoken word, human beat box et boucles auto-samplées !!
22h passées et déjà le dernier morceau
Happy, synthèse parfaite de ce set trop court durant lequel
Sandra Nkaké et ses musiciens nous auront fait voyager dans un monde simple, beau, musicalement riche en émotions et en énergie. Avec pour seule revendication l’amour et la joie.
Mais il est l’heure de céder la place à la tête d’affiche du festival :
Marcus Miller.
Là, pas de long discours, pas de blabla. Juste un rappel :
Marcus Miller est tout simplement l’un des meilleurs bassistes au monde alliant technique (c’est le roi incontesté du slap et du tapping) ET génie musical (travail de l’harmonie, mélodies ciselées, arrangements soignés. Que du bonheur). Un univers jazz funk soul issu à la fois de ses influences et de ses multiples collaborations.
La majorité du public l’attend debout, vibrant et impatient. Et là, la honte : l’autre partie du public (heureusement en infériorité numérique !!) qui crie « assis, assis ». D’où ma critique du public « jazzeu » en début de chronique. Arrrrgggh.
Mais c’est sans compter sur la puissance, l’énergie et le talent d’un
Marcus Miller en pleine forme, qui débarque vêtu de son éternel ensemble chemise-chapeau noir, accompagné ce soir de musiciens, que dis-je, de « tueurs » à la batterie, au clavier et au sax (Mea Culpa, je n’ai pas noté leurs noms).
Dès le premier morceau
Blast, cette fine équipe saura réveiller le groove qui sommeillait en mon voisin (le même qui criait « assiiiiiis » quelques minutes plus tôt …). De là s’enchaîne un set magique, incluant des morceaux phares comme
Jean Pierre (écrit avec Miles Davis), des titres plus récents comme
When I fall In Love, et de magnifiques reprises :
Higher Ground de Stevie Wonder ou encore
Come Togeher des Beatles.
Une parfaite alternance de mélodies jazzy et soignées avec des rythmes funk et groovy. Alliage de douceur et d’énergie, de talent et de technique, de complicité avec les autres musiciens et de plaisir de jouer. Encore mille mercis, Mr Miller.
Photos de Carole Largaud