Entrée en matière difficile avec le set acoustique de Dot Allison qui nous sert une folk mièvre lourdingue et anecdotique au risque de faire fuir le public. Mais après ça, il nous faut encore prendre notre mal en patience, l'arrivée des vraies stars de la soirée n'est pas pour tout de suite. En effet,l'installation sur scène d'un écran lcd géant indique bientot une sorte de compte à rebours... L'attente se poursuivra 30mn. Avant que ne commencent les choses sérieuses.
C'est d'abord l'ampleur du collectif qui en jette sur scène : 3D(équipé d'une commande lui permettant de bidouiller sa voix), Horace Andy le rasta-vétéran, Daddy G, Dot Allison (s'intégrant cette fois à merveille au sein des compos les plus torturés) et Debbie Miller, la voix soul ; soit pas moins de 5 membres assurant les parties vocales. Quant aux musiciens, le guitariste Angelo Bruschini, claviers, violon, ... mention spéciale à la rythmique (basse + percus) qui maîtrisaient trop ! Au total, une dizaine de membres se partagent donc la scène, offrant une diversité de sons et de tons explorant le plus justement les 4 albums du collectif de Bristol.
Mettant en avant surtout les albums Mezzanine et 100th window, voici la setlist :
1-FUTURE PROOF
2-EVERYWHEN
3-RISINGSON
4-BLACK MILK
5-ANGEL
6-SPECIAL CASES
7-KARMACOMA
8-TEARDROP
9-BUTTERFLY CAUGHT
10-HYMN OF THE BIG WHEEL
11-MEZZANINE
12-NAME TAKEN
13-SAFE FROM HARM
14-INERTIA CREEPS
15-ANTISTAR
RAPPEL/UNFINISHED SYMPATHY
RAPPEL/GROUP 4
La performance livrée par M.A. a de plus dépassé les limites d'un concert de haute volée (époustouflant FUTURE PROOF, le torturé SPECIAL CASES, le très roots BIG WHEEL, le majestueux violon sur ANTISTAR ou encore les étourdissants MEZZANINE et GROUP 4, ...). Le fameux écran géant nous bombarde d'éléments chimiques, de données boursières, statistiques, météorologiques, d'interrogations angoissantes, d'allusions pacifistes et altermondialistes... Cet ambitieux concept parvient bien à illustrer le monde dans lequel nous vivons et offre à l'ensemble musical une infinité de niveaux de lecture, propres à faire vriller les cerveaux.
Les gars de Bristol nous ont offert une prestation unique en son genre. 3D s'est montré particuliérement ouvert et chaleureux envers le public, contrairement aux DEATH IN VEGAS lorsque je les avais vus. Les morceaux joués sur scène prennent une nouvelle envergure par rapport aux versions studios, certains sont rallongés, étendus (un peu comme chez Radiohead). Cette performance énorme est le propre d'un groupe insoumis, n'hésitant pas à toujours se remettre en question, refusant de vivre uniquement sur ses acquis.